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Regarde l'étoile !

Prédication du dimanche 4 janvier 2025, par Christine Décamp-Batier

 

Regarde l'étoile !

Prédication du dimanche 4 janvier 2025, par Christine Décamp-Batier

 

Lectures bibliques :

  • Esaïe 60, versets 1 à 6
  • Matthieu 2, versets 1 à 12

 

 

Chers frères et sœurs en Christ, regardez l’étoile ! Je crois qu’elle a quelque chose à nous dire…

 

L’étoile :

Je me présente.

Je ne suis pas la plus grande, je ne suis pas la plus brillante des étoiles… Et pourtant c’est bel et bien moi que le Maître du ciel a choisie ! Pour une mission spéciale, pour un long voyage qui me mènerait vers un roi ! Vous pensez bien que j’ai tout de suite accepté. Ce n’est pas tous les jours que l’occasion se présente de partir à la rencontre d’un grand roi !

Sur le chemin de Bethléem, me voilà donc partie par une belle nuit obscure comme je les aime car ainsi tout mon éclat peut se révéler parfaitement. Et oui avez-vous déjà vu une petite étoile comme moi briller en plein jour ?

De là-haut, je les ai tout de suite remarqués, tous les trois, à leur allure de grands savants. Ces mages passent le plus clair de leur temps le nez en l’air, les yeux rivés sur moi avec leurs instruments scientifiques, un peu interloqués de me découvrir à cet endroit. Ils connaissent parfaitement la voûte céleste et sont capables de citer, par cœur, le nom de toutes mes semblables : Sirius, Vega, Altair, Antares ou encore Polaris… Mais là, je voyais bien qu’ils étaient intrigués de découvrir une nouvelle étoile, se demandaient bien ce que je pouvais faire là, quel message important j’avais à leur délivrer. Il fallait se dépêcher car celui qui m’avait envoyé avait forcément une bonne raison de le faire. Ce ne pouvait être que le signe d’un grand événement qui venait de se produire et sûrement la naissance d’un grand roi qu’ils devaient aller saluer. 

Dès le lendemain matin, une splendide caravane de chameaux s’est mise en route, suivant au loin une étoile brillante vers une destination parfaitement inconnue. Emportant avec eux de nombreux présents : de l’or, de la myrrhe et de l’encens, tout le nécessaire pour la naissance de celui qui deviendrait un grand souverain.

Partis à la recherche de celui qui serait peut-être la nouvelle star, qui sait, ils se sont mis en route. Oui mais, pour aller où, allez-vous me dire ? Et bien je n’en sais rien… je ne faisais que suivre les ordres. Et est-ce qu’eux-mêmes le savaient ? En tout cas, dès qu’ils m’ont vue, ils se sont mis en chemin, ils se sont levés de bonne heure, et ont pris la route vers Jérusalem avec cette ferme espérance qu’ils allaient y rencontrer un roi.

Je dois vous avouer que, dans notre monde actuel, c’est l’obscurité qui domine. Et quand j’ai vu qu’on approchait de Jérusalem, là où siège Hérode, je me suis vite cachée, tapie dans l’ombre – ce qui n’est vraiment pas facile pour une étoile. Mais je ne pouvais pas avancer plus, j’étais totalement effrayée par ce roi qui a les mains couvertes de sang… Rien que de vous en parler, j’en frissonne d’effroi…

Ouf, heureusement, leur entrevue a été brève, je suis sortie de ma cachette et nous avons vite repris la route vers le petit village de Bethléem, notre destination finale.

En approchant, on entendait au loin le chant mélodieux des anges choristes qui résonnait dans la montagne : « Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et Paix sur la terre pour ceux qu’il aime. » (Luc 2, 14) Oh c’était tellement magnifique que j’en scintillais de bonheur ! 

Une fois entrés dans Bethléem, nous avons vite trouvé l’endroit où reposait l’enfant-roi. C’était une étable toute simple qui ne payait pas de mine mais une chaleur incroyable s’en dégageait ! Il y avait de nombreux bergers, villageois, moutons et brebis, et même un bœuf et un âne qui formaient tout autour du nouveau-né une ronde simple et joyeuse ! Quel beau tableau de famille qui inspirerait de nombreux artistes à l’avenir !

J’étais tellement heureuse que je ne pouvais plus m’empêcher de briller de mille feux !

 

Prédicatrice :

Chers frères et sœurs, nous venons de rencontrer cette étoile, personnage secondaire qui fait partie du décor et pourtant qui a un rôle primordial dans notre récit. Sans elle, pas de mages venus d’orient, sans or, encens ni myrrhe, une crèche incomplète, un Noël qui ne brille pas totalement.

Car oui cette étoile est une véritable lumière dans le noir. Seule l’obscurité totale peut révéler toute sa clarté. Comme l’écrivait Martin Luther King : « L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité, seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine, seul l’amour le peut. » (extrait du journal Wall Street Journal, 13 novembre 1962).

Et malheureusement, de l’obscurité notre monde en est rempli… depuis la nuit des temps…

Chaque époque connaît sa part d’ombre. Sans faire le catalogue de toutes les obscurités de notre siècle, entre autres, les nombreuses guerres sans issue aux quatre coins du monde ; les fanatismes religieux qui gagnent du terrain un peu plus chaque jour ; le mal-être de nos jeunes générations en quête de boulot, de sens et d’identité… Nous avons, nous aussi, un réel besoin d’une lueur pour dissiper nos obscurités et éclairer notre siècle !  

Déjà le prophète Esaïe le proclamait, dans le texte que nous venons de lire : « L'obscurité couvre la terre, la nuit enveloppe les peuples. Mais toi, le Seigneur t'éclaire comme le soleil qui se lève. Au-dessus de toi apparaît sa présence lumineuse » (Esaïe 60, 2).

Quelle est donc cette « présence lumineuse », ces étoiles qui se lèvent dans notre ciel aujourd’hui afin d’apporter un peu de lueur quand le noir semble tout envelopper ? Malheureusement, nos médias préfèrent mettre leur projecteur sur les conflits, les accidents, les catastrophes… et peu sur ces étoiles, ces hommes et femmes qui brillent par leur courage. Qu’ils soient Prix Nobel de la Paix ou simples voisins anonymes, ces êtres qui œuvrent en silence pour qu’une lumière se lève dans notre monde, nous tirent du désespoir et nous apportent l’espérance d’un monde de paix et de justice. 

Car ce qui brille, dans la nuit noire de Bethléem, ce n’est pas un grand souverain dans son palais doré. Les mages sont d’ailleurs vite repartis de Jérusalem quand ils ont compris qu’Hérode n’était pas le roi qu’ils attendaient. Pour les éclairer, pour les faire sortir de leur impasse, il leur fallait en réalité tout simplement un enfant. Un tout petit, un fragile, un vulnérable. Celui auquel on ne prête pas vraiment attention, celui qu’on n’attendait pas comme roi, celui qui paraît bien loin de toute puissance, gloire et majesté.

Alors, pourquoi Dieu s’attache-il tant à un enfant ?

« Laissez venir à moi les petits enfants, car le Royaume des cieux est pour ceux qui sont comme eux. » nous dira Jésus, plus loin dans l’Evangile de Matthieu (19, 14), nous rappelant ainsi la proximité mystérieuse mais si attachante de Dieu pour les plus petits.

A Noël, Dieu vient comme un petit enfant sur notre terre pour montrer tout l’amour qu’il a pour chacun d’entre nous. L’amour que Dieu porte pour le monde est à l’image de cet enfant : à la fois fragile et vulnérable mais aussi vrai et authentique. Et quelle joie simple et franche nous ressentons à la vue d’un tout petit !

C’est la même chose pour les mages, qui en découvrant cet enfant nouveau-né dans la mangeoire en lieu et place du roi tant attendu, sont surpris par une joie simple mais profonde. Ils doivent, d’abord, ressentir une grande joie de savoir leur mission accomplie. Enfin arrivés au but de leur marche, ils viennent de confirmer leur théorie de scientifiques qui ont découvert et suivi une nouvelle étoile qui leur indiquait, en effet, comme ils l’avaient espéré, une naissance. Mais ils ressentent ensuite et surtout une joie simple mais sincère devant la sérénité qui se dégage de cette scène de la nativité. En voyant simplement ce tout petit, ils sont frappés par son innocence et l’image qu’il renvoie de douceur et de promesse qui s’ouvre devant lui. Un enfant a, en effet, toute sa vie devant lui, et ainsi un grand champ de possible qui s’ouvre. Et cela fascine les adultes que nous sommes quand nous avons une bonne partie de notre vie derrière nous…

Je cite Georges Bernanos qui, dans son texte Les Grands Cimetières sous la lune, nous dit « Qu'importe ma vie ! Je veux seulement qu'elle reste jusqu'au bout fidèle à l'enfant que je fus ».

Voilà une belle leçon qui nous invite à repenser à notre enfance, à l’innocence que nous perdons peu à peu en grandissant. A nos yeux d’adultes qui voient le monde avec de moins en moins de clarté. A nos cœurs adultes qui s’émerveillent de moins en moins devant chaque chose inattendue du quotidien. Nous avons besoin de retrouver notre cœur et nos yeux d’enfant.

Voilà pourquoi Dieu choisit de venir à nous, en cette fête de Noël, par l’intermédiaire d’un nouveau-né. Cet enfant porte en lui tout l’amour du Père, et aura pour mission d’annoncer, à son tour, la Bonne Nouvelle. La Bonne Nouvelle du triomphe de la lumière sur l’obscurité, du triomphe de l’amour sur la haine et jusqu’à la vie même qui triomphera de la mort, au jour de Pâques.

 

L’Etoile :

Certains disent de moi que je n’ai pas la lumière à tous les étages mais, peu importe, je suis tellement heureuse et si fière d’avoir guidé ces mages jusqu’à cet enfant-roi !

Aujourd’hui, dans le ciel au-dessus de cette étable, « je rayonne de bonheur ; j’en suis tout émue, mon cœur éclate de joie ! » (Esaïe 60, 5).

Et vous savez quoi ? Je crois bien que ce petit deviendra lui-même une grande étoile qui apportera la lumière de la vie, qui apportera les rayons de l’espérance et qui apportera les rayons de l’amour ! Car il sera « une lumière pour les nations » !

 

Prédicatrice :

En ce début d’année, aujourd’hui où nous fêtons l’Epiphanie, nous sommes appelés, à notre tour : Debout ! Lève-toi et regarde l’étoile ! Suis cet astre qui t’indique le chemin à suivre pour rencontrer l’enfant. Même si comme les mages, tu prends finalement un autre chemin pour rentrer, peu importe car ce sera ton chemin.

A ton tour de rayonner tout autour de toi et d’être, toi aussi, une étoile pour ton prochain !

Amen.