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    <title>"A la recherche de mon prochain" par Annette Preyer</title>
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    <description>
        Prédication du dimanche 14 juillet 2019
    </description>
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    <content:encoded><![CDATA[<p>Luc 10, 25 à 37</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le bon Samaritain, une figure que tout le monde connaît, même les non Chrétiens. Le petit Robert des mots communs dit «&nbsp;faire le bon Samaritain&nbsp;: se montrer secourable&nbsp;; être toujours prêt à se dévouer.&nbsp;» Et le Wiktionnaire dit&nbsp;: «&nbsp;Toute personne faisant preuve de bienveillance avec autrui. Avec deux phrases exemples&nbsp;:</p>

<p>J’en ai marre de jouer au&nbsp;Bon Samaritain.<br />
Son air renfermé et dur cache en fait un&nbsp;Bon Samaritain.</p>

<p>Des exemples qui ne donnent pas vraiment envie.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>En Allemagne, il y a le Arbeiter-Samariter-Bund, la fédération des ouvriers samaritains, créée en 1888 par des charpentiers pour porter les premiers secours à des ouvriers accidentés sur un chantier. Cette organisation a aujourd'hui 40 000 salariés et 20 000 bénévoles et agit un peu comme la Croix rouge.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Premier défi donc&nbsp;: parler d’une parabole super connue.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Deuxième défi&nbsp;: Je pense que je serais moi-même passée à côté de l’homme blessé au bord de la route. Pour commencer, voir du sang me fait tomber dans les pommes. Puis je ne connais pas les gestes de premier secours. Enfin j’aurais peur&nbsp;: si l’homme simulait son mal-être pour me tendre un piège&nbsp;? Ou que des complices m’attendaient pour me dépouiller à mon tour&nbsp;?</p>

<p>Que faites-vous quand vous voyez un homme mal habillé et mal en point, étendu, affalé dans la rue&nbsp;?</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>A la faculté de théologie de Princeton, aux Etats-Unis, des psychologues ont fait une expérience intitulée «&nbsp;De Jérusalem à Jéricho&nbsp;» avec 40 étudiants. Ces derniers savaient qu’ils participaient à une expérience de recherche, mais évidemment en ignoraient le vrai sujet. Dans un bâtiment ils devaient remplir un questionnaire puis étaient envoyés dans un autre bâtiment où ils devaient parler pendant 3 minutes soit de leurs perspectives de carrière professionnelle, consigne donnée à 20 étudiants, soit de notre parabole du bon Samaritain, tâche donnée aux 20 autres. En chemin, ils passaient devant un homme, mal habillé, couché dans une entrée, qui jouait le malade et toussait et gémissait à leur passage.</p>

<p>Combien, croyez-vous, se sont arrêtés&nbsp;?</p>

<p>16 sur les 40.</p>

<p>24, c'est-à-dire 60% ont continué sans un regard.</p>

<p>A un tiers des étudiants on avait dit&nbsp;: «&nbsp;dépêchez-vous, mon collègue vous attend, vous êtes déjà en retard&nbsp;». Parmi ceux-là 10% se sont arrêtés.</p>

<p>Au deuxième tiers on a dit&nbsp;: «&nbsp;mon collègue est prêt pour vous recevoir, allez-y&nbsp;».&nbsp; 45% se sont arrêtés.</p>

<p>Enfin aux dernier tiers on a dit&nbsp;: «&nbsp;votre entretien avec mon collègue ne commence que dans quelques minutes, mais vous pouvez tout de même déjà y aller&nbsp;». Parmi eux, 63% ont proposé de l’aide.</p>

<p>Donc, plus les gens sont pressés, stressés peut-être, moins ils voient la détresse autour d’eux. Oui, mais … ils vont chez un universitaire qui travaille, comme nous allons peut-être chez un client ou chercher notre fils à la crèche. On pourrait donc faire l’hypothèse qu’ils ne sont pas insensibles mais se trouvent dans un conflit de priorités, car un autre prochain les attend, l’autre personne dépend aussi d’eux.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Et ceux qui devaient parler du bon Samaritain se sont-ils arrêtés plus volontiers que les autres. Ouff, oui, mais seulement à 53% contre 29% pour ceux qui devaient faire un speech sur les carrières.</p>

<p>Donc, je ne suis pas seule dans mon cas, mais n’empêche, cela me met mal à l’aise, me culpabilise. Car j’ai mon planning, mes objectifs, je désire les tenir et je ne veux pas me laisser ralentir, arrêter ni dévier de mon chemin.</p>

<p>De surcroît, j’aurais tendance à choisir mon prochain, celui que je veux bien aider. En donnant du temps pour la paroisse, en faisant du soutien scolaire pour les enfants de ma gardienne, …Cela pourrait être la Cimade, le KT, ELP, Greenpeace, les repas du CASP, les scouts, une épicerie solidaire, …</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Heureusement pour nous, la pédagogie de Jésus ne se sert pas de la culpabilisation. Jésus ne répand pas la déprime et le désespoir autour de lui, mais la joie et la confiance. Il ne présente pas l’attention au prochain comme une obligation légale, mais comme un élan spontané, une réponse à l’amour de Dieu qui est premier.</p>

<p>Revenons un instant sur la première question que Jésus pose au maître de la loi – pour mémoire, entre parenthèses, un maître de la loi est un théologien et non pas un juriste, il est question de la loi de Moïse. Le maître de la loi, donc, avait bien répondu, en mettant ensemble le verset du Deutéronome «&nbsp;Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence.&nbsp;» Et celui du Lévitique&nbsp;: «&nbsp;Tu dois aimer ton prochain comme toi-même.&nbsp;»</p>

<p>Pour cette réponse, Jésus lui donne une bonne note au point de vue de la connaissance de la bible. «&nbsp;Tu as bien répondu.&nbsp;» Il rajoute une parole d’encouragement, d’envoi et une parole de bénédiction&nbsp;: «&nbsp;Fais cela et tu vivras.&nbsp;»</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le maître de la loi n’en est pas satisfait. Soit sincèrement, soit parce qu’il n’a pas pu coincer Jésus. D’où la question «&nbsp;qui est mon prochain&nbsp;?&nbsp;» et notre parabole.</p>

<p>A cette question théorique, Jésus donne une réponse concrète qui concerne deux personnes. Il met en scène un être en détresse et un être en chemin. Cela devient une question de relation.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ici j’ai envie d’ouvrir une parenthèse avant de revenir à la question du bon Samaritain et nous, chrétiens en 2019.</p>

<p>Les pères de l’église, Origène, Irénée de Lyon et Clément d’Alexandrie, qui ont vécu dans la seconde moitié de 2ème siècle et au début du 3ème, puis deux cents ans plus tard, Saint Augustin, Jean Chrysostome et Ambroise de Milan ont eu la lecture suivante&nbsp;: l’homme blessé représente l’humanité, les brigands symbolisent les forces du mal, le prêtre et le lévite figurent les anciennes religions, incapables de relever l’humanité blessée, souffrante. Le bon Samaritain, lui, représente Jésus qui vient sauver les malades et les perdus. L’hôtel devient l’église où les croyants sont à l’abri en attendant que le Christ revienne.</p>

<p>Cette interprétation qui nous identifie, vous et moi, à l’homme à demi-mort au bord de la route nous parle du salut de l’humanité ou de la chrétienté ou du croyant individuel. Elle nous dit que nous ne pouvons nous en sortir seuls, que nous avons besoin de l’amour inconditionnel du Seigneur.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ce qui ramène à ici et maintenant. Nous ne voulons pas ressembler à ces maîtres de la loi qui pensent pouvoir décider eux-mêmes si eux ou les autres sont justes ou pas, en s’appuyant sur une loi très détaillée. Nous croyons que seul le Seigneur est juste. Nous qui nous savons aimés par lui, le prenons pour modèle. Ce qui signifie aussi que nous faisons du bien à notre prochain non pas pour avoir un bénéfice pour nous, fût-ce la vie éternelle, pas pour être bien vus par le Seigneur ni par nos semblables. Nous aidons notre prochain en réponse à l’amour inconditionnel reçu du Seigneur. Pas parce que nous sommes «&nbsp;bons&nbsp;», mais parce que la bonté du Seigneur nous a emplis&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Voici que Jésus qui a le secret de toujours nous proposer des perspectives nouvelles &nbsp;retourne la question du prochain. Il ne s’agit plus de savoir qui je dois secourir&nbsp;: les membres de ma famille, ou de ma communauté religieuse, ou de mon pays ou tout être humain&nbsp;? Encore que la parabole est claire sur cet aspect&nbsp;: l’homme blessé n’a aucun qualificatif, c’est un humain tout simplement.</p>

<p>Jésus applique le mot «&nbsp;prochain&nbsp;» au prêtre, au lévite et au Samaritain. Le maître de la loi répond que le prochain a été «&nbsp;celui qui a été bon pour lui.&nbsp;» Et Jésus de conclure avec un nouvel envoi&nbsp;: «&nbsp;Va et fais de même.&nbsp;» Nous sommes donc invités à nous faire le prochain du voyageur blessé, de l’autre.</p>

<p>«&nbsp;Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence&nbsp;et ton prochain comme toi-même.&nbsp;»</p>

<p>Drôle de terme, en fait, ce mot «&nbsp;prochain&nbsp;»&nbsp;: on dit à dimanche prochain, la prochaine fois, au prochain arrêt du bus, et aussi, pour à nouveau citer le Petit Robert&nbsp;: prochain, c’est une personne, un être humain considéré comme un semblable. Voilà qui me paraît important&nbsp;: entre nous, entre humains, il ne s’agit pas de sauveteur et sauvé, pas de bienfaiteur et bénéficiaire. La relation dissymétrique devient une relation d’équivalence, une relation entre deux êtres qui ont de la valeur pour le Seigneur. Assuré de l’amour du Seigneur, je peux, je suis poussé à m’approcher d‘autrui. Et peu importe si l’autrui en question, est pour la plupart du temps présélectionné par mon agenda, mon mode de vie. De toute façon, sur mon chemin que j’ai planifié, la vie mettra suffisamment de surprises bonnes ou mauvaises, même dans nos cercles les plus familiers. Ce qui compte, c’est la relation d’équivalence. Du coup, nous sommes tous les deux au bénéfice de cette relation qui nous rend humain.</p>

<p>Etre aimé et pouvoir ainsi aimer. Se laisser approcher par le Seigneur et pouvoir ainsi approcher d’autres. Cette parabole n’est pas une théorie, ni une morale. Elle est une invitation spirituelle&nbsp;à être disponible à Dieu et aux autres.</p>

<p>Cela m’incite à conclure avec des phrases qui ont été pendant un temps affichées dans la salle Agapé&nbsp;: « J'ai cherché mon âme et je ne l'ai pas trouvée. J'ai cherché Dieu et je ne l'ai pas trouvé. J'ai cherché mon frère … et je les ai trouvés tous les trois. »</p>

<p>Amen</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2019-08-22T08:11:27Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
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    <title>"Attention... la Bible, livre dangereux !"</title>
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        Texte de la prédication du pasteur Christian Baccuet, 22 août 2021
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        <dc:title>"Attention... la Bible, livre dangereux !"</dc:title>
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    <content:encoded><![CDATA[<h5 style="text-align: justify;">ATTENTION… LA BIBLE, LIVRE DANGEREUX&nbsp;!</h5>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;"><em>Lectures bibliques : Ephésiens 5, 21-32 et Luc 4, 1-15</em></p>

<p style="text-align: justify;"><em>Pentemont-Luxembourg, 22 août 2021. Prédication du pasteur Christian Baccuet</em></p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Attention… la Bible est un livre dangereux&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Par exemple le verset que nous venons d’entendre&nbsp;: <em>«&nbsp;Femmes, soyez soumises à vos maris&nbsp;»</em> (Ephésiens 5, 22). Je vous le dis tout de suite, je n’aime pas ce verset&nbsp;! Il a été tellement utilisé pour justifier la domination des hommes sur les femmes qu’il en est devenu insupportable. Même si notre société évolue, il y a encore des inégalités fortes entre les genres, et dans beaucoup de pays les femmes sont encore cantonnées dans un statut inférieur, subordonnées au bon vouloir des hommes et de leur pouvoir&nbsp;; ce qui se passe en ce moment en Afghanistan en est un exemple terrible. Dans plusieurs Eglises, seuls les hommes peuvent accéder au ministère et aux instances de direction. &nbsp;Ce type de verset risque d’appuyer sur la séculaire subordination des femmes aux hommes, et de contribuer soit à légitimer une inégalité, avec toutes les injustices et les souffrances qui en découlent, soit à pousser des gens à rejeter la Bible en la considérant comme un instrument de domination patriarcale. &nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;"><em>«&nbsp;Femmes soyez soumises à vos maris&nbsp;»</em>. Lire aujourd’hui ces mots, c’est prendre le risque de donner à croire que, puisqu’il s’agit là d’un verset biblique, ils disent une vérité intangible et universelle que nous devrions appliquer si nous voulons être fidèles à la Parole de Dieu. Il y a des gens qui lisent ainsi la Bible, en prenant le texte à la lettre. C’est la lecture de type littéraliste. C’est écrit, c’est comme cela, il n’y a pas à interpréter. Ces derniers temps, cet argument est de nouveau apparu sur les réseaux sociaux, d’une manière très virulente, utilisé par certains pour condamner ceux avec lesquels ils sont en désaccord d’interprétation, par exemple sur le vaccin ou sur l’homosexualité. A coups de versets bibliques, la bêtise et la violence s’accumulent. &nbsp;Interpréter serait un péché. Ceux qui brandissent cet argument se rendent-ils compte que c’est déjà une interprétation que de dire qu’il faut prendre l’Ecriture au pied de la lettre&nbsp;? Ils ne sont d’ailleurs pas toujours cohérents, car la plupart d’entre eux ne lapident plus les pécheurs, ne pratiquent plus de sacrifices d’animaux, travaillent le jour du sabbat, ne s’arrachent pas l’œil et ne se coupent pas la main si ceux-ci sont occasion de pécher (Matthieu 5, 27-30).</p>

<p style="text-align: justify;">Un deuxième risque est grand, le risque inverse, celui de laisser de côté les textes qui nous dérangent, de purger la Bible de ce qu’elle contient de choquant ou de culturellement dépassé. Nous avons tous cette tentation d’une lecture sélective, qui nous corresponde ou, pire, qui colle à l’esprit du temps, cautionne nos choix, devienne insipide et inutile.</p>

<p style="text-align: justify;">Cet extrait de la lettre de Paul aux Ephésiens étant donné parmi les lectures «&nbsp;officielles&nbsp;» de ce jour, j’ai préféré prendre un troisième risque, car il me semble important de ne pas laisser ce genre de verset aux mains de ceux qui l’interprètent à la lettre. Je vous propose de le prendre à bras-le-corps pour tenter de le comprendre dans ce qu’il peut nous dire aujourd’hui.</p>

<h4 style="text-align: justify;">1. Principes de lecture</h4>

<p style="text-align: justify;">Auparavant, il me semble nécessaire de rappeler trois fondements de notre rapport à l’Ecriture.</p>

<p style="text-align: justify;">D’abord, on dit souvent que le christianisme est une religion «&nbsp;du Livre&nbsp;». C’est faux. Nous sommes une religion de la relation à une personne, le Christ, dont l’Ecriture nous rend témoignage. Nous n’adorons pas un texte écrit, mais nous rendons gloire au Dieu de Jésus-Christ. Luther comme Calvin disaient que le Christ est le centre de l’Ecriture et que, par conséquent, il en est la clé. Lire la Bible, c’est se mettre à la rencontre du Christ sur les chemins de Galilée et de Judée, Jésus qui accompagne, console, relève, ouvre des vies à la présence de Dieu, libère des existences pour les remettre dans de justes relations aux autres et à elles-mêmes, rend heureux ceux qui le suivent, hommes et femmes. Jésus qui s’attaque aussi à ceux qui enferment les autres dans une interprétation littéraliste de l’Ecriture et en font une Loi qui exclut. Jésus crucifié et ressuscité, le Christ vivant. On dit parfois que, pour les protestants, seule l’Ecriture fait référence. C’est vrai, mais c’est incomplet. C’est l’Ecriture en tant qu’elle dit l’Evangile. <em>Sola Scriptura</em> ne veut pas dire «&nbsp;l’Ecriture toute seule&nbsp;», mais l’Ecriture au-dessus de la tradition ou d’un magistère, sans oublier, cependant, qu'au-dessus de l’Ecriture il y a le Christ. C’est en Jésus-Christ que nous lisons l’Ecriture.</p>

<p style="text-align: justify;">Deuxième point essentiel&nbsp;: pour entendre l’Evangile dans l’Ecriture, pour y recevoir la Parole de Dieu, nous avons une aide importante&nbsp;: l’Esprit Saint, le souffle de Dieu. Notre Eglise, à la suite de Calvin, «&nbsp;affirme l’autorité souveraine des Saintes Ecritures telle que la fonde le témoignage intérieur du Saint-Esprit »<sup>[1]</sup>. Le témoignage intérieur du Saint-Esprit, c’est Dieu qui nous aide à entendre sa Parole à travers les mots écrits par les auteurs bibliques&nbsp;; on parle de «&nbsp;double inspiration&nbsp;» : le Saint Esprit a inspiré ceux qui ont écrit la Bible, il inspire celui qui la lit&nbsp;; c'est ainsi seulement que l'Ecriture peut devenir Parole de Dieu, reçue dans la foi. D'où la prière d'illumination avant les lectures bibliques pendant le culte. Nous croyons que dans l’Ecriture, Dieu nous aide à entendre sa Parole, qu’il nous inspire quand nous la méditons et la prions.</p>

<p style="text-align: justify;">Une troisième dimension est importante. Dans la foi en Christ et la disponibilité à l’Esprit Saint, lire la Bible se fait avec notre cœur et notre intelligence. Il s’agit de tenter de la comprendre dans ses dimensions culturelles, historiques, linguistiques. De respecter ce qu’elle est&nbsp;: un témoignage inscrit dans un lieu et un temps donnés, fort éloignés des nôtres. Elle rend compte de la relation de Dieu avec les êtres humains, qui se déroule dans l’histoire. Elle porte donc les marques de l’histoire et cette distance est importante à prendre en compte. Il nous faut remettre les textes dans le contexte du temps où ils ont été mis par écrit, pour y entendre ce qui est dit pour nous aujourd'hui, dans un autre contexte, le nôtre. C’est ce que nous faisons ensemble, dans les groupes bibliques que propose notre paroisse.</p>

<p style="text-align: justify;">Lire la Bible en Jésus-Christ, en demandant à Dieu de nous y parler et en utilisant notre intelligence&nbsp;: c’est ainsi que nous respectons le texte biblique. L’Ecriture n’est donc pas une collection de citations, qu’il suffirait de découper, de lire et d’appliquer, comme si elles étaient des recettes, des conseils, des formules magiques. En citant des versets hors contexte, on peut mal les comprendre et, pire, on peut les instrumentaliser, les tordre et les utiliser dans un sens inverse de ce qu’ils veulent dire.</p>

<p style="text-align: justify;">Un récit nous le dit définitivement&nbsp;: lorsque, au début de son ministère, Jésus est tenté par le diable, ce dernier cite l’Ecriture pour le troubler&nbsp;: <em>«&nbsp;Le diable le conduisit ensuite à Jérusalem, le plaça au sommet du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ; car l'Écriture déclare : “Dieu ordonnera à ses anges de te garder.” Et encore : “Ils te porteront sur leurs mains pour éviter que ton pied ne heurte une pierre.”&nbsp;»</em> (Luc 4, 9-11). Le diable cite ici le Psaume 91, v. 11 et 12, de belles paroles qui confessent la protection de Dieu… Mais il cite l’Ecriture pour autre chose que pour ce qu’elle dit&nbsp;: pour piéger Jésus, pour le détourner de Dieu&nbsp;! Il peut y avoir une utilisation « diabolique » de l’Ecriture. Si on s’en tenait à la lettre de l’Ecriture, nous soutiendrions toujours l’esclavage et la soumission des femmes. Et l’Ecriture, au lieu d’être témoin de l’Evangile, serait texte de loi qui enferme et qui écrase.</p>

<p style="text-align: justify;">L’apôtre Paul, qui s’est lui-même, à la suite de Jésus, battu contre les interprétations légalistes et mortifères de la Loi, écrit aux Corinthiens que <em>« nous sommes serviteurs d’une alliance nouvelle, non pas de la lettre, mais de l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit fait vivre »</em> (2 Co, 3, 6). Quand Paul écrit cela, il ne parle pas de l’esprit du texte, il parle du Saint-Esprit, celui qui rend vivante l’Ecriture, celui qui nous aide à y entendre l’Evangile.</p>

<p style="text-align: justify;">L’Esprit Saint, dans le récit de la tentation de Jésus, l’accompagne du début à la fin (v. 1 et 14) et lui permet de s’appuyer véritablement sur l’Ecriture, puis d’en faire ensuite profiter les gens dans leur contexte, en commençant par les synagogues de Galilée.</p>

<h4 style="text-align: justify;">2. Soumission mutuelle dans l’amour</h4>

<p style="text-align: justify;">C’est à la suite du Christ, dans l’Esprit Saint et avec notre intelligence, que je vous invite à revenir au texte du jour.</p>

<p style="text-align: justify;"><em>«&nbsp;Femmes, soyez soumises à vos maris&nbsp;»</em>.&nbsp;Cités hors contexte, ces quelques mots vont dans le sens de ceux qui pensent que Paul était un affreux misogyne, et d’autres versets peuvent faire penser qu’il était homophobe, antisémite, partisan de l’esclavage… D’autres passages, pourtant, disent le contraire, qui vont dans le sens de la grâce universelle et de l’égalité de tous&nbsp;; le plus évident de tous est le fameux <em>«&nbsp;Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ.&nbsp;»</em> (Galates 3, 28). Je voudrais ici partager avec vous quelques points importants de ce texte, si on le lit attentivement et sérieusement[<sup>2]</sup>. C’est un texte difficile, et Paul ne nous facilite pas la tâche&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Le contexte d’abord. Paul écrit aux chrétiens d’une grande ville grecque d’Asie Mineure, Ephèse, une lettre sans doute destinée à circuler dans d’autres Eglises, dans laquelle il présente synthétiquement les principales dimensions de la foi chrétienne – l’amour de Dieu, sa grâce donnée en Jésus-Christ ressuscité, la vie nouvelle à laquelle il appelle, le rassemblement des Juifs et des non-Juifs dans l’Eglise corps du Christ, et l’appel à vivre des relations nouvelles au sein de l’Eglise. Paul, dans le passage de ce jour, veut dire comment ces relations nouvelles s’appliquent aux relations entre les femmes et les hommes. Il le fait au croisement de la société de son temps et de sa foi en Jésus-Christ. Il écrit dans le monde gréco-romain, au premier siècle de notre ère, au sein d’une réalité sociale marquée par les liens de subordination&nbsp;: autorité de l’homme sur la femme, des parents sur les enfants, des maîtres sur les esclaves. Ainsi est la société de son temps et le droit antique traduit juridiquement cette organisation hiérarchique.</p>

<p style="text-align: justify;">Le propos de Paul n’est pas de remettre frontalement en question la société de son temps, mais d’appeler les chrétiens à y vivre en disciples du Christ, à développer des relations nouvelles au sein de l’Eglise, relations caractérisées par deux dimensions essentielles.</p>

<p style="text-align: justify;">Il commence ainsi, au verset 21, par dire l’affirmation clef&nbsp;: <em>«&nbsp;Soumettez-vous les uns aux autres à cause du respect que vous avez pour le Christ&nbsp;»</em>. Il s’adresse à tous les membres de l’Eglise, hommes et femmes. La soumission est mutuelle et c’est fondamental de mettre cela en avant. Dans une société inégalitaire, il invite à faire de l’Eglise le lieu d’une réalité différente. Ces relations nouvelles sont marquées par le fait d’être des relations d’égalité entre tous, hommes et femmes.</p>

<p style="text-align: justify;">Paul tire ensuite de cela des conclusions, dont il importe de remarquer qu’elles concernent davantage les hommes (sept&nbsp;versets, v. 25 à 31) que les femmes (trois&nbsp;versets, v. 22 à 24). C’est principalement aux hommes que Paul a quelque chose à dire. Dans ce qui est alors communément admis – la soumission des épouses –, il introduit le modèle de la relation au Christ : <em>« comme vous l’êtes au Seigneur »</em> ; vivre sa situation en Christ n’est pas justifier cette situation mais lui donner une nouvelle dimension, celle de l’amour qui, immanquablement, viendra changer cette situation. Puis il déplace l’argument vers les hommes pour qu’à partir de cette évidence sociale de leur temps, ils entendent qu’ils sont concernés eux aussi par cette soumission mutuelle, comme le Christ a aimé l’Eglise. Et cette soumission mutuelle se développe non pas dans une loi rigide d’autorité hiérarchique mais dans une dimension d’amour. &nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Une difficulté pour nous est que Paul utilise ici deux images, celle de la relation entre le Christ et l’Eglise, et celle de la tête&nbsp;: <em>«&nbsp;l'homme est la tête de la femme, comme le Christ est la tête de l'Eglise&nbsp;»</em> (v. 23). Limites de l’image&nbsp;: il est évident que l’homme fait autant partie de l’Eglise que la femme, mais la compréhension hiérarchique est habituelle dans son temps. A partir de cette image risquée, Paul ouvre à une dimension nouvelle, non plus une réalité inégalitaire mais une réalité d’amour-agapè, relation faite de respect, de solidarité, de relation réciproque. Dans les versets qui suivent, Paul décrit en effet la manière dont le Christ est la tête de l’Eglise, dans le don de lui-même&nbsp;: <em>«&nbsp;il s'est livré lui-même pour elle&nbsp;»</em> (v. 25). Le chapitre 5 commence d’ailleurs par cette autre affirmation fondamentale&nbsp;: <em>«&nbsp;Imitez Dieu, comme des enfants bien-aimés, et vivez dans l'amour, tout comme le Christ aussi nous a aimés et s'est livré lui-même à Dieu pour nous&nbsp;»</em> (v. 1-2). La manière dont Christ est tête de l’Eglise est l’amour. Ainsi, dans une culture où il est admis que l’homme est le chef de la femme, Paul introduit la notion d’amour, de respect, de don de soi, pour appeler les hommes à vivre ainsi la relation à leur femme, loin de toute domination. <em>«&nbsp;Les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même&nbsp;»</em>, précise-t-il au verset 28. Paul utilise encore une image, celle du corps, image forte car elle renvoie à ce qu’est l’Eglise, corps du Christ, image qui dit l’unité de l’Eglise et la solidarité entre tous ses membres.</p>

<p style="text-align: justify;">Ainsi, de manière complexe et au risque d’être piégé par les images utilisées, Paul, dans la réalité sociale de son temps – la subordination de la femme à son mari –, introduit deux dimensions fondamentales&nbsp;: la soumission mutuelle de tous, hommes et femmes, au sein de l’Eglise, en Christ. Et l’amour qui est la manière de vivre cette soumission mutuelle dans le respect, le don, l’attention à l’autre, l’unité des liens, comme le Christ le vivait. Paul n’appelle ainsi pas la femme à se soumettre, comme le laisse croire une lecture tronquée et hors contexte&nbsp;; dans la réalité sociale de son temps, il apporte l’Evangile qui, s’il est vraiment vécu dans l’amour, est comme une petite bombe qui peut transformer cette réalité, en commençant au sein de la communauté chrétienne. Il fait ainsi éclater la réalité de son temps pour la déplacer vers une juste et mutuelle relation&nbsp;: il n’y a plus ni homme ni femme, car tous vous êtes uns en Jésus-Christ.</p>

<h4 style="text-align: justify;">3. Un livre d’anges heureux</h4>

<p style="text-align: justify;">Il est interpelant de constater que, sur ces douze versets, on ne retient souvent que la moitié de l’un d’eux, amenant à croire que Paul demande aux femmes d’être unilatéralement soumises alors que l’Evangile ouvre justement à l’inverse… la lecture patriarcale résiste diaboliquement&nbsp;! Isolé, ce bout de verset fige une inégalité là où la Parole de Dieu ouvre à une vie nouvelle. Le Christ ne nous demande pas de revenir en arrière mais nous appelle à aller de l’avant. A la lecture de ce texte, le défi pour nous est donc de ne pas croire qu’il faudrait adopter une réalité sociale d’un autre temps, reconstituer la culture antique, retourner dans un passé révolu. Mais au contraire d’entendre combien, dans cette culture, Paul a tenté de dire l’Evangile, la relation égale et réciproque entre hommes et femmes. Cela reste d’actualité, tant notre société a encore des restes d’inégalités entre les genres, tant la question de respect et d’amour reste vive, tant la soumission mutuelle reste un défi permanent.</p>

<p style="text-align: justify;">Nous sommes alors invités à entendre cet Evangile dans la réalité de notre culture, comme une parole libératrice qui appelle à vivre en Eglise, déjà, un avant-goût du Royaume. Et, dans notre société, nous sommes appelés à être des témoins du Christ qui avait des disciples hommes et femmes et, avec eux, allait indifféremment vers tous, quel que soit leur genre. Dans l’élan de la première communauté chrétienne qui comptait des hommes et des femmes apôtres, nous sommes appelés à être des témoins engagés contre les inégalités de notre temps.</p>

<p style="text-align: justify;">On peut regretter que Paul n’ait pas parlé plus simplement, de manière plus évidente, nous faisant courir le risque, avec ce texte comme avec d’autres, de le comprendre à l’envers. Mais il écrivait il y a deux mille ans et il nous appartient de tenir compte de cette distance, de ne pas citer ce texte hors contexte, sans effort pour le comprendre, sans disponibilité pour y entendre l’Evangile&nbsp;; sinon il est dangereux&nbsp;! Cela est valable pour ce texte comme pour tous les textes de la Bible, notamment ceux qui évoquent le divorce, l’esclavage, l’homosexualité, le judaïsme, les autres religions…</p>

<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, en Jésus-Christ, dans l’Esprit Saint, avec notre intelligence, nous pouvons recevoir dans l’Ecriture l’appel à l’alliance nouvelle, non pas de la lettre qui tue mais de l’Esprit Saint qui fait vivre. &nbsp;L’Evangile est littéralement « bonne nouvelle » : εὐαγγέλιον – <em>ev-angelion</em> – en grec veut dire « bon message ». <em>Angelion</em> est le message, et le messager est ἄγγελος – <em>angelos</em> –, qui a donné « ange ». La lecture de l’Evangile est joyeuse et libératrice, et en devenir les anges, les messagers, les témoins, est un bonheur.</p>

<p style="text-align: justify;">La Bible, alors, n’est plus un livre dangereux mais… d’anges heureux&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Amen.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">[1] Déclaration de foi de l’Eglise réformée de France. Texte complet :&nbsp;<a href="https://www.eglise-protestante-unie.fr/prod/file/epudf/upload/nation/PDF/Declaration%20de%20Foi%20ERF%201938.pdf">https://www.eglise-protestante-unie.fr/prod/file/epudf/upload/nation/PDF/Declaration%20de%20Foi%20ERF%201938.pdf</a></p>

<p style="text-align: justify;">[2] Pour plus de détails, voir Bettina Schaller, «&nbsp;Il y a subordination et subordination&nbsp;! De la séculaire soumission des femmes&nbsp;», dans Elisabeth Parmentier, Pierrette Daviau et Lauriane Savoy (dir.), <em>Une bible des femmes</em>, Genève, Labor et Fides, 2018, p. 175-188.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2021-09-02T11:16:07Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/choisir-la-vie-cest-devenir-plus-humain-e">
    <title>"Choisir la vie, c'est devenir plus humain·e."</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/choisir-la-vie-cest-devenir-plus-humain-e</link>
    <description>
        Prédication du dimanche 16 février 2020 par Lionel Thébaud

Lectures bibliques :

Deutéronome 30.15-20
1 Corinthiens 2.6-10
Matthieu 5.17-37
    </description>
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        <dc:title>"Choisir la vie, c'est devenir plus humain·e."</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Je n'ai vraiment pas de chance. D'abord, j'avais hésité à travailler ma prédication à partir du texte du Deutéronome prévu dans les lectures pour ce dimanche. En effet, j'ai l'impression qu'en ce moment, beaucoup de pasteur·e·s prêchent sur "choisir la vie". Ajoutez à cela que chaque petite vidéo du pasteur du dimanche, que vous trouvez sur les réseaux sociaux, se termine systématiquement par ce joli petit slogan : "choisis la vie". A force de l'entendre, je me suis dit que c'était peut-être un peu beaucoup. Mais surtout, je suis tombé récemment sur une vidéo réalisée par Christian Baccuet sur pasteurdudimanche, justement. Je me suis dit, là, non, vraiment, c'est too much, on va croire que je surfe sur la vague. J'ai failli tout réécrire. Mais à bien y réfléchir, au fond, est-ce que ce n'est pas justement très pertinent comme message, ce "choisis la vie", en cette période étrange où beaucoup de nos choix n'ont pas d'autre objectif que de satisfaire notre propre personne? Quand j'étais enfant, il y avait cette chanson qui passait à la radio : "chacun fait fait fait, c'qui lui plaît plaît plaît". Si je trouve important de ne pas s'oublier, je trouve tout aussi important de ne pas oublier l'autre. Alors, j'ai quand-même décidé de parler du Deutéronome, même si ça me semble trop répétitif, parce que choisir la vie me parle de la relation à l'autre.</p>

<p><span class="texte1"><strong>La rétribution</strong></span></p>

<p>Le peuple sorti d’Égypte est prêt à entrer en terre promise. Le Deutéronome, c’est - disons - une prédication de Moïse qui reprend Exode, Nombres et Lévitique. Son contenu, c’est la Loi et l’histoire des Hébreux. Notre passage fait partie de la conclusion du livre, où on trouve des discours de malédictions et de bénédictions. Si tu fais ceci, tu seras béni, si tu fais cela, tu seras maudit. C’est la théologie de la rétribution&nbsp;: si tu fais le bien il ne t’arrivera que le bien. Cette école théologique ne fait pas l’unanimité dans la Bible. Les amis de Job, par exemple, pensaient eux aussi qu’il ne pouvait pas nous arriver de malheur quand on se comportait bien. Et le livre de Job nous démontre qu’ils avaient tort. La vie de Jésus ou des apôtres nous l’enseigne aussi&nbsp;: on peut être dans le plan de Dieu et souffrir terriblement. Pourtant, il est bien vrai qu’un mauvais comportement nous apporte des misères. Si je tire la queue de mon chat, il y a de grandes chances pour qu’il me le fasse payer. Et si j’arrose correctement mes plantes, elles vont être en bonne santé. La rétribution existe donc, dans une certaine mesure. On récolte ce que l'on sème. Si je fais le bien, j’en serai récompensé. Mais ce n’est pas systématique, et je ne reçois pas ce que j’ai donné. Et surtout, on ne doit pas se servir de cette idée de rétribution pour juger l’autre. Il faut le rappeler&nbsp;: la Bible ne m’apprend pas à discerner si l’autre est bien sur le chemin de Dieu. Elle m’apprend à discerner si je suis sur le chemin de Dieu. Quand je me regarde, je vois que le travail à faire est bien suffisant. Quand je me regarde, je n’ai pas envie d’aller mesurer la distance qui sépare les autres de Dieu. Ma propre distance me préoccupe suffisamment. «&nbsp;Tu vois la paille qui est dans l’œil du voisin, mais tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien&nbsp;» nous rappelle Jésus. Notre compréhension de la volonté de Dieu ne doit jamais nous servir de prétexte pour juger les autres.</p>

<p><span class="texte1"><strong>L'impossible Loi</strong></span></p>

<p>En tant que protestant, je suis convaincu que Dieu m'aime tel que je suis. Il ne m'aime pas en fonction de ce que je fais. Le rappel à la Loi que notre texte contient me dérange. De la même manière, quand Jésus affirme que nous devons être fidèle au plus petit commandement de la Loi, j'avoue que ça me fait mal. C'est une affirmation qui s'oppose à la théologie de Paul, et même en un sens de la théologie de Jésus en d'autres endroits des Évangiles. En effet, toute cette série de bénédictions et de malédictions conditionnées par l’observance des commandements ne cadre pas très bien avec la dynamique de l’Évangile, qui nous a affranchi de l’observance stricte de la Torah. Jésus passe son temps à nous démontrer qu'on ne peut pas accomplir la Loi. Et si quelqu'un croit qu'il l'a accomplie, il augmente l'exigence de la Loi pour montrer que ce n'est jamais suffisant. Pour Jésus, désirer une autre femme, c'est déjà de l'adultère. Dire de quelqu'un qu'il est stupide, c'est déjà du meurtre. Tous les êtres humains sont dans le péché. Il n'y a pas un juste, pas même un seul. Personne ne peut faire le bien. Au fond je comprends que c'est dans notre cœur - dans nos motivations - que tout se joue, et qu'on ne peut pas juger quelqu'un d'après ses actes ou d'après ses paroles. Il y a comme un grand écart entre la théologie de la rétribution et le message de Jésus. Le lecteur que je suis m’oblige à trouver un sens à ce grand écart. D’un côté, je ne veux pas diminuer la portée des menaces contenues dans ce passage. Parce que chacune de mes actions a des conséquences que je dois mesurer. C’est le principe de responsabilité. Mais de l’autre côté, l’Évangile me dit que ce ne sont pas les œuvres que je fais ou que je ne fais pas qui me feront gagner des points. La superstition ne mène nulle part. Du coup, ce n’est pas parce que je vais faire du bien qu’il ne m’arrivera que des bonnes choses. Cette tension entre la récompense liée à mes actions et la liberté qui m’est offerte doit produire quelque chose. Ce quelque chose n’est pas pour moi. Ce quelque chose est pour mon prochain.</p>

<p><span class="texte1"><strong>L'esprit de la Loi</strong></span></p>

<p>Sans forcément appliquer la Loi, je suis invité à agir dans l'esprit de la Loi. Je lis dans le Nouveau Testament que l’esprit de la Loi, c’est la loi de l’amour qui dirige toute la Torah. Tout ce que tu fais par amour véritable est en accord avec la Loi. Mettre en pratique l’esprit de la Loi donnée par Dieu aux Hébreux, c’est faire ce qui te semble être le mieux pour l’autre, en le respectant et en te respectant. «&nbsp;Tout ce que vous voudrez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux&nbsp;» dit Jésus en Matthieu 7&nbsp;: 12. Et la première chose que je veux que les autres fassent pour moi, c’est qu’ils m’acceptent tel que je suis, et qu’ils ne cherchent pas à me changer. C’est l’histoire de ce samaritain qui était bien plus préoccupé par la vie de l’homme blessé que par ses propres urgences (Luc 10&nbsp;: 25-27). C’est l’histoire de Sarah qui prépare à manger pour les voyageurs qui se présentent chez elle (Genèse 18&nbsp;: 1-15). C’est l’histoire de cette Église du Nouveau Testament qui s’organise pour prendre soin des veuves (Actes 6&nbsp;: 1-6). En tant que chrétien·ne·s, nous profiterons de lire les lois de la Torahpour chercher à agir selon l’esprit dans lequel elle ont été données aux Hébreux.</p>

<p>Que signifie «&nbsp;choisis la vie&nbsp;»&nbsp;? Dans le contexte du Deutéronome, choisir la vie c’est obéir aux commandements. Ça ne s’applique pas comme ça au chrétien et à la chrétienne. Lisons Jean 15 : "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime". Aimer Dieu et aimer l'être humain sont deux choses intimement liées. Et Jésus était sans doute l'être humain qui a le plus répondu à son appel d'être humain, en aimant Dieu et en aimant son prochain comme lui-même. Alors, marcher avec le Christ, pour moi, c’est faire preuve d’humanité. Quoi qu’il en coûte. Et c’est bien sûr quelque chose de très exigeant. Jésus était exigeant. Quand je lis : «&nbsp;choisis la vie&nbsp;», j’entends&nbsp;: «&nbsp;fais les choix qui montreront que tu es humain. Fais les choix qui redonneront un élan de vie à ton prochain&nbsp;».</p>

<p><span class="texte1"><strong>L'amour qui nous ouvre à la différence</strong></span></p>

<p>Pour conclure, chacun et chacune de nous a une couleur particulière. Cette couleur, c’est notre culture, notre histoire personnelle, nos goûts, nos émotions, et tant d’autres choses qui font que nous sommes ce que nous sommes. Par conséquent, non seulement Dieu ne me touche pas exactement de la même manière qu’il peut toucher l’un ou l’une d’entre vous, mais ma réponse à l’amour de Dieu sera elle aussi différente de votre réponse. En entendant «&nbsp;choisis la vie&nbsp;», telle personne ne réagira pas comme telle autre. Quelqu'un fera d’autres choix que moi. Et peut-être même qu'il fera exactement l’inverse de moi&nbsp;! Personne ne peut regarder son voisin ou sa voisine et dire&nbsp;: «&nbsp;Celui-ci ou celle-ci n’a pas choisi la vie&nbsp;». C’est vraiment une question personnelle, que je dois me poser seul devant Dieu, en toute honnêteté. C’est dans l’intimité de notre relation personnelle avec Dieu que nous devons faire librement nos choix. Il ne s’agit pas de faire mieux que les autres, il s’agit de faire mieux que ce que nous faisions jusqu’ici. Ne fais pas tes choix sous la pression que les autres exercent sur toi. Ne fais pas tes choix pour te faire bien voir des autres. Fais tes choix parce que la Parole de Dieu résonne dans ton cœur. Pour moi, si je veux ressembler à Dieu, je dois être plus humain. Si je veux marcher à-côté du Christ, je dois donner à l’autre ce qui lui manque pour aimer la vie. Ce ne sont pas des œuvres à faire pour gagner des points. C’est un état d’esprit. Un style de vie. «&nbsp;Tous sauront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres&nbsp;». Je crois que Dieu attend de nous que nous soyons les véhicules de son amour inconditionnel. Alors si tu entends sa voix ce matin&nbsp;: «&nbsp;Choisis la vie&nbsp;»&nbsp;!</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-02-17T12:56:01Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/dans-le-chemin-temoin">
    <title>"Dans le chemin, témoin..."</title>
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    <description>
        Prédication par Emmanuel Argaud, 29 décembre 2019
    </description>
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        <dc:title>"Dans le chemin, témoin..."</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Lectures bibliques (NBS)</strong></p>

<p style="text-align: justify;"><u>Jérémie 31, versets 7 à 9</u></p>

<p style="text-align: justify;">7 Car ainsi parle le SEIGNEUR&nbsp;: Poussez des cris de joie pour Jacob, éclatez d'allégresse en tête des nations&nbsp;! Faites-vous entendre, louez, dites&nbsp;: SEIGNEUR, sauve ton peuple, le reste d'Israël&nbsp;! 8&nbsp;Je les ramène du pays du nord, je les rassemble des confins de la terre&nbsp;; parmi eux sont l'aveugle et le boiteux, la femme enceinte comme la femme en travail&nbsp;; c'est une grande assemblée qui revient ici. 9 Ils arrivent en pleurant, et je les conduis dans leurs supplications&nbsp;; je les mène vers des cours d'eau, par un chemin tout droit où ils ne peuvent trébucher&nbsp;; car je suis un Père pour Israël, et Ephraïm est mon premier-né.</p>

<p style="text-align: justify;"><u>Marc 10, versets 46 à 52</u></p>

<p style="text-align: justify;">46 Ils viennent à Jéricho. Et comme il sortait de Jéricho, avec ses disciples et une foule importante, un mendiant aveugle, Bartimée, fils de Timée, était assis au bord du chemin. 47 Il entendit que c'était Jésus le Nazaréen et se mit à crier&nbsp;: Fils de David, Jésus, aie compassion de moi&nbsp;! 48 Beaucoup le rabrouaient pour le faire taire&nbsp;; mais il criait d'autant plus&nbsp;: Fils de David, aie compassion de moi&nbsp;! 49 Jésus s'arrêta et dit&nbsp;: Appelez-le. Ils appelèrent l'aveugle en lui disant&nbsp;: Courage&nbsp;! Lève-toi, il t'appelle&nbsp;! 50 Il jeta son vêtement, se leva d'un bond et vint vers Jésus. 51 Jésus lui demanda&nbsp;: Que veux-tu que je fasse pour toi&nbsp;? — Rabbouni, lui dit l'aveugle, que je retrouve la vue&nbsp;! 52 Jésus lui dit&nbsp;: Va, ta foi t'a sauvé. Aussitôt il retrouva la vue et se mit à le suivre sur le chemin.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;"><strong>Prédication</strong></p>

<h4 style="text-align: justify;">«&nbsp;Dans le chemin, témoin...&nbsp;»</h4>

<p style="text-align: justify;">Quel texte surprenant que ce passage de Marc&nbsp;: à la fois texte charnière dans le cheminement vers la passion, tout autant récit de miracle que de mise en mouvement comme témoin. A la fois, très symbolique mais aussi si concret. Bref l’évangéliste Marc nous bouscule et nous fait cheminer dans notre texte comme dans notre foi.</p>

<p style="text-align: justify;">Commençons donc par donner quelques repères sur ce texte.</p>

<p style="text-align: justify;">Bartimée est, au bord du chemin, aveugle, mendiant misérable et coupable&nbsp;: en effet, toute maladie était considérée à cette époque comme une punition divine, excluante.</p>

<p style="text-align: justify;">Bartimée, handicapé à vie, rejeté et réduit à la mendicité, crie. Qu'attend-il&nbsp;? Tout simplement la charité…</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Fils de David, Jésus, aie compassion de moi !&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Bartimée, sans complexe, ne se laisse ni enfermer dans quelque honte, ni marginaliser. Lorsqu'on veut le faire taire, il crie de plus belle. Il ne reste pas soumis dans son coin, ni n’appelle dans les normes. Il s’engage totalement dans ce cri d’appel&nbsp;: il ose protester ainsi d'un passage de Jésus qui ne serait pas pour lui, il ose demander, il ose arrêter ce fils de David qu’il reconnaît.</p>

<p style="text-align: justify;">Bartimée agace, importune... et cela fonctionne&nbsp;: Jésus s'arrête&nbsp;! Et entre en dialogue d’abord par intermédiaire puis directement&nbsp;! Le dialogue avance&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus, de son côté, va adopter une attitude assez surprenante, et utiliser un procédé thérapeutique bien particulier.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Appelez-le&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Au lieu de le considérer comme un infirme impotent, dépendant... Jésus le fait venir à lui, le fait se redresser et marcher comme un homme ordinaire, le rétablit dans son statut social d'adulte capable de répondre... Il ne le considère pas comme incapable d'exister par lui-même.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Courage&nbsp;! Lève-toi, il t'appelle&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">L'homme hésite peut-être, en infirme qu’il est. Il hésite peut-être comme si témérité l’avait lâchée, comme s'il avait du mal à croire à sa propre demande… sortir de l’exclusion pour un geste de rencontre demande courage et précaution, et pourtant, galvanisé par cet appel relayé, Bartimée se lance…</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Il jeta&nbsp; son manteau, se leva d’un bond et vint vers Jésus&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Trois actions décisives transforment cet handicapé dépendant en un homme nouveau allant à la rencontre :</p>

<p style="text-align: justify;">jetant son manteau, il abandonne toute protection<br />
se levant d'un bond, il sort résolument de la fatalité léthargique de malade<br />
venant vers Jésus, il naît enfin à la vie sociale</p>

<p style="text-align: justify;">Ces actions décisives le placent en situation d'égalité et il peut entrer vraiment en relation avec Jésus, relevé.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Que veux-tu que je fasse pour toi&nbsp;?&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Ni charité, ni pitié. Jésus le rencontre dans sa pleine possibilité d'homme ordinaire, et l'invite à clarifier sa requête, sans plus crier sa souffrance de mendiant&nbsp;: quel est son désir, son souhait essentiel d'homme&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus l’aide ainsi à sortir de situation sociale stéréotypée de quémandeur opiniâtre dont on se débarrasse par une aumône pour avoir la paix. Bartimée est invité à quitter l’appel à la pitié par une formulation de son désir d'homme. Rétabli dans la relation, debout, cet être humain, bien qu’aveugle, devient capable de penser, de vouloir, d’exprimer une intention consciente,&nbsp; responsable. Ainsi il devient capable de formuler en mots un souhait précis.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Rabbouni, lui dit l'aveugle, que je retrouve la vue&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Tellement évident&nbsp;! Mais tellement important pour lui. Nous assistons à une véritable naissance, à l'éveil d'un être tout neuf dans sa mise en route engagée.</p>

<p style="text-align: justify;">Si nous attendions un miracle, il est là, lorsque cet homme prend lui-même en charge sa vie et sa personne, quand il abandonne sa quête d’aumône, quand il confie en toute confiance son espoir à Jésus, quand il formule en termes simples et directs sa souffrance d’homme. Quand il s’engage.</p>

<p style="text-align: justify;">En fait, rencontrant Jésus, cet homme Bartimée ose se projeter sur un chemin de guérison et d'autonomie. Enfin, il ose dire «&nbsp;je&nbsp;»... il existe enfin&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Va, ta foi t'a sauvé&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Va. Avance. Tu peux maintenant te prendre en main. Ta confiance t’a rendu capable et tu peux choisir ta route.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Aussitôt il retrouva la vue et se mit à le suivre sur le chemin.&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Bartimée est guéri, publiquement. Il voit le chemin qu’emprunte Jésus, il discerne donc le chemin vers le Père. Il a compris et adapte sa vie à celle de Jésus.</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus l’a renvoyé à sa propre vie, à ses choix, en lui redonnant dignité, courage et confiance, une vie débarrassée de toute cécité : Bartimée voit&nbsp;! Et Bartimée, lucide maintenant, va sur le chemin du Royaume, témoin engagé d’un Jésus attentif et discret, redevenu silencieux...</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Quelle bonne nouvelle ce texte peut nous amener aujourd’hui&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Notre découverte de ce passage de l’Evangile nous offre un cheminement lucide en trois points, me semble-t-il&nbsp;: une urgence, une réponse, une guérison qui nous engage.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">1/ Tout d’abord, une urgence</p>

<p style="text-align: justify;">Par sa vivacité de réaction et son opiniâtreté à bousculer tout le monde pour être sauver par sa foi et suivre Jésus, Bartimée nous indique l’urgence à se lever pour être avec Jésus dans notre monde, comme lui à accéder au monde des humains de son époque.</p>

<p style="text-align: justify;">Si Noël vient à peine de se terminer avec la naissance de cet enfant, incarnation de Dieu, n’oublions pas avec Bartimée que le chemin de la passion est déjà là. Nous n’avons pas de temps à perdre dans notre engagement à la suite de Jésus dans ce monde qui a soif d’espérance. Il y a urgence à annoncer cette Bonne nouvelle de la venue du Christ pour nous, comme ces autres témoins sur le chemin des Rameaux. Jubilons à la suite de cette invitation qui nous est aussi adressée&nbsp;: «&nbsp;appelez-le&nbsp;»&nbsp;! Nous aussi, jetons nos manteaux et levons-nous d’un bond pour venir dans le monde où Jésus nous attend, ce monde d’espérance où tout est possible. Il y a urgence à se saisir de cette joie et à l’annoncer avec force.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">2/ Ensuite, notre réponse</p>

<p style="text-align: justify;">N’oublions pas de nommer nos espérances de foi, car Jésus nous interpelle aussi aujourd’hui encore avec cette question «&nbsp;Que veux-tu que je fasse pour toi&nbsp;?&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">Est-ce un monde meilleur&nbsp;? Un monde de paix&nbsp;? Un monde d’amour&nbsp;? Un monde où je peux dire à mon tour aux plus plus petits que nous croisons cette question «&nbsp;que veux-tu que je fasse pour toi&nbsp;?&nbsp;»&nbsp;? Chacun de nous, au fond de son cœur, a une réponse. Bartimée, c’était de retrouver la vue, son essentiel pour lui permettre de suivre Jésus sans trébucher.</p>

<p style="text-align: justify;">Et nous quel est notre essentiel aujourd’hui&nbsp;? Ce texte nous invite à le formuler dans le secret de nos cœurs avec la même foi et la même conviction sans faille de Bartimée… et soyons assurés que nous déplacerons des montagnes&nbsp;! Et nous vivrons…</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">3/ Enfin, notre guérison qui nous engage</p>

<p style="text-align: justify;">Souvenons-nous que Bartimée a recouvré la vue. A sa suite, les disciples ont enfin ouvert les yeux sur leur maître Jésus. Et même si le cheminement a continué à être chaotique vers la passion, ils ont ouvert les yeux sur la réalité de l’appel de Jésus à faire d’eux des disciples sur le chemin de Pâques et au-delà, plus besoin de miracles et de silence autour de ses miracles&nbsp;: Jésus est là pour le monde&nbsp;; et ceux qui voient le suivent dans la joie d’un «&nbsp;Hosanna&nbsp;!&nbsp;» dit par tous aux Rameaux qui suit notre texte.</p>

<p style="text-align: justify;">Alors, nous aussi, la lumière de Noël nous a guéri de notre cécité, et Jésus nous a tendu la main et nous pouvons croire et le suivre.</p>

<p style="text-align: justify;">Il y a tant à faire dans le monde d’aujourd’hui&nbsp;: guéris pour oser risquer notre vie au-delà des conventions du monde, guéris pour oser vivre l’amour pour lequel notre Père nous a destinés, à l’image de ce Jésus de Nazareth.</p>

<p style="text-align: justify;">Nous ne sommes pas seuls pour œuvrer à embellir notre monde en aidant l’opprimé, le faible et le vulnérable. Le Père nous a donné une fois pour toutes le signe de sa proximité dans notre humanité et nos souffrances&nbsp;: son Fils Jésus qui est venu nous guérir sans fin, par son Esprit, de nos maux et nos cécités, pour que nous lui emboîtions le pas. Pour nous engager vraiment dans le monde.</p>

<p style="text-align: justify;">Ouvrons donc les yeux, ma sœur, mon frère, et réjouissons-nous de cette joie de l’enfant qui se sait adopté par son Père, fou d’amour, qui nous montre tendrement le chemin... nous met sur le chemin, témoin de l’Evangile.</p>

<p style="text-align: justify;">Soyons tous des Bartimée, témoins discrets, fraternels et... lucides&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Amen</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-01-06T10:27:42Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
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  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/deux-geants-un-nain-par-jacques-beurier">
    <title>"Deux géants, un nain" par Jacques Beurier</title>
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    <description>
        Prédication du dimanche 5 mai 2019, par Jacques Beurier
    </description>
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        <dc:title>"Deux géants, un nain" par Jacques Beurier</dc:title>
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    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Lectures :</p>

<ul>
	<li style="text-align: justify;">Exode 3, 1 à 6</li>
	<li style="text-align: justify;">Actes 9, 1 à 8</li>
	<li style="text-align: justify;">Luc 19, 1 à 6</li>
</ul>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Rencontrer Dieu&nbsp;: un thème &nbsp;très présent &nbsp;d’une façon assez paradoxale dans notre société&nbsp; déchristianisée. Un thème qui donne&nbsp; naissance à des témoignages abondants, à une littérature un peu naïve ou simpliste, parfois discutable, que l’on pourra trouver dans&nbsp; toutes les librairies bien pensantes&nbsp; ou surtout &nbsp;bien sûr sur Internet à la rubrique&nbsp; Jésus , ou Dieu&nbsp;: « Comment j’ai rencontré Dieu» ,&nbsp; «&nbsp;Comment j’ai rencontré&nbsp; Jésus» &nbsp;etc…. La rencontre avec Dieu est un sujet porteur.&nbsp; Le plus souvent ces témoignages font état d’une rencontre définitive, voire brutale dans un contexte parfois&nbsp; dramatique&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;j’étais malade… j’avais eu un grave accident … Je vivais dans le péché&nbsp; …j’étais désespéré pour telle ou telle raison… et Dieu m’est apparu, m’a aidé&nbsp;: j’ai rencontré Dieu.&nbsp;»<br />
&nbsp;Le caractère plus ou moins naïf de ces témoignages peut prêter à sourire ou même agacer, mais le plus souvent le fait est là&nbsp;: le bénéficiaire de cette rencontre a véritablement trouvé la foi, rencontré Dieu, et son témoignage, même naïf, doit être pris en considération. Ne le méprisons pas du haut de notre rationalité, de notre intelligence supérieure.<br />
Les trois textes que nous avons lus , des textes bien connus,&nbsp; trop connus diront certains, mettent en scène trois héros de la Bible, bien différents et qui pourtant tous trois , chacun à leur manière me paraissent susceptibles d’alimenter notre réflexion sur cet&nbsp; évènement essentiel , un évènement qui nous concerne tous : la rencontre avec Dieu .</p>

<p style="text-align: justify;">Revenons aux faits&nbsp;:<br />
Moïse tout d’abord, un hébreu élevé comme un prince. Impulsif, passionné de justice au point de tuer. Moïse qui ne se sent absolument pas une vocation de chef, de leader. Moïse qui&nbsp; ne sait&nbsp; pas parler, &nbsp;qui bafouille &nbsp;lamentablement. Moïse va rencontrer Dieu dans le buisson ardent.</p>

<p style="text-align: justify;">Cette rencontre, qu’il n’a pas voulue, le terrifie et son premier geste est de cacher son visage, de fermer les yeux car, nous dit la Bible&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Il craignait de regarder Dieu&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">Un début pas très brillant pour le futur chef du peuple élu. Comme bien d’autres, &nbsp;Moïse se battra pied à pied pour refuser la mission de Dieu, puis il obéira&nbsp;: on ne résiste pas à Dieu, mais auparavant il aura osé poser&nbsp; cette question&nbsp;«&nbsp;: S’ils me demandent quel est ton nom , que répondrai-je&nbsp;?&nbsp;»&nbsp; En clair&nbsp;, c’est lui qui demande &nbsp;«&nbsp;Qui es-tu Seigneur&nbsp;?&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Frères et Sœurs&nbsp; vous connaissez &nbsp;tous la réponse &nbsp;que fait Dieu. La commenter nous emmènerait&nbsp; trop loin . &nbsp;Aujourd’hui , ce qui nous intéresse c’est la question.</p>

<p style="text-align: justify;">A l’autre bout de la Bible, Saint-Paul ou plutôt Saoul, Saoul de Tarse. Un affreux personnage, un tueur, complice, au moins passif, du meurtre d’Étienne, persécuteur professionnel des chrétiens, un homme qui, nous dit la Bible&nbsp;«&nbsp;respire la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur.&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Un sale type, l’équivalent antique d’un membre de la Gestapo. Et &nbsp;pourtant &nbsp;Dieu va le choisir pour répandre sa parole dans le monde entier. Saoul va devenir Paul, &nbsp;l’athlète de Dieu. Lui aussi pose cette question&nbsp;: «&nbsp;Qui es-tu Seigneur&nbsp;?&nbsp;»<br />
Deux géants de la Bible&nbsp;: Moïse fonde un peuple. Paul fonde la plus grande religion de tous les temps. Pour eux tout commence par une rencontre et une interrogation&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Et à côté de ces deux géants, un petit, un minable&nbsp;: Zachée. Aucune envergure, ni physique&nbsp;: il est tout petit, &nbsp;ni morale&nbsp;: il collabore médiocrement mais sans scrupules avec l’envahisseur. Il est devenu riche sur le dos de ses frères.</p>

<p style="text-align: justify;">Et&nbsp; c’est lui que Jésus va &nbsp;chercher, c’est lui qui accueillera &nbsp;le Seigneur dans sa demeure ce soir-là&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">À la différence de Moïse ou de Paul, Zachée fait une carrière biblique très discrète&nbsp;: il n’apparaît que dans ces quelques versets&nbsp; de Luc, mais quels versets&nbsp;! Nous n’en entendrons jamais plus parler. Zachée disparait après avoir reçu le Christ &nbsp;chez lui.</p>

<p style="text-align: justify;">Trois héros apparemment bien différents et dont la réunion peut paraître artificielle.<br />
Et pourtant tous trois &nbsp;ont vécu la même aventure&nbsp;: ils ont rencontré Dieu. Ils ont vu Dieu. Ils ont eu ce privilège incroyable, et cette rencontre a transformé leur vie.</p>

<p style="text-align: justify;">Dans l’aventure de Paul et dans celle de Moïse&nbsp; on trouve bien des similitudes&nbsp;: Dieu leur &nbsp;apparaît sans qu’ils aient rien demandé : Moïse garde les troupeaux de son beau-père au Mont Horeb, en pensant, nostalgique, à son Égypte natale qu’il a dû fuir. Paul ne pense qu’à massacrer les chrétiens. Pour l’un comme pour l’autre la rencontre avec Dieu &nbsp;n’est certes pas un objectif prioritaire.</p>

<p style="text-align: justify;">Pour Moïse comme pour Paul, cette rencontre est &nbsp;un événement dérangeant, non désiré, &nbsp;qui se déroule dans un contexte cataclysmique ou pour le moins surnaturel, terriblement violent pour Paul, totalement incompréhensible et angoissant &nbsp;pour Moïse.<br />
Ni l’un ni l’autre n’ont la possibilité de se soustraire aux exigences de Dieu. La foi leur&nbsp; est, si l’on peut dire inculquée &nbsp;manu militari. Ils doivent accepter la mission qui leur est confiée. Comment ne pas croire, comment ne pas obéir, quand un éclair vous flanque par terre ou quand vous êtes le témoin d’un phénomène aussi étrange, aussi inquiétant que le buisson ardent&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Autre similitude&nbsp;: pour tous deux la rencontre avec Dieu s’accompagne d’une perte de la vue&nbsp;: Moïse se cache le visage car «&nbsp;il craint de regarder Dieu&nbsp;». Paul devient carrément aveugle. Dans les deux cas la signification de cet événement est la même&nbsp;: Paul, comme Moïse, ne peut supporter la vue de Dieu. Pour ces deux futurs géants de la parole de Dieu, la vision de Dieu est proprement insupportable. On&nbsp; ne peut voir&nbsp; Dieu et continuer de vivre .Moïse et Paul n’ayant pas demandé à rencontrer Dieu ne veulent pas le voir et quand il se manifeste au milieu des flammes ou du tonnerre, &nbsp;ni leurs yeux ni leur cœur ne sont prêts à cette rencontre et ils ne la supportent pas.</p>

<p style="text-align: justify;">Et Zachée, le petit Zachée, qu’en est-il pour lui&nbsp;? Eh bien le petit Zachée, lui aussi voit le Seigneur mais pour lui tout se passe &nbsp;d’une façon bien différente&nbsp;: s’il le voit , &nbsp;c’est qu’il a voulu le voir. Il a même dû se battre pour le voir, piquer un sprint&nbsp; pour être le premier sur le chemin et, oubliant le personnage important qu’il est , ou qu’il croit être, oubliant sa dignité de notable, il a dû grimper à l’arbre, &nbsp;comme un gamin, &nbsp;pour voir Jésus et, la suite nous l’apprendra, &nbsp;être vu par lui, être repéré.</p>

<p style="text-align: justify;">Ici nous sommes loin du contexte dramatique de la montagne d’Horeb ou du chemin de Damas.</p>

<p style="text-align: justify;">Ici pas de drame, un épisode presque comique&nbsp;: Nous sommes à Jéricho , petite ville de province , &nbsp;Jésus avance au milieu de la foule de ses supporters. M. le percepteur perd la raison, pète les plombs, court comme un fou, grimpe aux arbres. Pour quelqu’un qui&nbsp; était déjà mal vu de ses concitoyens, &nbsp;cela ne risque pas d’arranger les choses.<br />
&nbsp;Et bien non justement, Zachée était peut-être mal vu de ses concitoyens, &nbsp;mais en faisant cela, &nbsp;il a été vu, et bien vu, &nbsp;à tous les sens du terme par celui qui seul&nbsp; lui importait,&nbsp; celui qui, comme lui, se moque des convenances, du qu’en-dira-t-on&nbsp;? Celui qu’il &nbsp;a souhaité passionnément voir et à la rencontre duquel il a couru poussé par on ne sait quelle curiosité ou plutôt , à mon sens &nbsp;répondant à je ne sais quel appel.</p>

<p style="text-align: justify;">Zachée, à la différence de Moïse ou de Paul ne pose aucune question . Il est là , muet , tout petit dans son arbre . Il garde les yeux grands ouverts. Il a compris que voir Dieu, le rencontrer , ce n’est pas&nbsp; prendre &nbsp;un risque de mort, c’est au contraire prendre un risque de vie. Dans la bible hébraïque nul ne peut contempler la face de Dieu sans périr. Zachée, lui, veut voir le Sauveur, c’est pour cela qu’il a couru à sa rencontre&nbsp;: sans le savoir Zachée, fils d’Abraham, &nbsp;annonce la nouvelle loi. Cette rencontre de Zachée et du Christ , c’est la rencontre de deux volontés&nbsp;:&nbsp; celle du Christ, qui &nbsp;va vers Zachée , qui lève les yeux vers lui , qui l’appelle par son nom «Zachée, &nbsp;hâte-toi de descendre&nbsp;», qui lui parle à lui le collabo&nbsp;; mais il y a aussi&nbsp; la volonté de Zachée &nbsp;voulant à tout prix voir Jésus, et &nbsp;qui ne craint pas d’adopter un comportement extravagant pour voir celui dont il sait qu’il va changer sa vie.</p>

<p style="text-align: justify;">Cette rencontre ne s’accompagne d’aucun éclair, d’aucun phénomène surnaturel à grands spectacle.&nbsp; Elle est parfaitement &nbsp;humaine. &nbsp;Pour Zachée , pas de mission&nbsp; grandiose, pas de peuple à délivrer et à conduire, pas de souverain a défier. &nbsp;Il ne s’agit pas de libérer un peuple, &nbsp;de fonder une religion,&nbsp; d’évangéliser le &nbsp;monde , de partir à Rome ou ailleurs. Non, &nbsp;seulement une évidence&nbsp;: l’évidence de la rencontre , et c’est &nbsp;à lui, Zachée , qu’il est réservé d’entendre en direct, de la bouche même du Sauveur, le message de Dieu, la Bonne Nouvelle par excellence, celle qui &nbsp;peut changer toute vie, celle qui va changer le monde&nbsp;: « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »</p>

<p style="text-align: justify;">Que&nbsp; ne donnerions-nous pas,&nbsp; nous aussi, &nbsp;pour recevoir le Christ chez nous, et l’entendre nous dire, à nous,&nbsp;«&nbsp;C’est moi. Je viens chercher et sauver ce qui est perdu.&nbsp;»&nbsp; Voir Dieu, rencontrer Dieu, n’est-ce pas le but de notre vie&nbsp;? rappelons-nous le cri de Job, ce cri d’espérance&nbsp; venu du fond de la détresse, ce cri que nous avons fait nôtre à Pâques&nbsp;: «&nbsp;Je sais , moi , que mon Rédempteur est vivant, Job qui ajoute&nbsp;;&nbsp;«&nbsp;je sais&nbsp; qu’il se lèvera le dernier sur la poussière après que ma peau aura été détruite,&nbsp; &nbsp;je verrai Dieu , moi , je le verrai, mes yeux le verront , et non pas un autre .&nbsp;»&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Nombreux, je l’ai dit, &nbsp;sont ceux qui pensent avoir rencontré Dieu, revivant souvent &nbsp;&nbsp;plus ou moins ce qu’a vécu Paul. &nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Malheureusement, pour la majorité d’entre nous, cette rencontre avec Dieu ne se passe en général pas ainsi. Nous ne sommes pas Moïse nous ne sommes pas Saint-Paul, &nbsp;il nous faut l’accepter. Nous sommes bien plus proches de Zachée. Bien sûr, nous ne collaborons pas avec l’occupant. Bien sûr nous ne volons pas, enfin pas trop, nos concitoyens, &nbsp;mais , comme lui, &nbsp;nous nous accommodons du mieux que nous pouvons du mal qui nous entoure et, sans être de grands criminels, &nbsp;nous ne nous refusons pas un petit mensonge par-ci, une petite trahison par-là.</p>

<p style="text-align: justify;">Comme Zachée, fils d’Abraham, nous avons été présentés à Dieu. Nous avons, pour la plupart d’entre nous entendu parler de lui, parfois fort bien, dans notre enfance, lors de notre instruction religieuse, mais nous savons hélas &nbsp;que cela ne crée pas forcément les conditions &nbsp;d’une véritable rencontre avec Dieu.<br />
&nbsp;Cette rencontre avec Dieu, nous pouvons espérer qu’elle nous soit imposée d’une manière dramatique, explosive, sans réplique, aveuglante, mais il me paraît à moi plus sûr, et je crois beaucoup plus beau, qu’elle soit le fruit de notre volonté&nbsp;: Jésus vient vers nous, nous devons aller vers lui. Telle est notre grandeur. Nous devons descendre de notre arbre pour nous tenir devant lui, face à notre Dieu, tels que nous sommes. «&nbsp;Coram Deo , face à Dieu&nbsp;»,disait Luther en deux mots qui résument toute sa pensée .</p>

<p style="text-align: justify;">Zachée a voulu voir Jésus. Il a couru vers lui, il a grimpé au sycomore.<br />
&nbsp;Devons-nous, nous aussi, nous mettre à courir, à escalader les arbres, à avoir des comportements extravagants&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Pourquoi pas après tout&nbsp;? Mais il existe des moyens plus simples d’aller au-devant du Christ &nbsp;et de prendre de la hauteur pour mieux le rencontrer&nbsp;; notre course au-devant de Jésus, &nbsp;c’est la prière&nbsp;: par la prière nous nous mettons en position d’attente, nous nous mettons en embuscade sur sa route. Prier c’est aller au-devant du Seigneur, essayer de le voir, d’être vu par lui.&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Quant au sycomore notre sycomore à nous, qui nous permet de surmonter nos handicaps, de nous élever au-dessus de la foule, d’accéder à la vue et à la parole de Jésus, ce sycomore s’appelle &nbsp;Mathieu, Marc, Luc, Jean, &nbsp;ou Paul…&nbsp; et tant d’autres . En lisant l’Evangile, en écoutant ce qu’il nous annonce , la Bonne Nouvelle, nous aussi nous entendons les mots de Jésus : «&nbsp;Le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu&nbsp;.&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Quant à la question &nbsp;de Paul et de Moïse &nbsp;«&nbsp;qui es-tu Seigneur&nbsp;?&nbsp;» , alors là , &nbsp;je crois que le mieux est de faire comme Zachée&nbsp;: ne pas la poser , et même ne pas se la poser&nbsp;: Dieu n’est pas accessible&nbsp; à notre pauvre intelligence&nbsp; terrestre&nbsp;. Hormis peut-être le cas de quelques grands mystiques , que nous ne sommes pas , cette réponse ne nous sera donnée&nbsp; que quand , comme Job , notre chair aura été détruite et&nbsp; que&nbsp; de nos yeux nous verrons&nbsp; Dieu . Mais Jésus nous&nbsp; a donné une réponse , concrète , susceptible d’être mise en œuvre ici-même chaque jour de notre vie&nbsp;: «&nbsp;Je suis celui que tu croises sans le voir et &nbsp;sans l’entendre , celui qui a faim et que tu ne nourris pas , celui qui est nu et que tu ne vêts pas .&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Oublions internet. N’attendons pas un nuage de feu , une lueur aveuglante. La vraie grandeur c’est celle de l’homme modeste, du petit percepteur qui ne va pas changer le monde mais qui fait tout pour rencontrer Dieu, &nbsp;qui ,sans cesse, comme Augustin , cherche son visage ,car l’important n’est pas de trouver Dieu mais de le chercher toujours et sans cesse&nbsp; et , quand on &nbsp;l’a rencontré , de se tenir devant lui &nbsp;tel qu’on est , de l’accueillir , ou plutôt d’être accueilli par lui. &nbsp;Zachée ne pose pas la &nbsp;question&nbsp;: «&nbsp;Qui es-tu Seigneur&nbsp;?&nbsp;» D’emblée il a reconnu&nbsp; le Sauveur . Zachée, le nain, &nbsp;est plus grand par la foi &nbsp;que les deux géants Moïse et Paul.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;Rencontrer Dieu, oui cela est possible, mais que ce soit le fruit de notre volonté, que ce soit nous qui allions au-devant du Christ&nbsp; par la prière, par l’écoute de sa parole par notre attention à ceux que nous croisons sans les voir. Que ce soit nous, qui nous mettions sur son passage&nbsp;: alors il lèvera les yeux vers&nbsp; nous, son regard croisera le nôtre. Nous l’entendrons nous dire&nbsp;:<br />
&nbsp;« Il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison »&nbsp;: Christ demeurera en nous . Y a-t-il une plus belle définition de la Foi&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Chercher Dieu, c’est déjà être touché par la grâce. Zachée, &nbsp;avant même de se mettre à courir avait été appelé par Jésus .&nbsp; « Tu ne me chercherais pas, dit Pascal, si tu ne m’avais déjà trouvé&nbsp;»&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme Moïse avant lui,&nbsp; comme Paul après lui , il a bénéficié, sans le savoir, &nbsp;sans éclat, sans nuée aveuglante, du vrai miracle de la foi donnée&nbsp;: cela s’appelle la grâce.</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus passe. Il lève les yeux vers nous. Son regard croise notre regard. Il nous fait signe. Il nous appelle par notre nom. L’évidence est là. &nbsp;Nous avions cru le chercher. En partant à sa rencontre, nous répondons déjà à son appel.&nbsp; AMEN</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2019-05-16T12:58:52Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/dieu-de-vie">
    <title>"Dieu de vie"</title>
    <link>https://www.epupl.org/actualites/dieu-de-vie</link>
    <description>
        Prière du pasteur Olav Fykse Tveit, Secrétaire Général du Conseil Œcuménique des Eglises
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/dieu-de-vie/image_thumb">
        <dc:title>"Dieu de vie"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p><em>Dieu de vie<br />
tu nous as promis d’être à nos côtés jour après jour,<br />
y compris aux heures les plus sombres, comme celles que nous vivons aujourd’hui.<br />
Donne-nous<br />
de garder l’esprit clair,<br />
la force de poursuivre notre travail et notre discernement,<br />
le repos dans notre sommeil,<br />
et la paix de l’âme.<br />
Sois aux côtés de celles et ceux<br />
qui ont davantage besoin d’aide<br />
que nous,<br />
aide-nous à percevoir les dons d’amour que nous pouvons faire<br />
en puisant dans Ton amour.</em></p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-04-03T10:12:50Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-du-culte-du-dimanche-17-mai-2020">
    <title>"Donne-nous la prière" - Texte du culte du Dimanche 17 mai 2020</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-du-culte-du-dimanche-17-mai-2020</link>
    <description>
        Thème de la prédication : "Donne-nous la prière", par le pasteur Christian Baccuet
    </description>
    
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span class="texte1">Donne-nous la prière</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>Pentemont-Luxembourg, 17 mai 2020. Culte vidéo.</strong></p>

<p><strong>Avec les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof, et Christine, Nathalie, Héloïse, Marie, Jean, Alienor, Achille, Ulysse.</strong></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Accueil et salutation&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Bienvenue.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous voici au bout de la première semaine de déconfinement. Pour certains d’entre nous, c’est une libération&nbsp;; pour d’autres, une déception&nbsp;; pour d’autres encore, une amplification d’inquiétude&nbsp;; pour d’autres, cela ne change pas grand-chose. Pour beaucoup, c’est un peu de tout cela à la fois. Qu’est-ce qui peut nous aider à tenir dans cette période si longue, si incertaine, si compliquée&nbsp;?</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Que ce temps de pause nous permette de poser ce qui nous encombre. Que ce temps de prière nous aide à prendre du recul, de la force. Que la grâce et la paix de Dieu soit sur nous, en Jésus-Christ&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Nous prions.</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Avant de te prier, Seigneur, je mets de côté mes chaussures, mes projets, mes ambitions.</p>

<p>Je détache la montre de mon bras, mon programme, l’impatience qui me fait aller toujours trop vite.</p>

<p>J’enlève mes lunettes, mes jugements sur tout et sur les autres, mes avis, mes points de vue.</p>

<p>J’ôte le stylo de ma poche, mon travail, tout ce dont j’encombre mes journées et qui est parfois inutile.</p>

<p>Je pose mes clefs, ma sécurité.</p>

<p>Pour être seul avec toi, toi le seul vrai Dieu, pour t’écouter, pour te contempler, pour t’adorer, pour te louer.</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Louange&nbsp;(Christine)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur et Père, me voici devant toi,&nbsp;</p>

<p>et je ne sais pas te prier.</p>

<p>Je m’en veux, Seigneur,&nbsp;</p>

<p>de ne pas pouvoir me concentrer sur toi,&nbsp;</p>

<p>de toutes mes pensées qui se dispersent,&nbsp;</p>

<p>de mes désirs qui vagabondent,&nbsp;</p>

<p>de mes paroles désordonnées,&nbsp;</p>

<p>de tout ce que je ne maîtrise pas.</p>

<p>Mais je sais, je crois que tu te soucies de tout cela, puisque tu prends soin de moi.</p>

<p>Alors je veux transformer en prière tout ce qui m’habite,&nbsp;</p>

<p>tout ce qui m’agite,&nbsp;</p>

<p>tout ce qui me sollicite,&nbsp;</p>

<p>tout ce qui traverse mon esprit.</p>

<p>Ce souci, Seigneur, je te le dis,&nbsp;</p>

<p>et cette blessure, et cette honte,&nbsp;</p>

<p>et cette crainte,&nbsp;</p>

<p>et ce que j’ai de si urgent à faire,&nbsp;</p>

<p>et ce que je n’ai pas encore fait…&nbsp;</p>

<p>Je rassemble tout maintenant,&nbsp;</p>

<p>je le recueille et je te le présente.</p>

<p>Mets de l’ordre dans mes pensées et dans mes désirs,&nbsp;</p>

<p>pour que je puisse recueillir ta Parole,&nbsp;</p>

<p>ta Présence, ta Paix,</p>

<p>ta Force, et ton Amour[1].</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Chant – AEC 239, 1-2-3-4&nbsp;: Ecoute, entends la voix de Dieu&nbsp;(Au piano et au chant&nbsp;: Andreas Lof)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1- Ecoute, entends la voix de Dieu :</p>

<p>À celui qui a soif,</p>

<p>Il vient se révéler.</p>

<p>Ecoute, que tout en toi se taise.</p>

<p>Que tout en toi s’apaise,</p>

<p>Et que parle ton Dieu.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>2- Ecoute, laisse là ton souci.</p>

<p>Que se taisent les mots,</p>

<p>Que s’éloignent les cris.</p>

<p>Ecoute, Dieu sème sans compter.</p>

<p>Sa Parole est le pain</p>

<p>Qui vient nous rassasier.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>3- Ecoute, Dieu t’invite au désert,</p>

<p>Au silence du cœur,</p>

<p>À la source sans fin.</p>

<p>Ecoute, il se tient à la porte,</p>

<p>Il frappe, et bienheureux</p>

<p>Celui qui ouvrira.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>4- Ecoute, Dieu passe près de toi</p>

<p>Dans la brise légère,</p>

<p>Dans le vent de l’Esprit.</p>

<p>Ecoute, tu es aimé de Dieu.</p>

<p>Tu es choisi de Dieu ;</p>

<p>Il veut pour toi la vie.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prière avant d’ouvrir la Bible&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous allons lire la Bible.&nbsp;</p>

<p>Par elle, tu t’adresses aujourd’hui même à nous.&nbsp;</p>

<p>Préserve-nous de la distraction.&nbsp;</p>

<p>Préserve-nous d’entendre&nbsp;</p>

<p>les textes que nous connaissons déjà&nbsp;</p>

<p>comme des redites qui ne nous atteignent plus.&nbsp;</p>

<p>Dispose-nous, au contraire,&nbsp;</p>

<p>à recevoir ce que tu nous dis&nbsp;</p>

<p>comme la terre fertile reçoit le grain.</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Lecture de l’Evangile&nbsp;: Matthieu 6, 5-13&nbsp;(Nathalie). Traduction «&nbsp;Parole de Vie&nbsp;»</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>5Quand vous priez, ne faites pas comme les hommes faux. Ils aiment prier debout, dans les maisons de prière et au coin des rues, pour que tout le monde les voie. Je vous le dis, c'est la vérité : ils ont déjà leur récompense.&nbsp;6Mais toi, quand tu veux prier, va dans la pièce la plus cachée de la maison. Ferme la porte et prie ton Père qui est là, même dans cet endroit secret. Ton Père voit ce que tu fais en secret et il te récompensera.&nbsp;</p>

<p>7Quand vous priez, ne parlez pas sans arrêt, comme ceux qui ne connaissent pas Dieu. Ils croient que Dieu va les écouter parce qu'ils parlent beaucoup.&nbsp;8Ne faites pas comme eux. En effet, votre Père sait ce qu'il vous faut, avant que vous le demandiez. »&nbsp;</p>

<p>9Vous devez donc prier de cette façon :</p>

<p>«&nbsp;Notre Père qui es dans les cieux, ton nom est saint. Fais que tout le monde le connaisse !&nbsp;10Fais venir ton Royaume. Fais que ta volonté se réalise sur la terre comme dans le ciel.&nbsp;11Donne-nous aujourd'hui le pain qu'il nous faut.&nbsp;12Pardonne-nous le mal que nous avons commis, comme nous pardonnons</p>

<p>à ceux qui nous ont fait du mal.&nbsp;13Et ne permets pas que nous soyons tentés. Mais libère-nous de l'esprit du mal.&nbsp;»</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Début de la Partita n° 2 de Bach&nbsp;(Au violon&nbsp;: Alienor)</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prédication&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>Derrière moi, un tableau que vous connaissez bien maintenant, puisqu’il sert de décor à tous nos cultes depuis le 22 mars. C’est un tableau que l’artiste, Anne-Laure Lavagna, a prêté à notre paroisse. Ce tableau est beau, mais il est aussi plein de sens. Il s’appelle «&nbsp;la prière&nbsp;», et il n’y a pas mieux que l’artiste elle-même pour nous expliquer son œuvre.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Présentation du tableau par l’artiste</span></p>

<p>Par ce tableau et les paroles de l’artiste, nous sont dits des éléments essentiels de la prière&nbsp;: elle est passage de l’ombre à la lumière, elle est centrée sur la Parole lue dans l’amour, elle est portée dans l’Esprit Saint, elle ouvre un espace de bénédiction et de promesse…</p>

<p>Ainsi comprise, la prière est essentielle à la vie, comme le fait de boire et de respirer. Elle est nécessaire.&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">La prière est au cœur de la vie de foi, c’est évident, mais… car il y a un mais.</span></p>

<p>Un sacré «&nbsp;mais&nbsp;»… C’est qu’il n’est pas facile de prier&nbsp;! Pas facile de trouver des mots. Pas facile de trouver un espace dans notre vie, un espace physique ou un espace temps. Pas facile d’être disponible. Plus fondamentalement, pas facile, parfois, de ressentir le besoin de prier, ou l’envie, ou quelque chose pendant que l’on prie. Moins évident encore, pas toujours facile de savoir à qui on s’adresse quand on dit «&nbsp;tu&nbsp;». Et plus douloureux, on peut ne plus y croire, à force de déception, de demandes pas exaucées ou d’impression d’avoir imploré dans le vide…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Comment prier&nbsp;? C’est la question que les disciples de Jésus lui ont posée, un jour. Dans l’évangile de Luc, ils la lui posent juste après la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie, dont Lionel nous a parlé lors du culte de dimanche dernier, vous savez, ces deux sœurs qui le reçoivent chez elles, l’une s’affairant aux travaux ménagers et l’autre disponible aux pieds du Seigneur pour écouter son enseignement&nbsp;; c’est cette dernière, dit Jésus, qui a choisi la meilleure part, l’écoute plutôt que l’agitation et l’inquiétude. Après cela, les disciples voient Jésus prier, et (une fois qu’il a fini, car ils sont polis&nbsp;!), ils lui demandent «&nbsp;Seigneur, enseigne-nous à prier&nbsp;». Et Jésus leur apprend une prière, celle que nous appelons «&nbsp;Notre Père&nbsp;» (Luc 11, 1-4). Cette prière nous est aussi rapportée dans l’évangile de Matthieu, au cœur d’un long enseignement de Jésus à ses disciples, que l’on surnomme le «&nbsp;sermon sur la montagne&nbsp;» (sermon pas dans le sens de sermonner, reprocher, mais dans le sens d’enseigner, de donner de quoi grandir dans la foi. Matthieu ne rapporte pas la question des disciples, mais il donne une précision que ne donne pas Luc, quelques phrases avant le texte du Notre Père. C’est le passage que Nathalie nous a lu. Un passage très riche d’enseignement sur la prière. Tellement riche, qu’on pourrait y passer des heures&nbsp;; rassurez-vous, je vais essayer de faire plus court&nbsp;! On pourrait surtout y passer une vie, tant cette manière de nous apprendre ce qu’est la prière est une invitation formidable, profonde, ressourçante. Je ne vais partager avec vous que quelques dimensions particulières, partielles, subjectives. Ce que ce texte évoque pour moi, aujourd’hui, sur la prière.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>D’abord, Jésus dit ce que n’est pas la prière. Ce sont les phrases que l’on trouve chez Matthieu et pas chez Luc. Il dit que la prière, ce n’est pas se montrer en public, pour qu’on nous admire, qu’on dise de nous qu’on est un bon croyant, comme si on pouvait classer les croyants, comme si on pouvait dire qui le mieux&nbsp;! Non, dit Jésus, ça c’est de l’hypocrisie. Quand tu pries, c’est dans l’intimité de ta chambre, porte fermée, dans le secret, c’est-à-dire seul à seul avec Dieu dans une conversation intime. La prière est personnelle, subjective, diverse, ça ne regarde pas les autres. Ce n’est pas un concours, même si, hélas, les croyants, les religions, les Eglises, tombent facilement dans ce travers…</p>

<p>Jésus dit aussi que la prière, ce n’est pas aligner des mots, un flot de paroles, un catalogue de demandes. Cela, dit Jésus, c’est ce que font ceux qui ne croient pas en Dieu, ils s’imaginent que plus on va prier, plus Dieu va nous écouter. Mais non, Dieu n’a pas besoin d’être saoulé par tes paroles, il sait déjà de quoi tu as besoin avant même que tu le demandes&nbsp;! A la limite, pas besoin de paroles, car Dieu sait ce que nous ressentons (pas comme un espion mais comme un amoureux qui sait ce que l’autre ressent).</p>

<p>La prière, c’est tout simple, finalement. Pas un concours d’hypocrites, pas un flot de paroles. Pas une récitation de formules ou l’exercice d’un rite, mais une présence, seul à seul, simple, sobre, avec Dieu, comme avec un ami.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Cela me fait penser à un adolescent, au catéchisme, il y a quelques années, qui m’a dit&nbsp;: «&nbsp;moi je ne prie jamais&nbsp;», puis quelques minutes plus tard&nbsp;: «&nbsp;j’aime bien parler à Dieu&nbsp;». Pour lui, «&nbsp;prier&nbsp;»&nbsp;c’était réciter des prières, des phrases toutes faites, des formules, un acte religieux, rituel, et cela ne lui disait rien&nbsp;; mais «&nbsp;parler&nbsp;» à Dieu comme on parle à un ami, alors ça, oui. Sans s’en rendre compte, ce jeune, ce jour-là, faisait un beau témoignage sur la prière. Une conversation, un dialogue, un échange. Quelques mots, tout simples.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Pour cela, Jésus nous indique les mots qui peuvent porter notre prière. Il enseigne le «&nbsp;Notre Père&nbsp;». Prière courte, prière de relation. Elle commence par deux mots essentiels. Notre Père. En grec, cela se dit Père de nous. Le premier mot est&nbsp;«&nbsp;Père&nbsp;». Prier, c’est s’adresser à Dieu comme à un père. Je sais que dans l’expérience humaine, dans la diversité de nos existences, il en est pour quoi le père est une figure négative, synonyme d’abus, d’écrasement, ou d’absence. Ici, dans la prière de Jésus, le nommer Dieu Père, c’est tout le contraire&nbsp;: pas un juge qui condamne et fait peur, pas un absent qui abandonne, mais une personne à qui l’on peut se confier en toute sécurité, qui aime inconditionnellement, qui aide à grandir. Appeler Dieu Père, c’est dire cette relation de confiance qui porte toute prière. Parle à quelqu’un qui écoute. Père «&nbsp;de nous&nbsp;». Pas notre Père dans le sens d’une possession, tu es à nous et pas aux autres&nbsp;! Mais dans le sens d’un partage, mon Père et aussi le Père d’autres, qui ainsi sont mes frères et sœurs. Même dans le secret du cœur, quand je prie Dieu je suis en communion avec mes frères et sœurs qui le prient aussi&nbsp;; nous avons le même père, notre Père. La prière est tout à la fois personnelle et communautaire&nbsp;; c’est pourquoi on peut parler à Dieu seul dans sa chambre comme au milieu de frères et sœurs dans un culte, dans un groupe, dans une visite.&nbsp;</p>

<p>Puis Jésus déroule les paroles du Notre Père. Pas le temps ici de les détailler, simplement remarquer que tout est dit dans cette prière, toutes les dimensions de la prière&nbsp;: louange (Que ton nom soit glorifié), invocation (que ton règne vienne), demande de pardon (pardonne-nous nos offenses), engagement (comme nous pardonnons aussi), intercession (donne-nous notre pain de ce jour), appel au secours (ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal)…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>C’est parce qu’elle contient, en peu de mots, toutes les facettes de la prière, que nous prions ensemble le Notre Père à chaque culte. Avec un risque…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le risque de la récitation, le risque que ces paroles deviennent un rituel, un par-cœur vide de sens, quand ce n’est pas une punition comme cela l’a été parfois (réciter tant de fois le Notre Père pour purger une faute&nbsp;!!!).</p>

<p>Jésus ne donne pas cette prière pour enfermer la prière des disciples, mais pour les accompagner dans leur vie chrétienne.&nbsp;&nbsp;Ce n’est pas une norme, mais un axe, pour que se greffent dessus nos propres paroles. Car c’est bien une relation entre deux personnes qu’exprime la prière, relation entre moi et Dieu, je te prie. Cette relation est forcément personnelle, subjective, singulière. Elle s’exprime pour chacun à sa manière, chacun de nous avec nos propres mots. Une des plus belles prières dans la Bible est pour moi celle des deux disciples qui, le soir de Pâques, s’éloignent de Jérusalem dans le doute et la déception, qui sont rejoint par un inconnu qui leur parle de la Bible et leur annonce l’Evangile, et à qui ils disent, quand le soir tombe, tout simplement, tout authentiquement, sans savoir vraiment que c’est le Seigneur, trois mots&nbsp;: reste avec nous. Prière de toute une vie d’être humain en quête de Dieu, en chemin, sentant que le Christ est là mais sans forcément pouvoir le certifier, mais qui souhaitent qu’il reste avec nous.</p>

<p>Jésus ne nous donne pas cette prière pour nous enfermer sur nous-même, dans une solitude au sein d’un monde déjà bien assez individualiste&nbsp;; je l’ai déjà dit&nbsp;: en priant «&nbsp;notre&nbsp;» père, nous partageons notre prière avec d’autres, pour qui nous pouvons prier, qui prient pour nous.</p>

<p>Jésus ne nous donne pas cette prière pour nous enfermer dans des mots mais pour nous ouvrir à une présence. Prier, ce n’est pas forcément parler, c’est avant tout se taire, faire taire en nous tout ce qui nous parasite, se rendre disponible, écouter. Prier est une relation, c’est dire mais c’est recevoir. C’est partager, avec Dieu&nbsp;!</p>

<p>Voilà pourquoi la prière est quelque chose d’essentiel et d’émouvant&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Mais trois difficultés, dans notre existence croyante, dans notre dialogue avec Dieu.</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>La première, c’est la question de l’exaucement. Question complexe, car d’un côté on a tous plus ou moins l’expérience de quelque chose que l’on a demandé et pas reçu, et d’un autre côté on a une autre parole de Jésus qui dit «&nbsp;si vous croyez, vous recevrez tout ce que vous demandez dans la prière&nbsp;» (Matthieu 21, 22), ou encore&nbsp;: «&nbsp;si deux d’entre vous s’accordent pour demander quoi que ce soit dans le prière, mon Père le leur donnera&nbsp;» (Matthieu 18, 19). Tout ce qu’on demande&nbsp;? Jésus ne parle pas de tout ce que l’on désire, commande ou exige, mais de tout ce que l’on demande dans la foi («&nbsp;si vous croyez&nbsp;»). Dans la foi, c’est-à-dire dans la relation à un Dieu qui n’est pas le grand horloger ou un magicien, mais un père aimant, on demande sa présence, son pardon, sa parole. Et cela, c’est toujours exaucé, même quand on ne s’en rend pas compte&nbsp;! Mais dans la foi, on sait ce qu’il faut demander, comme le roi Salomon qui, dans un très beau récit, à Dieu qui lui a dit qu’il lui donnera tout ce qu’il demandera, ne demande ni une longue vie, ni la richesse, ni la mort de ses ennemis – ce qu’il fait bien reconnaître que nous demanderions… – mais littéralement «&nbsp;un cœur qui écoute&nbsp;» (1 Rois 3, 9).</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Deuxième difficulté, qui nous ramène à Marthe et Marie&nbsp;: la prière ne peut-elle pas être une fuite, loin des responsabilités, des urgences, des drames qui appellent notre engagement&nbsp;? C’est un vrai risque, une vraie tentation. Etre obnubilé par la date de reprise des cérémonies religieuses quand le monde nous appelle à une tâche essentielle, la justice et la solidarité. Pratiquer la religion en se détournant du pauvre et du fragile. Se réfugier dans la mystique en désertant le monde. La vie est comme une barque, et pour avancer il nous faut deux rames, sinon on tourne en rond. Il nous faut la prière et l’engagement. Prier va avec l’engagement.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Troisième difficulté, enfin, c’est celle de notre envie, de notre disponibilité. Nous n’avons pas toujours le temps, pas toujours l’envie de prier. Il y a plusieurs années, j’ai accompagné un groupe de catéchumènes à Taizé, cette communauté de moines en Bourgogne, dont la vie est ponctuée, chaque jour, par trois prières, à 8h15, 12h20 et 20h30. Un des adolescents a dit à un frère de Taizé&nbsp;: c’est quoi cette stupidité – il a dit un mot plus grossier&nbsp;! –, vous avez envie de prier tous les jours de votre vie, à heure fixe&nbsp;? Et le frère a fait cette réponse formidable, que j’ai déjà racontée à certains d’entre vous. Ta question est la meilleure, a-t-il dit&nbsp;; la plupart du temps, je n’ai pas envie de prier, et la plupart du temps je ne ressens rien pendant la prière. Mais quelquefois dans ma vie, j’ai ressenti quelque chose de la présence de Dieu pendant un prière, et rien que cela, ça vaut le coup d’y venir chaque jour, car sinon je n’y viendrais plus et je n’aurais plus l’occasion de ressentir encore, un jour la présence de Dieu.&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>La prière n’est pas magique, la prière n’est pas fuite, la prière est disponibilité à prendre pour une rencontre avec Dieu. Pas besoin d’une foi modèle et sans faille. Au contraire. Besoin de place en soi, un creux , un espace, une attente. Un appel tout simple, comme celui d’un homme dans l’évangile de Marc, qui s’écrie&nbsp;: je crois, aide-moi car j’ai de la peine à croire&nbsp;(Mc 9, 24)&nbsp;!&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Prier, c’est demander à Dieu de nous donner la prière, cet espace de rencontre avec lui. Seigneur, donne-nous la prière…</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Choral St Antony de Haydn&nbsp;(A la clarinette&nbsp;: Ulysse)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prière&nbsp;(Héloïse, Marie, Jean)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>comme on donne un verre d'eau</p>

<p>aux voyageurs du désert.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>comme on donne le feu</p>

<p>au voyageur de la nuit.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>comme on donne le chant</p>

<p>au voyageurs des abîmes.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>comme on donne le grain</p>

<p>aux terres labourées.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,&nbsp;</p>

<p>donne-nous la prière&nbsp;</p>

<p>comme on donne la digue&nbsp;</p>

<p>contre le bruit des flots.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>comme on donne remède</p>

<p>aux blessures ouvertes.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>comme on donne un baiser</p>

<p>aux temps des solitudes.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière&nbsp;</p>

<p>comme on ôte les pierres&nbsp;</p>

<p>sous les pas de l’aveugle.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>et nous te la rendrons</p>

<p>comme on donne l'épi</p>

<p>au temps de la moisson.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>et nous partagerons</p>

<p>comme l'homme affamé</p>

<p>qui reçoit ses amis.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière</p>

<p>et nous la danserons</p>

<p>comme danse l'enfant</p>

<p>sous la pluie du soleil.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>donne-nous la prière&nbsp;</p>

<p>et nous la déploierons&nbsp;</p>

<p>comme un cœur qui écoute&nbsp;</p>

<p>ceux qui le rencontrent[2].</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Violon&nbsp;: début d’un concerto pour violon de Mozart&nbsp;(au violon&nbsp;: Achille)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Notre Père&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Unis en Christ, nous prions ensemble&nbsp;avec les mots qu’il nous a enseignés&nbsp;:</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Notre Père, qui es aux cieux,</p>

<p>que ton nom soit sanctifié,&nbsp;</p>

<p>que ton règne vienne,&nbsp;</p>

<p>que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.</p>

<p>Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.</p>

<p>Pardonne-nous nos offenses,&nbsp;</p>

<p>comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.</p>

<p>Et ne nous laisse pas entrer en tentation&nbsp;</p>

<p>mais délivre-nous du Mal.</p>

<p>Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,&nbsp;</p>

<p>pour les siècles de siècles.</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Chant – AEC 627, 1-2-3&nbsp;: Ô mon Père&nbsp;(Au piano et au chant&nbsp;: Andreas Lof)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1- Ô mon Père,</p>

<p>Ma prière</p>

<p>Irait-elle jusqu’à toi,</p>

<p>Si toi-même,</p>

<p>Dieu qui m’aimes,</p>

<p>Ne descendais jusqu’à moi ?</p>

<p>Ô mystère,</p>

<p>Ô mystère,</p>

<p>Adorable pour ma foi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>2- De l’abîme</p>

<p>Vers la cime,</p>

<p>Vers le trône de mon roi,</p>

<p>Ma prière,</p>

<p>Ô mon Père,</p>

<p>S’élève jusques à toi.</p>

<p>Ô Dieu tendre,</p>

<p>Daigne entendre</p>

<p>La requête de ma foi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>3- C’est toi-même,</p>

<p>Dieu que j’aime,</p>

<p>Toi que je demande à toi.</p>

<p>Ta présence,</p>

<p>Ton absence,</p>

<p>C’est vie ou c’est mort pour moi.</p>

<p>Que ta grâce</p>

<p>En moi fasse</p>

<p>À jamais régner mon roi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Informations&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p><span class="texte1">Envoi&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Après ce moment, Seigneur, passé auprès de toi,&nbsp;</p>

<p>je reprends mes chaussures afin de marcher sur les chemins.</p>

<p>J’attache ma montre à mon bras pour vivre à ton rythme.</p>

<p>Je remets mes lunettes sur le nez pour mieux voir le monde qui est le tien.</p>

<p>Je glisse mon stylo dans ma poche pour écrire tes pensées, les méditer, les partager.</p>

<p>Je prends mes clefs en main pour ouvrir les portes et te suivre.</p>

<p>Merci Seigneur : ta parole est sur mon chemin.</p>

<p>Ton appel est la réalité de ma vie.</p>

<p>Ton amour me donne la force&nbsp;</p>

<p>de prendre le risque de te suivre.</p>

<p>Par toi le chemin m’est ouvert,&nbsp;</p>

<p>donne-moi de le suivre avec toi.</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Bénédiction&nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Que Dieu nous donne de le suivre&nbsp;!</p>

<p>Qu’il nous donne la prière&nbsp;!</p>

<p>Il nous bénit et nous garde en Jésus-Christ&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>[1]&nbsp;Prière d’Alain Arnoux.</p>

<p>[2]&nbsp;Prière de sœur Myriam, légèrement adaptée.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:37:06Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-audio-texte-du-culte-du-dimanche-17-mai-2020">
    <title>"Donne-nous la prière" - Vidéo - Audio - Texte - du culte du Dimanche 17 mai 2020</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-audio-texte-du-culte-du-dimanche-17-mai-2020</link>
    <description>
        Thème de la prédication : "Donne-nous la prière", par le pasteur Christian Baccuet
Avec la participation du pasteur Andreas Lof, de Christine, Nathalie, Héloïse, Marie, Jean, Alienor, Achille et Ulysse.
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-audio-texte-du-culte-du-dimanche-17-mai-2020/image_thumb">
        <dc:title>"Donne-nous la prière" - Vidéo - Audio - Texte - du culte du Dimanche 17 mai 2020</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Vidéo du culte&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-culte-du-dimanche-17-mai-2020">Cliquez&nbsp;ici</a>&nbsp;pour regarder la vidéo du culte</span></p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Audio du culte&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/audio-culte-du-dimanche-17-mai-2020/">Cliquez&nbsp;ici&nbsp;</a>pour écouter l'audio du culte</span></p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Texte du culte</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-du-culte-du-dimanche-17-mai-2020">Cliquez ici</a>&nbsp;pour lire le texte du culte</span></p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:35:25Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/en-action-par-la-grace">
    <title>"En action par la grâce"</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/en-action-par-la-grace</link>
    <description>
        Texte de la prédication d'Annette Preyer du dimanche 22 novembre 2020
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/en-action-par-la-grace/image_thumb">
        <dc:title>"En action par la grâce"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h5 style="text-align: justify;">Culte du 22 novembre 2020 - Méditation sur Matthieu 25, 31-46</h5>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Les paroles que nous venons d’écouter ne sont pas faciles à entendre. Le jugement dernier ne parle ni de foi ni de grâce mais d’œuvres et de condamnation. Comment s’y retrouver&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Dans l’évangile de Matthieu, Jésus fait cinq discours, depuis le sermon sur la montagne jusqu’à celui-ci fait au mont des Oliviers qui occupe les chapitres 24 et 25 de l’évangile, juste avant la passion du Christ. Ce 5ème discours répond à des questions des disciples sur la destruction du temple de Jérusalem, la fin du monde et le retour de Jésus, quand et quels signes annonciateurs&nbsp;? En somme, la question du salut. La parabole des dix vierges et celle dite des talents dont notre pasteur Christian Baccuet nous a parlé dimanche dernier, figurent juste avant notre texte qui clôt ce discours. Il s’agit donc de la dernière déclaration du Christ avant sa passion.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">D’abord une vision grandiose&nbsp;: le Fils de l’homme arrive dans sa gloire, avec ses anges, un trône de gloire, une foule sans nombre qui lui rend hommage. On se croirait à Hollywood dans un film à grand budget. Une chorégraphie comme pour un empereur romain.</p>

<p style="text-align: justify;">Les disciples et contemporains de Jésus ont rêvé d’un tel héros qui allait les débarrasser de la domination romaine, plutôt que d’un messie crucifié et ressuscité. En 2020, les foules qui acclament Trump et Bolsonaro croient avoir trouvé le sauveur de leur monde.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Franchement, cela m’arrive, quand je me sent totalement impuissante dans une situation, que je lise sur la Chine qui assèche le Mékong avec ses barrages ou que nos députés cèdent aux lobbys agricoles et industriels et autorisent le traitement des betteraves avec&nbsp; un insecticide qui tue les abeilles, ou que des calomnies et fausses vérités détruisent la réputation d’un collègue, eh bien, cela peut me faire du bien de rêver à une intervention deus ex machina comme dans la tragédie grecque. Mais, voilà, c’est une vision.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Revenons au récit de Matthieu. Il nous fait changer d’univers. La représentation royale laisse la place à une scène paysanne avec un berger, scène bien familière des disciples du Christ. Une image de la vie quotidienne que Jésus mobilise plusieurs fois dans ses paraboles.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Pendant la journée, moutons et chèvres peuvent paître ensemble dans la même prairie. La nuit, les moutons qui ne craignent pas le froid peuvent rester dehors, alors qu’il vaut mieux offrir un endroit plus chaud aux chèvres. Les séparer revient donc à prendre en compte leurs besoins respectifs.</p>

<p style="text-align: justify;">Dans la bible, comme dans le psaume 23 que nous venons d’entendre, le berger renvoie à Dieu, celui qui nous connaît par notre nom, qui prend soin de nous, qui va nous chercher quand nous sommes perdus, qui nous protège.</p>

<p style="text-align: justify;">Ici, rien de tout cela. Après la séparation des moutons et des chèvres, le récit glisse à nouveau vers l’image royale. Le roi donne le Royaume en partage aux uns et envoie les autres au feu éternel.</p>

<p style="text-align: justify;">J’avoue que ces images me heurtent. Si je suis née chèvre qu’est-ce que j’y peux&nbsp;? Et voilà que je suis condamnée pour cela. A priori, il n’y a rien de méritoire à être né mouton – et on serait récompensé pour sa simple nature&nbsp;? Peut-être cette image n’est là que pour faire sentir l’acte de séparation, clair, net et indiscutable. Jésus a des jugements tranchants et en même temps accueille le pêcheur.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus explique les raisons de son jugement&nbsp;: quand il a eu faim ils lui ont donné à manger, quand il a eu soif, ils lui ont donné à boire, quand il a été étranger ils l’ont accueilli, quand il était nu ils l’ont habillé, quand il a été malade, ils lui ont rendu visite, quand il a été en prison ils sont restés solidaires avec lui.</p>

<p style="text-align: justify;">Six gestes très concrets, observables, qui répondent à des détresses, des situations d’urgence. Les justes ont comblé les besoins physiologiques de Jésus – manger et boire, les besoins de protection – vêtement, soins, et les besoins d’appartenance – accueil, solidarité. Sauf qu’ils ne l’ont pas fait pour Jésus. Nous ne pouvons que faire des hypothèses sur leur motivation&nbsp;: responsabilité, sympathie, empathie, compassion, charité, humanité, amour, conviction que nous sommes tous interdépendants. En tout cas, ils ont regardé l’autre, l’ont écouté, se sont mis à sa place, ont été touché par lui.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Alors arrive le verset 40, verset clé s’il en est&nbsp;:</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Le roi leur répondra : Je vous le déclare, c'est la vérité : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait.&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Dans la TOB, la traduction œcuménique de la bible, c’est «&nbsp;chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus s’identifie à ces plus petits qui sont ses frères ou les siens, donc de la même famille, de la même communauté ou alors appartenant au troupeau du même berger.</p>

<p style="text-align: justify;">Le Christ s’est abaissé de la condition divine à la condition humaine pour devenir notre frère. Il fait corps avec les victimes. Il ne cesse de faire attention aux petits, de relever les pauvres, de soigner les malades, d’accueillir les enfants.</p>

<p style="text-align: justify;">Il n’est pas question de foi, d’obéissance à des règles, de prier régulièrement, d’aller au culte tous les dimanches, non Jésus nous parle de gestes simples qui soulagent l’autre, celui que nous avons vu, reconnu comme semblable, dont nous avons identifié le besoin.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Jésus ne dit pas qu’il faut être auprès de tout le monde tout le temps. Il valorise le geste individuel pour l’un des plus petits. Pas besoin d’être un héros, d’avoir changé le monde, il suffit de gestes, même petits, d’attitude. C’est à la portée de tous.</p>

<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pas d’éradiquer la faim dans le monde, mais de partager son repas avec quelqu'un.</p>

<p style="text-align: justify;">La vie à Paris aujourd'hui, en particulier dans cette crise sanitaire, nous donne – malheureusement – plein d’occasions pour agir ainsi. Que ce soit avec la paroisse de Pentemont-Luxembourg ou avec l’Entraide ELP de notre paroisse, que ce soit dans son immeuble, dans sa rue, dans le métro, au bureau, dans une association ou en politique.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Regardons la suite du texte. Qu’est-ce qui fait que d’autres aient été placés à la gauche du roi-juge pour être condamnés&nbsp;? Ils ne sont pas coupables de mauvaises actions – mensonge, tricherie, vol, meurtre – ni de mauvaises intentions – jalousie, orgueil, cupidité, haine. Le roi les punit pour l’absence de gestes d’humanité, leur indifférence, insensibilité, égoïsme, inattention, froideur. Peut-être étaient-ils juste très préoccupés par une affaire importante et sont passés à côté d’un petit sans le voir. Et cela suffit pour que Jésus les repousse et les envoie au feu&nbsp;! Est-ce irrémédiable, comme dans la parabole de l’homme riche et de Lazare, racontée par Luc, où il est strictement impossible de passer du Royaume, du lieu où se trouve Abraham, à l’enfer, dans le monde des morts&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Est-ce que Jésus veut nous faire peur&nbsp;? Nous menace-t-il&nbsp;? Je ne le crois pas. La peur pour apprendre, la peur pour devenir bienveillant vis-à-vis des victimes ou laissés pour compte – cela ne fonctionne pas. Ce n’est pas la pédagogie de Jésus. Il pardonne et guérit avant de donner des recommandations pour l’avenir.</p>

<p style="text-align: justify;">D’ailleurs son contraire – prendre soin d’un prochain dans l’attente d’une récompense – ne vaut pas mieux. Et les justes du texte ont pris soin d’un autre sans l’idée de gagner ainsi le Royaume.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Si ce jugement dernier est une promesse de justice pour la fin des temps, où la violence, l’exploitation, l’injustice prennent fin, où sommes-nous, à droite ou à gauche&nbsp;? Vous et moi, nous savons, moi, en tout cas, je sais que je n’ai pas toujours le geste qu’il faut, le mot qui fait du bien. Loin s’en faut, même&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Personne n’est fait d’un bloc. Il y a une petite chèvre, même chez le saint et il y a un petit mouton, même chez le pire criminel.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Alors j’ai envie de crier, comme les disciples en Matthieu 19, 25-26 «&nbsp;Qui donc peut être sauvé&nbsp;?&nbsp;» Sur quoi Jésus répond&nbsp;: «&nbsp;Aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est possible&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Mais ne détournons pas trop vite le regard du roi-juge. Il a toutes les nations devant lui. Le mot grec signifie aussi «&nbsp;les païens&nbsp;», mais je préfère, comme le font la plupart des auteurs contemporains, y inclure les chrétiens. Donc, le roi-juge dit aux justes, qu’ils reçoivent le Royaume en partage qui a été préparé pour eux depuis la fondation du monde. Magnifique&nbsp;! S’il y a un plan de Dieu pour l’humanité, c’est depuis les origines une promesse de vie.</p>

<p style="text-align: justify;">La symétrie pour ceux qui sont placés à gauche n’est pas complète. Le feu éternel a été préparé non pas pour l’humanité mais pour le diable et ses anges. Il manque aussi la notion du «&nbsp;depuis toujours&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">Ce qui me paraît remarquable enfin, c’est que ces personnes ne sont pas qualifiées de pêcheurs ou de criminels. Ils ne sont pas définitivement mis dans un tiroir. Matthieu nous dit simplement qu’ils sont placés à la gauche du roi.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Nous Protestants professons le sola gracia, la grâce seule. Nous lisons beaucoup Paul qui bataille contre la primauté de la Loi et les comportements hypocrites qu’elle produit. Nous croyons que c’est la grâce seule qui nous sauve. Notre texte semble en pleine contradiction avec cette affirmation. Ici, c’est la justification par les œuvres. Peut-être tout simplement parce que Matthieu écrit 30 plus tard quand les Chrétiens comprennent que le retour du Christ n’est pas pour tout de suite et qu’il faut s’installer dans la durée et vivre ensemble en croyants.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Dans la lettre de Jacques nous lisons (2.14-17)&nbsp;: «&nbsp;A quoi bon, mes frères, dire qu’on a de la foi, si l’on n’a pas les œuvres&nbsp;? La foi peut-elle sauver, dans ce cas&nbsp;? Si un frère ou une sœur n’ont rien à se mettre et pas de quoi manger tous les jours, et que l’un de vous dise&nbsp;: «&nbsp;Allez en paix, mettez-vous au chaud et bon appétit&nbsp;», sans que vous leur donniez de quoi subsister, à quoi bon&nbsp;? De même, la foi qui n’aurait pas d’œuvres est morte dans son isolement.&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Le juge sévère et le père d’une miséricorde universelle, les deux existent et nous ne pouvons pas jouer l’un contre l’autre, effacer l’un par l’autre. Ce que nous pouvons faire, c’est prier pour la chrétienté et pour le monde, confiant dans ce Dieu qui peut tout, confiant en Jésus Christ qui a tout donné pour nous.</p>

<p style="text-align: justify;">Nous sommes les yeux, les oreilles et les mains de Dieu pour nous entraider et nous sommes tous une mosaïque de bon et de moins bon qui évolue dans le temps. Parfois nous sommes aussi ces petits et ces laissés pour compte.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Je vais conclure avec Paul qui écrit dans sa lettre aux Ephésiens (chapitre 3)&nbsp;:</p>

<p style="text-align: justify;">C'est pourquoi je me mets à genoux devant Dieu, le Père,&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">dont dépendent toutes les générations dans les cieux et sur la terre.&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Je lui demande que, selon la richesse de sa gloire, il fortifie votre être intérieur par la puissance de son Esprit,&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">et que le Christ habite dans vos cœurs par la foi. Je demande que vous soyez enracinés et solidement établis dans l'amour ;&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">À Dieu qui a le pouvoir de faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou même imaginons, par sa puissance qui agit en nous,&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">à lui soit la gloire dans l'Église et par Jésus Christ, dans tous les temps et pour toujours ! Amen.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;"><strong>Annette Preyer</strong></p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-11-30T08:20:23Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-andreas-lof/faire-corps-tous-ensemble-par-le-pasteur-andreas-lof">
    <title>"Faire corps tous ensemble" par le Pasteur Andreas Lof</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-andreas-lof/faire-corps-tous-ensemble-par-le-pasteur-andreas-lof</link>
    <description>
        Prédication du dimanche 29 mars 2020
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-andreas-lof/faire-corps-tous-ensemble-par-le-pasteur-andreas-lof/image_thumb">
        <dc:title>"Faire corps tous ensemble" par le Pasteur Andreas Lof</dc:title>
        <url>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-andreas-lof/faire-corps-tous-ensemble-par-le-pasteur-andreas-lof/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><strong>Lectures bibliques : 1 Corinthiens 12, 12 à 26</strong></em></p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Chers frères et sœurs en Christ, chers amis,</p>

<p style="text-align: justify;">Nous venons de lire et d'entendre ce texte de l'apôtre Paul. C'est un extrait de sa première lettre aux chrétiens de Corinthe en Grèce. Quelques années auparavant Paul avait fondé cette communauté chrétienne, au cours de son premier voyage missionnaire en Europe. Corinthe était à cette époque une grande ville très cosmopolite au sein de l'Empire Romain, port important entre l'Occident et l’Orient, où se vivait un métissage étonnant de peuples et de cultures. La vie économique et sociale y était très dense et intense avec des différences sociales importantes, riches et pauvres s'y côtoyaient, comme les différentes religions et dieux de l'époque. La communauté chrétienne qui venait de naître était traversée par toute cette diversité sociale, culturelle&nbsp; et économique et même sa vie spirituelle, très fervente mais peu structurée, allait un peu dans tous les sens, ce qui était devenue source de tension entre ces chrétiens, tous des jeunes convertis. Paul y fait à plusieurs reprises des allusions dans sa lettre.</p>

<p style="text-align: justify;">C'est dans ce contexte, en invitant les chrétiens de Corinthe à réfléchir sur leur vie commune et les liens qu'ils vivaient désormais par leur foi commune en Christ, que Paul va développer une de ses idées la plus originale et innovatrice: il va utiliser l'image du corps humain pour parler de leur vie commune et nouvelle dans le Christ.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Chers amis,</p>

<p style="text-align: justify;">Je propose ce matin de méditer cette idée de l'apôtre Paul de voir le corps humain comme une métaphore pour parler de la vie collective des hommes. Je sais bien qu'il pense d'abord à la vie de l'église, du corps du Christ, en parlant ainsi, j'en parlerais un peu plus tard, mais il me semble que son idée s'applique aussi à toute vie en société, à toute société humaine. Et qu'elle a des choses à nous dire dans la crise sanitaire et sociétale que nous traversons tous ensemble dû au Coronavirus et sa propagation, si virulente et si rapide au sein de la population.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;Nous étions habitués à vivre, penser et agir d'abord comme des individus, dans le cadre d'une société qui favorise cette liberté et individualisme de mille façons.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;Et voilà&nbsp;&nbsp; que la crise sanitaire que nous vivons nous invite à nous voir tout à coup aussi comme un corps où nous sommes tous profondément liés les uns aux autres, dépendants des autres, responsables vis-à-vis les autres, partageant un même combat, une même épreuve, les mêmes inquiétudes et &nbsp;aussi les même espérances d'arriver au bout de ce tunnel, au bout du cauchemar.</p>

<p style="text-align: justify;">Avec son image du corps humain pour parler de notre vie commune Paul nous rappelle que nous sommes bien plus que des individus chacun dans son coin et sur sa trajectoire de vie personnelle. Nous sommes liés les uns aux autres, dépendants les uns les autres dans tous les domaines de la vie. Comme dans le corps humain tous les éléments du corps sont liés les uns aux autres et tous utiles au fonctionnement de l'ensemble du corps.</p>

<p style="text-align: justify;">Il y a dans cette idée quelque chose de tout à fait paradoxale!</p>

<p style="text-align: justify;">Parce que rien n'est plus individuel que le corps. Un corps appartient toujours à quelqu'un et à personne d'autre. Il est plus que lié à ma personne: il est ma personne. C'est à travers mon corps que je vis, que je suis présent aux autres, que je ressens le monde autour de moi et en moi, que je ressens joie et souffrance, maladie et santé. C'est donc justement à travers mon corps que je vis comme un individu et que je vis mon individualité en rapport aux autres.</p>

<p style="text-align: justify;">Et voilà que Paul applique cette notion du corps, si lié à notre individualité au 'nous ' de notre collectivité. Nous sommes ensemble comme un corps vivant. Parce que nous sommes liés les uns aux autres d'une manière vitale et organique comme dans un corps. Nous dépendons tous des autres pour le bon fonctionnement&nbsp; de notre vie, jusque dans les moindres détails de notre vie quotidienne.</p>

<p style="text-align: justify;">Ce sont bien les autres qui font du pain pour moi et ma famille! Ce sont bien d'autres qui ont façonné mes vêtements! Ce sont bien d'autres qui ont construit la maison où je vis où l'ordinateur sur lequel je travaille ou les lunettes sur mon nez! Chaque jour j'ai besoin des autres et de leur travail &nbsp;pour vivre et travailler, pour me nourrir et me déplacer.</p>

<p style="text-align: justify;">Et Paul d'écrire: "l'œil ne peut donc pas dire à la main je n'ai pas besoin de toi!" et la tête ne peut pas dire non plus&nbsp; aux pieds Je n'ai pas besoin de vous" Bien au contraire les parties du corps qui semble&nbsp; les plus faibles sont indispensables et nous devrons les honorer autant".</p>

<p style="text-align: justify;">Dans la crise que nous vivons actuellement nous sommes &nbsp;bien et bel renvoyés à cette réalité que nous formons, que nous sommes, un corps tous ensemble. Il y a ceux qui continuent de faire notre pain quotidien, qui travaillent à faire fonctionner nos supermarchés, qui transportent des marchandises dans leur camion. Il y a la ou le caissière du super marché et il y a &nbsp;les éboueurs qui viennent vider nos poubelles. Et cela malgré les risques de contamination qu'ils peuvent courir sur leur lieu de travail.</p>

<p style="text-align: justify;">Nous leur devons le bon fonctionnement de la société en temps normal, mais nous leur devons bien davantage encore dans ce temps de crise. Paul invite à honorer et entourer avec soins les éléments du corps les plus modestes et souvent négligés, mais aussi nécessaires pour le bon fonctionnement de l'ensemble du corps. Puisse notre société s'en rappeler une fois cette crise surmontés et mieux reconnaitre le travail et l'engagement de tant d'hommes et de femmes qui parfois par un travail ingrat et peu estimé font fonctionner la société!</p>

<p style="text-align: justify;">Une évidence s'est imposée ces dernières semaines, face au coronavirus nous devons 'faire corps ensemble ' comme dit l'expression commune. Expression un peu paradoxale au moment où nos corps sont invités à créer une distance les uns aux autres, à appliquer des gestes barrière entre nous! Mais ce n'est pas tant les corps mais nos esprits qui doivent faire corps: dans une même volonté, une même détermination, pour finir au bout de ce virus.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;'Faire corps ensemble' c'est ce que vivent actuellement jour et nuit toutes ces équipes mobilisés dans nos hôpitaux, qui se battent jour en nuit jusqu'aux limites de leurs forces pour sauver des vies. Les applaudissements de soutien et de reconnaissance à 20h partout dans le pays c'est bien une manière spontanée, belle et collective pour dire que 'nous faisons corps' avec eux et tous les autres sur le terrain, qui sont en première ligne de ce combat contre le virus.</p>

<p style="text-align: justify;">En tant qu'église à notre niveau nous avons créé une chaine téléphonique pour contacter des personnes âgées ou isolées, des personnes seules, éprouvés plus que d'autres dans ce temps de confinement. Un peu partout en France se sont mis en place des actions de solidarités concrètes avec une créativité qui est étonnante et belle! Et les églises ne sont pas en retrait. Elles sont des lieux où la vision de Paul a toujours cherché à se réaliser, à se concrétiser, tant bien que mal avec nos forces et nos faiblesses: être ensemble un corps vivant, fraternel et solidaire, animée par un même esprit celui du Christ et non pas seulement un ensemble d'individualités.</p>

<p style="text-align: justify;">Je reviens une dernière fois à Paul. Nous ne voulons pas oublier que le propos de Paul sur le corps que nous formons ensemble s'adresse d'abord à l'église, à la communauté chrétienne. Il dit aux chrétiens de Corinthe : vous formez un même corps parce que vous avez tous été unis au Christ par le baptême. Et par ce baptême vous avez reçu un même esprit, l'Esprit du Christ.</p>

<p style="text-align: justify;">Les chrétiens sont tous unis par le Christ. Mais cela veut dire aussi que le Christ est uni à chacun de nous, là où nous sommes, confiné chez nous, séparé les uns les autres dans ce dimanche matin où normalement nous nous retrouvons dans nos églises et nos temples. Voilà ce qui est aussi à méditer dans notre situation si singulière et inédite.</p>

<p style="text-align: justify;">Une chose très simple, mais en même temps si profonde: nous ne sommes pas église par notre présence physique au culte ou les uns auprès des autres: c'est le Christ &nbsp;qui se rend présent à chacun de nous, là où nous vivons, et qui créé notre communion les uns avec les autres. Et par cette communion avec le Christ nous formons un seul corps, le corps du Christ. Notre séparation physique&nbsp; de frères et sœurs chrétiens, liée au confinement actuel, nous renvoie à ce qui est le fondement et l'essence même de la vie d'église: le Christ qui nous lie les uns aux autres et qui est auprès de chacun de nous.</p>

<p style="text-align: justify;">Cela nous renvoie au cœur de notre foi chrétienne: la foi que le Christ est celui qui est vivant, auprès de Dieu et auprès de chacun de nous. Lui, le ressuscité, parce qu'il est ressuscité, &nbsp;est capable de se rendre présent auprès de chacun de nous, là où nous sommes.</p>

<p style="text-align: justify;">Non, Le Christ, lui, il n'est pas confiné! Il est celui qui est sorti du tombeau le jour de Pâques et depuis il se rend présent aux hommes, là où ils sont et dans ce qu'ils traversent. Hier comme aujourd'hui et demain encore. Pour vous, pour moi, pour les autres. Parce que à travers lui, en lui, &nbsp;Dieu nous tend la main, Dieu lui-même nous rejoint, nous sauve et nous garde dans son amour et nous donne la force de Son esprit bien plus grande et profonde que nos forces humaines! Comme dit Paul dans son épître aux Romains : "rien peut nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, aucun pouvoir de ce monde,&nbsp; et même pas la mort"</p>

<p style="text-align: justify;">C'est lui le Ressuscité&nbsp; qui nous rejoint tous pour être avec chacun de nous aujourd'hui là où vous êtes, confiné, seul ou à plusieurs, tranquille ou angoissés, inquiet ou confiant, en bonne santé ou avec des symptômes: vous n'êtes pas abandonné de Dieu, ni de son Christ, ni de son corps qui est l'église , la communauté chrétienne avec laquelle vous êtes en communion maintenant et demain aussi par l'Esprit et la Parole de Dieu et par la prière qui nous unit, ou encore les coups de téléphone…..</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;Le Christ vivant rejoint chacun de nous comme il a rejoint jadis &nbsp;les hommes et femmes et enfants juifs de Galilée. Il est réceptif et attentif à tout ce que nous vivons, &nbsp;aussi dans notre corps, à nos épreuves physiques ou psychiques. Nous savons tous comment le Christ a mené le combat contre ce qui menaçait l'intégrité du corps de l'homme, en guérissant les malades, en accueillant les fatigués, en remettant débout les boiteux, en relevant les découragés. C'est bien le même Christ, qui est à côté de chacun pour nous offrir sa présence et communion réconfortante et bienfaisante et fidèle dans ce que nous traversons personnellement et collectivement.</p>

<p style="text-align: justify;">Oui "rien peut nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ".</p>

<p style="text-align: justify;">Que nous trouvons chacun et chacune la force et la paix dans cette certitude</p>

<p style="text-align: justify;">Dans les jours et semaines à venir,</p>

<p style="text-align: justify;">Liés les uns aux autres dans le Christ, dans un même corps, malgré notre séparation physique,</p>

<p style="text-align: justify;">Notre communion est entière en Lui</p>

<p style="text-align: justify;">Et notre communion avec Dieu aussi!</p>

<p style="text-align: justify;">AMEN</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-04-07T13:36:35Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
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  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/garder-le-cap">
    <title>"Garder le cap"</title>
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        Prédication du dimanche 3 janvier 2021 par Jean-Michel Ulmann
    </description>
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        <dc:title>"Garder le cap"</dc:title>
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    <content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;">Garder le cap</h3>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Comment se fait-il que ces lectures, lues, relues, si connues, si souvent peintes et chantées, aient gardé toute leur force et toute leur fraîcheur&nbsp;? Comme se fait-il que jamais nous ne nous en lassions&nbsp;? Je crois qu’on ne s’en lasse pas d’abord parce que leur message est une bonne nouvelle pour tous&nbsp; -et Dieu sait si nous en avons besoin- un message d’espérance, un message universel. On ne s’en lasse pas parce qu’elles sont belles. On ne s’en lasse pas parce que nous avons besoins de rituels qui structurent nos travaux et nos jours. (La galette en est un bon). On ne s’en lasse pas parce qu’elles ont toujours en encore quelque chose à nous dire, quelque chose d’inouïe, qui nous parle ici et maintenant, au présent. Esaïe harangue et exhorte les Hébreux en exil, de sa prison romaine Paul, le technocrate éclairé, &nbsp;affirme l’universalité de l’Evangile, le partage de son héritage et de sa promesse,&nbsp; Matthieu, dans les turbulences sociales, politiques et religieuses, décrit le grand voyage, la révélation et l’accomplissement.&nbsp; Lui aussi annonce la mondialisation incarnée par les mages venus de loin. Beauté, universalité, accomplissement: ces lectures annoncent une aube nouvelle à des heures sombres. Toutes proportions gardées, ça ne vous rappelle rien?</p>

<p style="text-align: justify;">Pendant que je préparais le culte de ce jour, en me demandant ce que je pourrais bien ajouter à ces textes patinés et brillants, le nouvel album de Sempé intitulé, Garder le cap m’est tombé sous les yeux. J’y ai vu un clin d’œil. Une façon de dire&nbsp;: n’en rajoute pas&nbsp;; c’est impossible, contente toi de les faire entendre. Mais c’était un peu court même pour un culte réduit. Alors, il m’est venu à l’esprit que ces trois textes invitent, en effet, à garder le cap. Autrement dit à trouver le sens, aux deux sens du terme&nbsp;: l’orientation et la signification, le sens de la vie, quelle direction lui donner, vers qui se tourner et pourquoi. Une exhortation à se mettre en marche sans perdre de vue que, même si la route est longue et semée d’embûches, et sinueux le chemin de notre foi, quelqu’un marche à nos côtés, nous guide, quelqu’un nous éclaire et nous aime.</p>

<p style="text-align: justify;">Garder le cap, donc, parce qu’en ces temps improbables et confus, nombreux ceux qui&nbsp; perdent la boussole, s’inquiètent, souffrent. «&nbsp;Voici que les ténèbres recouvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples&nbsp;». On s’y croirait. &nbsp;Dans un ancien album du même Sempé (j’aime Sempé parce qu’il fait rire sans méchanceté) une aimable bigote seule dans une cathédrale &nbsp;s’adresse à Dieu en lui disant&nbsp;: «&nbsp;J’ai tellement confiance en vous, que quelque fois je vous appelle docteur.&nbsp;» Aujourd’hui, la petite dame dirait&nbsp;au docteur, «J’ai tellement confiance en vous que, parfois, je vous appelle Dieu&nbsp;». Mais le docteur n’est pas Dieu, d’où des déceptions, des controverses, des colères et des impatiences. La santé, si précieuse soit-elle, ne donne pas un sens à la vie. On se félicite souvent de l’augmentation de l’espérance de vie, la durée de vie prolongée, des additions de jours jusqu’à figurer dans le livre des records. Ce n’est pas l’affaire du Christ. Jésus&nbsp; propose l’espérance dans la vie. Librement, en nous tournant vers Lui, nous choisissons&nbsp; une&nbsp;vie gonflée d’espérance et de confiance, non une quantité mais une qualité de vie à la lumière du Christ et pour marcher dans ses pas.&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Ce qui est frappant dans les Evangiles c’est cette incitation d’aller toujours en avant. De sorte qu’on pourrait dire que l’élément persistant et permanent du christianisme, c’est l’ordre de ne jamais s’arrêter&nbsp;: debout la dedans&nbsp;! Telle est la consigne.</p>

<p style="text-align: justify;">Je crois bien que ce mouvement, cette intense agitation qui circulent dans la Bible en générale et dans les textes que nous venons d’écouter, nous disent cela. Nous ne sommes pas des électrons balancés sur le tapis vert du casino de l’univers.&nbsp;. Un chemin nous est offert que nous pouvons suivre en toute liberté et qui donne un sens à la vie.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;&nbsp;Alors, comme les Hébreux en exil (Esaïe), comme les premières communautés chrétiennes auxquelles écrit Paul, ne nous arrêtons pas sur nos manques, nos doutes, sur l’écho vide de nos plaintes, de nos déceptions ou de nos grognes mais répondons à l’appel fraternel et &nbsp;salutaire de la bonne nouvelle.</p>

<p style="text-align: justify;">Au passage, remarquons une chose&nbsp;: Matthieu n’a pas écrit que les mages et avant eux les bergers, se dirigent vers l’étoile. «&nbsp;Allo Melchior&nbsp;? c’est Balthazar, dis à Gaspard qu’une étoile s’est levée là-bas. Allons la voir&nbsp;». Les mages ne marchent pas vers la lumière. C’est l’étoile qui s’est avancée vers eux, elle est venue les chercher, les sortir de leurs lointains observatoires. C’est toujours Dieu qui fait le premier pas. Ils se sont levés à son&nbsp; appel, comme Mathieu s’est levé quand Jésus lui a dit de l’accompagner&nbsp;; comme Paul après sa chute sur le chemin de Damas, s’est relevé. comme le paralytique se lève de son grabat quand Jésus lui dit&nbsp;: «&nbsp;lève toi et marche&nbsp;». Et cela va provoquer un grand chambardement. Ils ne seront plus les mêmes. Cette marche est une conversion.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Où a-t-elle eu lieu&nbsp;? &nbsp;Dans une crèche. L’église commence dans une crèche, sur la paille, humblement. Les jours où la Cimade reçoit rue Madame des femmes et des hommes étrangers venus de loin, d’ailleurs, elle ressemble à cette crèche…</p>

<p style="text-align: justify;">Pour se prosterner devant qui&nbsp;? Devant un enfant&nbsp;? L’Evangile ne fabrique pas des surhommes; il nous prend tels que nous sommes, avec nos faiblesses, nos doutes, nos espoirs, tel que nous sommes ni plus ni moins.</p>

<p style="text-align: justify;">Mais la grâce qui nous est promise de la part du Christ n’est pas une aide qui nous dispenserait d’une partie du travail. Bergers et mages repartent porter et témoigner de l’Evangile et nous même, relevés, à leur suite, nous après eux, «&nbsp;associés au même héritage, au même corps, un partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile&nbsp;». Encore une fois debout là-dedans. A notre tour de leur emboiter le pas. C’est cela qui nous rend plus humains.</p>

<p style="text-align: justify;">Le christianisme n’est pas (seulement) une consolation, un refuge. Il favorise et entraîne une promotion de l’homme. C’est ainsi que je comprends ces lectures.</p>

<p style="text-align: justify;">Les relire ce n’est pas commémorer, ce n’est pas un devoir de mémoire. Si tel était le sens de cette fête, elle serait sèche, dévitalisée comme ces églises désaffectées dont la raison d’être tombe en poussière.&nbsp; Nous ne ranimons pas une flamme&nbsp;; nous nous ranimons à sa lumière et nous la portons. Cela demande des efforts; c’est du travail.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Mais le moment décrit par Matthieu, est un moment de recueillement. «&nbsp;Ils se réjouirent, virent l’enfant, se prosternèrent&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">Cette épiphanie (révélation) est, me semble-t-il, avant tout une invitation à faire halte, un moment où après une longue attente, une marche et avant un départ précipité, celui de la sainte famille et des mages, les voyageurs, transformés, &nbsp;s’arrêtent, soufflent. Bien sûr nous assistons à un moment d’exaltation. Mais cette rencontre, pleine de tendresse, ces offrandes à celui qui donnera sa vie pour nous, n’est rien moins qu’une invitation à la conversion. Or cette opération du St Esprit, bouleversante, traumatisante, comme toutes les opérations, appelle le repos (Paul sur le chemin de Damas mettra quelques jours à s’en remettre) à faire la paix avec nos sœurs et frères proches ou lointains, avec toutes les nations associées au même héritage, au partage de la même promesse…&nbsp;» &nbsp;et à faire la paix avec nous-mêmes. A&nbsp; cet instant, tout s’arrête. L’histoire suspend son cours. Saisis par l’évènement, stupéfaits d’assister à ce qui était attendu depuis si longtemps,- sidérés par la réalisation de cette promesse, de cette parole faite homme, tous se taisent et prient. Avons-nous mieux à faire? Il arrive des moments dans la vie où, surpris, émerveillés, on ne peut mieux faire que se recueillir, se réjouir, se reposer, et faire silence.</p>

<p style="text-align: justify;">Amen</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2021-01-14T08:49:43Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
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  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/jesus-un-homme-renversant">
    <title>"Jésus, un homme renversant !"</title>
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        Prédication par Lionel Thébaud, le dimanche 12 janvier 2020
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        <dc:title>"Jésus, un homme renversant !"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Lectures bibliques : Esaïe 42, 1 à 7 ; Matthieu 3, 1 à 17</strong></p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<h4 style="text-align: justify;">Jésus, un homme renversant!</h4>

<p style="text-align: justify;">En ce moment, vous le savez, on marche beaucoup à Paris, en raison des grèves de transports. Ce matin, pour venir ici, j'ai traversé le jardin des tuileries. Et je me suis retrouvé les deux pieds dans la boue. Je n'étais pas content, j'avais nettoyé mes chaussures pour le culte, et les voilà pleines de boue. Et ça m'a fait penser à cette petite histoire. C'est un homme qui va voir un maître spirituel.</p>

<p style="text-align: justify;">- Maître, j'ai tout toute la bible, entièrement!</p>

<p style="text-align: justify;">- Tu as traversé toute la bible?</p>

<p style="text-align: justify;">- heu... oui j'ai traversé toute la bible.</p>

<p style="text-align: justify;">- mais est-ce que la bible t'a traversé?</p>

<p style="text-align: justify;">Je me suis dit que quand je suis traversé par la Parole, elle laisse des traces. Il n'est plus trop possible de rester dans les apparences quand elle nous marque. On a beau vouloir bien présenter, des fois, la Parole rend visible ce que nous sommes vraiment. Ça fait souvent mal, mais au fond, c'est bon pour nous.</p>

<p style="text-align: justify;">Le texte du jour parle de ce moment si étrange où Jésus se fait baptiser par Jean, et vous allez peut-être voir, si je m'explique assez bien, que Jean le baptiseur, qui prêchait la Parole de Dieu, s'est fait renverser par Jésus : lui qui prêchait la conversion a dû se convertir.</p>

<p style="text-align: justify;">1. Le baptême selon Jean le baptiseur</p>

<p style="text-align: justify;">Jean le baptiseur est - selon les paroles mêmes de Jésus - le plus grand des prophètes. Et le plus grand des prophètes se sent tout petit à côté du messie. Jean le baptiseur voit en Jésus le messie l'homme providentiel dont j'ai déjà parlé. Il attend un juge. Dur et terrible. Il attend un homme qui n'aie rien à se reprocher. Et vous le savez tout autant que moi, quand nous pensons que nous n'avons rien à nous reprocher, nous sommes souvent impitoyables envers les gens qui fautent. Quand nous avons fait tous les efforts que nous estimions nécessaires pour rester droits, souvent nous traquons les erreurs des autres pour leur montrer qu'ils ne sont pas sur le bon chemin. Combien nous manquons de grâce quand nous nous sentons justes. C'est pourquoi les paroles de Jean sont si dures : il invective les Pharisiens et les Saducéens qui viennent se faire baptiser parce qu'il estime qu'ils ne sont pas sincères. Peut-être qu'il leur parle comme ça parce qu'il se sent supérieur à eux.</p>

<p style="text-align: justify;">Jean annonçait, aux versets 11 et 12 : "Moi, je vous baptise avec de l'eau pour montrer que vous changez de comportement; mais celui qui vient après moi vous baptisera avec le Saint-Esprit et avec du feu. Il est plus puissant que moi: je ne suis même pas digne d'enlever ses chaussures. Il tient en sa main la pelle à vanner et séparera le grain de la paille. Il amassera son grain dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint jamais." Dans le passé, je comprenais ce passage sur le feu comme l'annonce de la promesse de l'enfer pour toute personne qui ne changerait pas de comportement. C'est terrible, je trouve, de comprendre ce passage comme ça. Jean savait que Jésus serait renversant. Il ne pensait pas qu'il allait lui-même être renversé.</p>

<p style="text-align: justify;">Le baptême de Jean, c'est le baptême de la conversion. J'ai été injuste, je veux devenir juste, donc je me fais baptiser pour démontrer que je veux changer de comportement. Voilà ce qu'est le baptême de Jean le baptiseur. Concernant la conversion, les traductions hésitent et disent "changez de comportement" ou "repentez-vous". Changez de comportement, c'est l'appel des anciens prophètes. La conversion, dans le judaïsme ancien, c'est le fait de réparer le mal qu'on a fait, et de chercher à accomplir la justice. Tu as volé? Tu restitues. C'est la loi et les prophètes. Et c'est une bonne chose. Sauf que si on en reste là, on en vient à croire que nos œuvres sont déterminantes pour être aimés de Dieu. C'est horrible à entendre pour un protestant - est-ce que vous vous en rendez compte? C'est le problème avec "changez de comportement" : on risque de rester en surface, alors que Dieu nous appelle à la profondeur. Mais traduire par "repentez-vous" me semble pire, parce que ça nous charge d'une culpabilité. Et personnellement, je ne vois nulle part dans la Bible - mais je peux me tromper - une incitation à demander pardon pour quelque chose que nous aurions fait. Le pardon me semble non pas à demander, mais à recevoir et à donner. Il est donné gratuitement. En fait, metanoio, le terme grec ici que l'on traduit par "changez de comportement" ou par "repentez-vous", ne dit rien de tout cela. Ce terme exprime un changement de pensée, un changement de logique. Qui peut déboucher sur un changement de comportement bien sûr. La conversion est vraiment quelque chose de profond et d'intérieur. Le baptême de Jean est un baptême du volte-face, d'une prise de conscience : je ne suis pas à la hauteur de ce que Dieu attend de moi, je veux changer et je veux le montrer par mon baptême. C'est le baptême de la personne qui a le désir de faire mieux. Mais c'est le baptême de la personne qui croit que Dieu est si terrible qu'il ne peut pas l'aimer tant que son comportement n'a pas changé. C'est le baptême de la personne qui n'a pas fait l'expérience de la grâce de Dieu.</p>

<p style="text-align: justify;">2. Jésus, un "autre" messie que ce qu'imaginait Jean?</p>

<p style="text-align: justify;">Pourtant, la bible hébraïque donne des indices de ce que Dieu a en réserve pour nous. Le passage que nous avons lu dans le prophète Esaïe nous dit ceci à propos du messie (je vous fais subir ma propre traduction de l'hébreu. C'est moche, mais efficace) : "j'ai donné mon souffle sur lui, il fera sortir le droit pour les nations. Il ne criera pas et il n'élèvera pas la voix dans la rue. Il ne brisera pas le roseau écrasé et il n'éteindra pas la mèche affaiblie. Il fera véritablement sortir le droit. Il établira le droit dans le pays et les îles attendront ses enseignements [sa torah]." Vous avez entendu? Non seulement il n'est pas question ici d'un messie terrifiant, mais en plus il est 3 fois fait mention du droit. Le droit des personnes qui souffrent de l'injustice. C'est pourquoi la parole d'Esaïe continue : "Je t'ai formé pour faire de toi la lumière des nations, pour dessiller les yeux des aveugles, pour faire sortir le prisonnier du cachot et pour faire sortir les habitants de l'obscurité de la maison de captivité". Libération. Le droit qui libère. Le texte d'Esaïe nous présente un messie plein de grâce et de sensibilité, au point de ne pas blesser le roseau abîmé et de ne pas éteindre la flamme qui est fatiguée. Qui cherche à établir le droit pour les malheureux. En fait, quand Jean annonce qu'un autre que lui, plus grand que lui, viendra pour donner un baptême d'Esprit et de feu, j'ai l'impression qu'il ne comprend pas ce qu'il dit. Il ne s'agit pas selon moi du feu de l'enfer dans lequel seraient jeté·e·s les indignes du royaume. Car à ce titre, personne n'est digne, si on considère nos œuvres. Aucun être humain n'est assez juste. Nous faisons tous le mal, même si ce n'est que de temps en temps. Il s'agit d'un feu qui ne s'éteint pas et qui purifie nos êtres. Un feu qui - comme le feu du fondeur - enlève nos impuretés, avec le temps. C'est quelque chose qui se fait presque malgré nous. Nos efforts ne sont pas le moteur de ce changement. C'est le travail de Dieu. Il ne s'agit donc pas du tout de juger les êtres humains par rapport à leur comportement, jugement qui les destinerait au paradis ou à l'enfer, mais il s'agit de voir combien l'Esprit de Dieu est à l'œuvre en nous pour nous sanctifier. Il s'agit de voir combien, grâce à l'œuvre du Saint-Esprit, nous sommes meilleurs aujourd'hui que ce que nous étions. Ce n'est pas par nos propres efforts, mais c'est le don de Dieu. Et par conséquent, je ne peux pas juger mon prochain s'il n'est pas aussi parfait que moi... oups...</p>

<p style="text-align: justify;">3. La conversion de Jean est attendue</p>

<p style="text-align: justify;">Jean le Baptiseur est en train de donner le baptême à des gens qui font une démarche de conversion. Et voilà que le messie se présente à Jean et dit : "Baptise-moi. Accomplissons toute la justice." Jean ne comprend pas. Et nous non plus nous ne comprenons pas. Le messie a-t-il besoin de se convertir? N'est-il pas déjà engagé avec Dieu? N'est-il pas choisi? Il existe bien des théories sur les motivations de Jésus, mais je ne vais pas en parler aujourd'hui. Jean accepte de le baptiser. Et c'est à ce moment que Jésus reçoit l'Esprit qui lui permet d'exercer son ministère de messie. Voilà ce que le texte nous dit. Le texte ne dit pas trop comment Jean a réagi, mais on le sent un peu embêté. Il s'aperçoit que l'image qu'il se faisait du messie ne correspond pas à ce qu'il voit. Il est renversé. Il ne sait plus si ce type est vraiment le messie. Ce doute va subsister jusqu'en prison, où il enverra ses disciples demander à Jésus "es-tu le messie qui doit venir, ou bien devons-nous en attendre un autre?" Et que répond Jésus? "Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres." Pour résumer : regarde, Jean : le droit avance pour les plus malheureux. Et tout de suite après Jésus dit ce truc à propos de Jean : il est le plus grand des prophètes. Mais vous savez quoi? Il ajoute ceci : "Celui qui est le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui". C'est renversant. Toi, qui que tu soies, parce que tu es chrétien, parce que tu es chrétienne, tu es plus grand ou plus grande que Jean le baptiseur, qui était le plus grand des prophètes. Cependant, tu ne sais pas - et moi non plus - ce que ça signifie, d'être plus grand que Jean. Ce n'est sans doute pas un sujet d'orgueil. Jésus renverse toutes nos conceptions de ce que doit être un messie. Il renverse toute nos conceptions de ce que doit être la justice. Il renverse nos conceptions de ce que c'est qu'être le plus grand, le premier, le plus important... C'est vraiment un homme renversant, et Jean est un peu paumé. On ne sait même pas si Jean a vaincu ses doutes à propos de Jésus. Quand on nous raconte la mort de Jean le baptiseur, on ne nous dit pas s'il continuait de croire que Jésus était le messie.</p>

<p style="text-align: justify;">4. En quoi ces questionnements nous rejoignent</p>

<p style="text-align: justify;">Jean avait une conception du salut et du rôle du messie qui était bien fixée dans sa tête. Et Jésus ne lui a pas dit qu'il avait tout faux. Nous, nous vivons avec nos schémas, avec nos cultures, avec nos idéologies. Nous avons nos opinions, politiques, économiques, théologiques, etc. Et Jésus ne nous dit pas que nous avons tout faux. Jésus se situe ailleurs. Toujours. Il est comme le grain de sable qui vient perturber les rouages d'un système de pensée trop bien huilé. Il est le doute qui s'installe dans nos certitudes mortifères. Il est ce principe de vie, cette petite graine qui pousse précisément là où nous voudrions qu'elle ne pousse pas, pour nous rappeler que l'essentiel se trouve ailleurs. Son intervention dans nos vies, dans nos cœurs, nous renverse.</p>

<p style="text-align: justify;">Quand nous nous faisons baptiser, nous recevons une parole de la part de Dieu. Et nous nous approprions cette parole : "tu es mon fils bien aimé - tu es ma fille bien aimée". Nous assumons le fait d'avoir reçu le Saint-Esprit. D'une part celui-ci nous conduit dans une vie plus droite que celle que nous menions avant - attention, on ne devrait jamais se comparer aux autres, mais nous devrions nous comparer à ce que nous étions avant de nous engager avec Dieu. Ce n'est pas un concours, et nous ne sommes pas appelés à juger. Et d'autre part, il nous envoie dans une mission messianique. Nous constituons un peuple, et nous sommes chargés d'une mission, ensemble, en tant que corps de Christ. Une mission qui prolonge les actes de Jésus le messie. Nous sommes appelés à accomplir tout ce que Jésus n'a pas pu faire. Il a réglé la question du péché, du salut, de l'assurance de l'amour de Dieu pour nous. Il a vaincu la puissance de la mort. Nous, nous avons à faire émerger le droit pour les plus pauvres. A être témoins de l'amour de Dieu. Tout cela, la plupart d'entre nous le savons bien. D'ailleurs, vous êtes pour la plupart déjà investi·e·s dans des actions concrètes, et vous pouvez vous dire "je fais déjà ma part". Mais je rappelle que Jean le baptiseur prêchait la conversion et était actif pour le Royaume de Dieu, selon ses convictions, sans se rendre compte que lui-même avait besoin de se convertir. Nous sommes parfois tellement focalisés sur nos activités que nous oublions de nous convertir. Si le baptême a eu lieu une fois pour toutes, la conversion elle n'est jamais achevée, et toujours à renouveler. Et il est bon, parfois, de nous laisser renverser par Dieu. Notamment dans la manière dont nous nous rangeons aux côtés des plus méprisé·e·s. "Il ne casse pas le roseau déjà plié, il n'éteint pas la lampe qui faiblit." Ne cassons pas le roseau abîmé. N'éteignons pas la flammèche. Soyons remplis de l'Esprit et marchons à contre-courant de la logique de notre monde, qui valorise la compétition, la supériorité et l'écrasement des plus faibles. Ensemble, prenons l'appel de Dieu au sérieux et soyons, à l'image de Jésus, un peuple renversant!</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Lionel Thébaud</p>

<p style="text-align: justify;">Janvier 2020</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-01-16T14:24:37Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-culte-de-paques-dimanche-12-avril-2020">
    <title>"L'anagramme de 'Résurrection', c'est... ?" - Texte - Culte de Pâques - dimanche 12 Avril 2020</title>
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        Culte célébré par les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof. Et la participation de 45 membres de la paroisse (chacun chez soi !)
    </description>
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    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span class="texte1">Pâques, un appel à reconstruire</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>Pentemont-Luxembourg, 12 avril 2020. Culte de Pâques en vidéo.</strong></p>

<p><strong>Avec les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof, et la participation de 45 membres de la paroisse (chacun chez soi&nbsp;!).</strong></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Accueil et salutation (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Bonjour&nbsp;! Bienvenue en ce jour de Pâques, pour ce culte de fête&nbsp;!</p>

<p>Culte de fête car Pâques est au cœur de notre foi, Jésus le crucifié est ressuscité, et la vie de ce monde a basculé, et nos vies en sont transformées&nbsp;!</p>

<p>Joie de Pâques vécue de manière particulière cette année, puisque nous ne sommes pas ensemble dans un temple plein, mais chacun chez soi, en ces temps de confinement. Chacun chez soi, mais ensemble dans la communion de prière, rassemblés autour de la Parole de Dieu, unis en Jésus-Christ vivant&nbsp;!</p>

<p>Que sa joie vous soit donnée&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Cette joie, nous la vivons chacun chez soi, mais en communion les uns avec les autres&nbsp;; c’est cela l’Eglise&nbsp;: pouvoir célébrer ensemble.</p>

<p>Partager cette joie, c’est partager notre foi. Le Christ est ressuscité&nbsp;! Il est vivant.</p>

<p>Chacun de nous peut le dire avec ses propres mots.</p>

<p>Des membres de notre Eglise ont enregistré un petit bout de vidéo pour dire le ressuscité. Ils vous proposent leurs mots, chacun à sa manière, chacun depuis son lieu de confinement. C’est comme une symphonie de joie, émouvante.</p>

<p>Elle commence par Pénélope qui nous dit en grec, la langue du Nouveau Testament&nbsp;: «&nbsp;Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité&nbsp;!&nbsp;».</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Confession de foi</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><em>Vidéo de membres de la paroisse.</em></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Khristos anèsti ! Alithos anèsti&nbsp;!</p>

<p>Dieu, aujourd’hui, il est où&nbsp;?</p>

<p>Le Seigneur est ma béquille.</p>

<p>Il est mon compagnon de grande randonnée.</p>

<p>Il est mon ami.</p>

<p>Il est mon appui.</p>

<p>Il est revenu.</p>

<p>Il est présent.</p>

<p>Il est la force de ma vie.</p>

<p>Il est mon choix.</p>

<p>Il est présent, il est ma source.</p>

<p>Il est avec nous.</p>

<p>Il est en moi.</p>

<p>Il est mon phare dans la nuit.</p>

<p>Il est ici avec moi.</p>

<p>Il est ma boussole.</p>

<p>Il est là, au milieu de nous.</p>

<p>Il est lumière sur mon sentier.</p>

<p>Il est toujours avec moi.</p>

<p>Il est doux et humble de cœur, il est mon maître en douceur et humilité.</p>

<p>Il est mon chemin.</p>

<p>Il est mon réconfort.</p>

<p>Il est mon compagnon d’Emmaüs, en chemin avec moi.</p>

<p>Il est ici, présent dans la nature, parmi le thym, la menthe, le romarin, le genêt.</p>

<p>Il est le premier-né d’entre les morts.</p>

<p>Il est celui qui m’a aimée en premier.</p>

<p>Il est ma victoire.</p>

<p>Il est mon chemin de vie.</p>

<p>Il est force et espérance.</p>

<p>Pour moi, il est le prochain dont on peut serrer la main et qu’on peut embrasser.</p>

<p>Il est ma joie et mon soutien.</p>

<p>Il est grandissant, il est ma sève.</p>

<p>Il est mon allégresse.</p>

<p>Il est mon tuteur.</p>

<p>Il est mon rocher protecteur.</p>

<p>Il est ma patrie.</p>

<p>Il est revenu pour nous.</p>

<p>Il est espérance.</p>

<p>Christ est ressuscité&nbsp;!</p>

<p>Que notre joie demeure&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Louange (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Oui, que notre joie demeure&nbsp;!</p>

<p>Magnifique symphonie de témoignages, émouvante et profonde. A chacun de nous poursuivre cet élan de témoins, en rajoutant nos propres mots pour dire le Christ ressuscité. Je vous invite à le faire, dans votre cœur.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous joignons nos cœurs dans la prière.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous te louons pour le Christ ressuscité&nbsp;!</p>

<p>Par lui, tu t’es fait connaître à nous&nbsp;;</p>

<p>tu nous as fait découvrir ton amour.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous te louons pour le Christ ressuscité&nbsp;!</p>

<p>Avec lui, tu es venu vers nous&nbsp;;</p>

<p>il est ton Fils et il est un homme semblable à nous.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous te louons pour le Christ ressuscité&nbsp;!</p>

<p>En lui, tu vis maintenant avec nous&nbsp;;</p>

<p>parfois nous l’ignorons, parfois nous te reconnaissons&nbsp;;</p>

<p>tu es là et tu partages notre vie.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous te louons pour le Christ ressuscité&nbsp;!</p>

<p>Nous voulons vivre dans ton amour&nbsp;;</p>

<p>Seigneur, puisque tu es là,</p>

<p>nous voulons vivre avec toi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous te louons pour le Christ ressuscité&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous poursuivons cette louange en chantant ensemble.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Chant (Andreas Lof) – Jésus sort de la tombe (AEC 483, 1 et 484, 2)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1. Jésus sort de la tombe,</p>

<p>Il vit, il est vainqueur.</p>

<p>Enfin la mort succombe</p>

<p>Devant le seul Seigneur.</p>

<p>Chrétiens, chantons sa gloire,</p>

<p>Célébrons sa grandeur.</p>

<p>Saluons la victoire</p>

<p>Du Christ libérateur.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>2. Rassemble tous les hommes</p>

<p>Déjà tendus vers toi !</p>

<p>Ils marchent vers l’aurore</p>

<p>Où resplendit ta croix.</p>

<p>Tu vois ce peuple immense</p>

<p>Cherchant la vérité ;</p>

<p>Révèle ta présence,</p>

<p>Sauveur ressuscité !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Introduction à l’écoute de l’Evangile (Christian Baccuet)</span></p>

<p>Nous entendons aujourd’hui la bonne nouvelle telle qu’elle nous est donnée dans l’évangile de Matthieu. Matthieu 28, 1-10.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Proclamation de l’Evangile&nbsp;: Matthieu 28, 1-10 (Andreas Lof)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Après le sabbat, alors que le premier jour de la semaine allait commencer, Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent voir le sépulcre. Soudain, il y eut un grand tremblement de terre&nbsp;; car l’ange du Seigneur, descendu du ciel, vint rouler la pierre et s’asseoir dessus. Son aspect était comme l’éclair et son vêtement blanc comme la neige. Les gardes tremblèrent de peur et devinrent comme morts.</p>

<p>Mais l’ange dit aux femmes&nbsp;: «&nbsp;Vous, n’ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n’est pas ici&nbsp;; en effet, il s’est réveillé, comme il l’avait dit. Venez, regardez le lieu où il gisait, allez vite dire à ses disciples qu’il s’est réveillé d’entre les morts. Il vous précède en Galilée&nbsp;; c’est là que vous le verrez. Voilà, je vous l’ai dit.&nbsp;»</p>

<p>Elles s’éloignèrent vite du tombeau, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Mais Jésus vint au-devant d’elles et leur dit&nbsp;: «&nbsp;Bonjour&nbsp;!&nbsp;» Elles s’approchèrent et lui saisirent les pieds en se prosternant devant lui. Alors Jésus leur dit&nbsp;: «&nbsp;N’ayez pas peur&nbsp;; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée&nbsp;: c’est là qu’ils me verront.&nbsp;»</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1"><strong>Prédication (Christian Baccuet) :&nbsp;« Pâques, c’est reconstruire ».</strong></span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>«&nbsp;C’est là qu’ils me verront&nbsp;»&nbsp;! Magnifique rendez-vous, magnifique promesse qui conclut le récit du matin de Pâques dans l’évangile de Matthieu.</p>

<p>Une promesse qui tient en un mot. Douze lettres.</p>

<p>Consonne&nbsp;: R. Voyelle&nbsp;: E. Consonne&nbsp;: S. Voyelle&nbsp;: U. Consonne&nbsp;: R. Consonne&nbsp;: R. Voyelle&nbsp;: E. Consonne&nbsp;: C. Consonne T. Voyelle&nbsp;: I. Voyelle&nbsp;: O. Consonne&nbsp;: N</p>

<p>R E S U R R E C T I O N</p>

<p>«&nbsp;Résurrection&nbsp;». Voilà un joli mot. Un mot de circonstance, pour le jour de Pâques, jour où nous célébrons la résurrection de Jésus-Christ.</p>

<p>La résurrection… Mot évident pour aujourd’hui. Enfin, évident… pas si sûr&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>La résurrection est loin d’être quelque chose d’évident. Une personne de notre Eglise s’interrogeait au téléphone il y a quelques jours. Elle se questionnait sur le sens de Pâques dans notre épreuve, disant&nbsp;: «&nbsp;nous traversons notre croix collectivement. Que penser alors de la résurrection&nbsp;? Pourra-t-on être joyeux dans ces conditions&nbsp;?&nbsp;»…</p>

<p>La résurrection est loin d’être quelque chose d’évident. Cela ne l’a jamais été, d’ailleurs. Vous avez entendu le récit de la résurrection de Jésus dans l’évangile de Matthieu, qu’Andreas vient de proclamer. Rien d’évident ce jour-là&nbsp;: un tremblement de terre, un messager de Dieu, la pierre du tombeau roulée et la tombe vide, les gardes qui ont peur, les femmes qui, sans doute, ne savent pas quoi penser.</p>

<p>La résurrection est loin d’être quelque chose d’évident... Le mot «&nbsp;résurrection&nbsp;» ne figure d’ailleurs pas dans le récit de Matthieu, ni dans les récits parallèles des évangiles de Marc, Luc et Jean. Le mot «&nbsp;résurrection&nbsp;» est d’ailleurs peu fréquent dans le Nouveau Testament, on le trouve 44 fois seulement, et la plupart du temps il ne parle pas de Jésus mais de l’idée de la résurrection en général. Pour parler de la résurrection de Jésus, on n’emploie que rarement le terme «&nbsp;résurrection&nbsp;»&nbsp;!</p>

<p>Ce que le Nouveau Testament emploie beaucoup plus que ce nom, ce sont des verbes. Deux verbes de mouvement, «&nbsp;se réveiller&nbsp;» et «&nbsp;se lever&nbsp;». On les trouve près de six fois plus souvent que le mot «&nbsp;résurrection&nbsp;», 253 fois&nbsp;! Dans le récit de Matthieu, c’est le verbe «&nbsp;se réveiller&nbsp;» qui est utilisé.</p>

<p>Deux verbes de mouvement, deux verbes du quotidien, deux verbes banals. Là où avec le nom «&nbsp;résurrection&nbsp;» on a tout de suite à faire avec une réalité étrange, le Nouveau Testament emploie des verbes courants.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Je trouve cela très intéressant. Cela nous dit deux choses.</p>

<p>La première, c’est qu’il ne faut pas chercher la résurrection dans de l’extraordinaire mais dans le quotidien de nos vies.</p>

<p>Et la deuxième, c’est que la résurrection n’est pas d’abord un concept, une idée, une théorie – un nom statique – mais un élan, une dynamique, une mise en route – des verbes de mouvement.</p>

<p>La résurrection n’est pas un état mais une action. C’est très important. Car si on prend la résurrection pour un concept, on peut en discuter, se demander ce qui s’est passé il y a 2000 ans, comment cela est possible&nbsp;; c’est intéressant, mais on bute très vite sur les limites de notre raison et de notre savoir, sur l’impossibilité de remonter à un fait historique dont personne n’a été témoin, pas même les femmes au tombeau ce matin-là&nbsp;: quand elles arrivent, la tombe est déjà vide. On peut aussi discuter des heures durant, des siècles mêmes, de la «&nbsp;résurrection&nbsp;» comme concept, en faire un dogme… et on n’est guère avancé.</p>

<p>Mais l’Evangile est clair. La résurrection n’est pas un concept statique mais un mouvement qui nous touche au cœur de notre existence. Ce n’est pas «&nbsp;la résurrection&nbsp;» mais «&nbsp;il s’est réveillé&nbsp;», «&nbsp;il s’est levé&nbsp;». Il n’est plus là, la tombe est vide. Ce n’est plus dans le tombeau, c’est-à-dire en arrière, qu’il faut chercher, mais ailleurs, au-delà, plus loin. Cela déplace le regard. Cela ouvre une espérance. Cela met en route.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Voyez ce qui nous est raconté par Matthieu. Ce n’est pas une théorie ou une démonstration, c’est le récit d’une rencontre. Deux femmes, Marie de Magdala et une autre Marie sont venues de bon matin, sans penser qu’elles allaient trouver quelqu’un puisqu’elles venaient voir une tombe.</p>

<p>Et là, elles font deux rencontres.</p>

<p>Celle d’un messager de Dieu d’abord, porteur d’une parole de paix (n’ayez pas peur), d’une promesse de vie (Jésus le crucifié s’est réveillé) et d’une invitation (allez le dire à ses disciples, il vous attend en Galilée).</p>

<p>Puis la rencontre du Christ lui-même, porteur vivant de la même parole et de la même invitation à la vie&nbsp;: «&nbsp;Bonjour, n’ayez pas peur&nbsp;; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée&nbsp;: c’est là qu’ils me verront.&nbsp;»</p>

<p>Nous ne savons pas ce qui s’est exactement passé ce jour de Pâques il y a près de 2000 ans à Jérusalem, l’événement historique nous est inaccessible, le «&nbsp;comment&nbsp;» de cette rencontre reste mystérieux. Mais ce que nous savons, c’est que pour ces femmes, puis pour les disciples à qui elles vont raconter cela, et pour beaucoup d’entre nous résonne encore l’écho de cette rencontre, la force de la présence du Christ, la vitalité de ses paroles.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Bonjour… Jésus salue les deux Marie, il s’adresse à elles dans une relation. Littéralement, en grec, il leur dit&nbsp;: «&nbsp;charaitè&nbsp;» (χαίρετε), ce qui veut dire&nbsp;: «&nbsp;grâce pour vous&nbsp;». Cette salutation quotidienne est en ce matin de Pâques promesse de vie.</p>

<p>N’ayez pas peur… C’est la parole de paix dont nos vies ont besoin, secouées qu’elles sont par tant de souci, d’inquiétude, de souffrance. N’ayez pas peur, c’est une parole de grâce, un cadeau.</p>

<p>Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée… A mes frères et mes sœurs, à mes disciples qui deviennent avec moi membre de la fratrie de ceux qui vivent proches de Dieu. La Galilée, c’est la région où la mission de Jésus avait commencé à se déployer&nbsp;; c’est la région d’origine des disciples, le lieu de leur quotidien&nbsp;; c’est une région où se croisent différentes nationalités, cultures, religions – à l’image du monde – et d’où l’Evangile, désormais, va se répandre. Cette invitation à ne pas rester là, près du tombeau mais à se mettre en route vers un ailleurs, indique le lieu de la vie quotidienne désormais éclairée d’une présence, le lieu des autres, destinataires par nous de la même invitation.</p>

<p>C’est là qu’ils me verront… La parole du Christ, qui fait de ses disciples ses frères et sœurs, frères et sœurs en humanité, frères et sœurs en présence de Dieu, donne un rendez-vous, une promesse de rencontre, une attente vive, une espérance.</p>

<p>Le Christ s’est réveillé… Ce n’est pas un message qui nous enferme, qui nous fige, c’est un appel qui nous fait sortir de ce qui nous écrase. C’est une invitation à sortir de tous nos tombeaux, une invitation à continuer à croire, à aimer, à espérer, même quand la réalité semble bien loin de cela. C’est voir au-delà parce que c’est un rendez-vous, une promesse, un envoi. C’est une vocation.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ainsi, à Pâques, nous ne commémorons pas un événement, nous célébrons un avènement. Nous ne regardons pas en arrière dans une histoire passée qui n’aurait plus de sens pour nous aujourd’hui. Nous regardons en avant, portés par une histoire qui commence, qui s’ouvre, une aube nouvelle, une aurore, des lendemains à vivre. Jésus ressuscité, c’est le début de la fin de nos peurs, c’est le début de notre éveil et de notre redressement, c’est la grâce de Dieu qui irrigue en nous, c’est le début de notre envoi à la suite du Christ, qui nous précède dans le monde et nous envoie partager la bonne nouvelle avec les autres.</p>

<p>Nous ne sommes pas enfermés dans le passé&nbsp;: la foi n’st pas nostalgie. Nous ne sommes pas enfermés dans le présent&nbsp;: la foi n’est pas sans perspective. Nous sommes projetés vers l’avant. Alors dans ce temps de confinement, lourd d’inquiétude et d’incertitude, la parole de Pâques nous dit&nbsp;: il est vivant, tu peux à ton tour te réveiller, te lever, ressusciter. Le temps viendra où nous reconstruirons ce monde. Pas le reconstruire comme il était avant, mais de l’imaginer, le créer, le vivre, de manière nouvelle&nbsp;: un monde renouvelé, un monde de résurrection, un monde où la grâce de Dieu pourra se déployer dans la justice, le partage, la solidarité, l’attention aux plus fragiles.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Cette réalité du début de la vie de foi de Marie de Magdala et de l’autre Marie est notre réalité aujourd’hui&nbsp;: un appel à reconstruire.</p>

<p>C’est cela la résurrection. Une mise en route à la suite du Christ, un élan de vie, une espérance. La résurrection, c’est se réveiller et se lever. La résurrection, c’est vivre. La résurrection, c’est reconstruire.</p>

<p>C’est une mise en route bouleversante. Cela met nos certitudes à l’envers, cela les retourne, cela les convertit. C’est comme si on mélangeait nos repères, nos théories, nos systèmes, pour leur donner un souffle de vie, les réorganiser pour qu’elles soient reconstruites dans l’espérance.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>La résurrection, douze lettres qui se traduisent dans l’appel à reconstruire. Cela change tout, cela nous change et nous bouleverse. Et, si je bouleverse ces lettres, regardez&nbsp;: en mélangeant les lettres,</p>

<p>R E S U R R E C T I O N</p>

<p>devient</p>

<p>R E C O N S T R U I R E&nbsp;!!!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Résurrection, reconstruire… Les mêmes lettres, la même réalité, le même appel.</p>

<p>La résurrection c’est vivre. C’est vivre pour reconstruire ce mode… Bonne nouvelle de Pâques&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Musique (Andreas Lof) – Aria des Variations Goldberg de J.-S. Bach</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Communion (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Habituellement, chaque dimanche à ce moment du culte, nous partageons la cène, ensemble en cercle dans le temple. Le jour de Pâques, le repas du Seigneur est particulièrement festif. Ce n’est pas possible aujourd’hui, et c’est sans doute douloureux pour beaucoup d’entre nous. Alors je voudrais vous dire deux choses.</p>

<p>La première, c’est que ce sera d’autant plus une grande fête quand nous pourrons la partager ensemble&nbsp;!</p>

<p>Et la deuxième, c’est que notre communion, c’est dans l’Esprit saint qu’elle se vit, et qu’elle est réelle, sainte cène ou non, et qu’elle est, au-delà de nous, communion avec tous les chrétiens, sur tous les continents, dans toutes les époques, dans la diversité des Eglises, au sein de l’unique Eglise, celle du Seigneur vivant. En signe de cette communion de tous les croyants, nous prions avec Pénélope qui nous fait un petit cadeau, le chant en grec d’un hymne orthodoxe de Pâques&nbsp;:</p>

<p>«&nbsp;Christ est ressuscité des morts, par la mort, il a vaincu la mort ;</p>

<p>à ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie !&nbsp;»</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><em>Khristos anèsti èk nèkron, thanato thanatone patissas&nbsp;;</em></p>

<p><em>Kè tis èn tis mnimassi, zoïn Kharissamènos&nbsp;!</em></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prière et Notre Père &nbsp;(Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Nous prions</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur,</p>

<p>toi qui as réveillé Jésus dans l’aube de Pâques,</p>

<p>toi qui portes en ses mains la lumière,</p>

<p>toi qui fais lever sur notre terre un jour nouveau,</p>

<p>toi qui nous veux près de toi dans la joie rayonnante,</p>

<p>avec devant nous l’avenir tout neuf de la vie immédiate</p>

<p>et de la vie éternelle,</p>

<p>nous te prions.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Fais-nous connaître le secret où tu nous attends.</p>

<p>Dévoile à chacun de nous l’aube qui est au fond de la nuit.</p>

<p>Entends notre prière pour toute la terre&nbsp;:</p>

<p>pour la paix, la justice et la liberté des êtres humains,</p>

<p>pour le renouvellement et la fidélité de ton Eglise.</p>

<p>Pour que chacun de nous te cherche et te trouve,</p>

<p>Seigneur, nous te prions.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Et unis en Christ, nous te disons ensemble&nbsp;:</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Notre Père, qui es aux cieux,</p>

<p>que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.</p>

<p>Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.</p>

<p>Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.</p>

<p>Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal.</p>

<p>Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles de siècles.</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous prolongeons cette prière en chantant l’hymne de la résurrection.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Chant (Andreas Lof) – A toi la gloire (AEC 471, 1-2-3)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1. A toi la gloire,</p>

<p>O ressuscité !</p>

<p>A toi la victoire</p>

<p>Pour l’éternité.</p>

<p>Brillant de lumière,</p>

<p>L’ange est descendu ;</p>

<p>Il roule la pierre</p>

<p>Du tombeau vaincu.</p>

<p>A toi la gloire,</p>

<p>O ressuscité !</p>

<p>A toi la victoire</p>

<p>Pour l’éternité.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>2. Vois-le paraître :</p>

<p>C’est lui, c’est Jésus,</p>

<p>Ton Sauveur, ton Maître ;</p>

<p>Oh ! ne doute plus !</p>

<p>Sois dans l’allégresse,</p>

<p>Peuple du Seigneur,</p>

<p>Et redis sans cesse</p>

<p>Que Christ est vainqueur.</p>

<p>A toi la gloire,</p>

<p>O ressuscité !</p>

<p>A toi la victoire</p>

<p>Pour l’éternité.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>3. Craindrais-je encore ?</p>

<p>Il vit à jamais,</p>

<p>Celui que j’adore,</p>

<p>Le prince de paix.</p>

<p>Il est ma victoire,</p>

<p>Mon puissant soutien,</p>

<p>Ma vie et ma gloire :</p>

<p>Non, je ne crains rien.</p>

<p>A toi la gloire,</p>

<p>O ressuscité !</p>

<p>A toi la victoire</p>

<p>Pour l’éternité.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Annonces (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>A toi la gloire, pour l’éternité… L’éternité est devant nous, et elle a déjà commencé, au matin de Pâques.</p>

<p>Ce culte va se terminer mais la communion en Christ demeure, et en Christ elle demeure entre nous.</p>

<p>Nous restons en lien. Pour cela, vous pouvez nous écrire à l’adresse contact@epupl.org, et aller sur le site de notre paroisse, www.epupl.org, où vous pourrez revoir ce culte, en trouver le texte écrit, et des propositions de prière, méditation, activités…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Bénédiction (Andreas Lof)</span></p>

<p>Que la joyeuse nouvelle de la résurrection du Christ demeure vivante,</p>

<p>brûlante en chacun de nous</p>

<p>et nous accompagne comme une musique obstinée pour transformer et soutenir nos vies.</p>

<p>Que la paix du Christ ressuscité vous accompagne, habite en vous et soit à travers vous.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Bon dimanche de Pâques à vous tous&nbsp;!</span></p>
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    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:43:11Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/la-corbeille">
    <title>"La corbeille"</title>
    <link>https://www.epupl.org/actualites/la-corbeille</link>
    <description>
        Un conte à partager, par Dominique Baumgartner, monitrice du pré-KT
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/la-corbeille/image_thumb">
        <dc:title>"La corbeille"</dc:title>
        <url>https://www.epupl.org/actualites/la-corbeille/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La corbeille</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">L’heure du conte</p>

<h3 style="text-align: justify;">«&nbsp;La corbeille&nbsp;»</h3>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Un vieil homme vivait dans une ferme, dans les montagnes, avec son petit-fils. Chaque matin, le grand-père se réveillait tôt pour lire sa Bible. Le petit-fils, qui admirait beaucoup son grand-père, essayait de l'imiter dans tous ses gestes.</p>

<p style="text-align: justify;">Un jour, le petit-fils demanda&nbsp;: «&nbsp;Grand-père&nbsp;! J'ai essayé de lire la Bible comme toi, mais je n'arrive pas à comprendre le sens des versets, et lorsque je comprends,&nbsp;j'oublie tout aussitôt que je referme le livre. Qu'est-ce qu'on retire de bien lorsque nous lisons la Bible&nbsp;?&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Le grand-père, silencieusement, enleva le charbon que contenait une corbeille posée au coin du feu et dit à son petit-fils&nbsp;: «&nbsp;Prends cette corbeille sale et va jusqu'à la rivière. Rapporte-la moi remplie d'eau.&nbsp;»</p>

<p class="exergue" style="text-align: justify;">Un jour, le petit-fils demanda&nbsp;: «&nbsp;Grand-père&nbsp;! J'ai essayé de lire la Bible comme toi, mais je n'arrive pas à comprendre le sens des versets, et lorsque je comprends,&nbsp;j'oublie tout aussitôt que je referme le livre.</p>

<p style="text-align: justify;">Le petit garçon fit comme son grand-père lui demandait, mais la corbeille se vida de son eau avant qu'il ne revienne à la maison.</p>

<p style="text-align: justify;">Le grand-père rit et dit&nbsp;: «&nbsp;Tu devrais être plus rapide la prochaine fois&nbsp;!&nbsp;» et il renvoya son petit-fils avec la corbeille pour essayer une deuxième fois.</p>

<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, le jeune garçon courut aussi vite qu'il le pouvait, mais il rentra de nouveau avec une corbeille vide.</p>

<p style="text-align: justify;">Tout essoufflé, il dit à son grand-père qu'il était impossible de rapporter de l'eau dans une corbeille et qu'il allait prendre un seau à la place. Le grand-papa lui dit alors&nbsp;: «&nbsp;Je ne veux pas de l'eau dans un seau, mais dans une corbeille. C'est juste qu'il faut&nbsp;réessayer encore&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">L'enfant partit tenter encore une fois sa chance. Il plongea la corbeille dans la rivière, courut, mais quand il arriva à la maison, la corbeille était encore vide. Essoufflé, il dit à son grand-père&nbsp;: «&nbsp;Tu as vu, grand-père, ça ne marche pas&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Alors le vieil homme regarda son petit-fils et lui dit&nbsp;: «&nbsp;Regarde bien la corbeille.&nbsp;» Le jeune garçon regarda la corbeille et, pour la première fois, il remarqua qu'elle était différente. Elle était transformée&nbsp;: la corbeille, si sale au départ, était devenue toute propre...</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Vois-tu, mon cher petit, c'est la même chose si tu lis la Bible. Il se peut que tu ne comprennes pas ou que tu ne te rappelles pas tout, mais quand tu lis la Bible, c'est ton cœur qui change.&nbsp;»</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2021-08-31T09:10:19Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/le-jour-dapres">
    <title>"Le jour d'après"</title>
    <link>https://www.epupl.org/actualites/le-jour-dapres</link>
    <description>
        Ultime méditation de confinement proposée par Elian Cuvillier pour le journal Réforme
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/le-jour-dapres/image_thumb">
        <dc:title>"Le jour d'après"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans cette chronique, la treizième, Élian Cuvillier évoque les enseignements et les questions laissés en lui comme des traces après ces huit semaines de confinement. Merci à lui de nous avoir accompagnés et aidés pendant tout ce temps, par la richesse et la profondeur de sa pensée.</p>

<p><strong><a href="https://www.reforme.net/reflexions-crise-du-coronavirus/2020/05/10/le-jour-dapres-par-le-theologien-elian-cuvillier/" target="_blank">Lisez cette chronique sur le site du journal Réforme</a></strong></p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-05-15T12:51:53Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/les-trois-vielliards">
    <title>"Les trois vielliards"</title>
    <link>https://www.epupl.org/actualites/les-trois-vielliards</link>
    <description>
        Un conte à partager, proposé par Dominique Baumgartner
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/les-trois-vielliards/image_thumb">
        <dc:title>"Les trois vielliards"</dc:title>
        <url>https://www.epupl.org/actualites/les-trois-vielliards/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: justify;">"Les trois vieillards"</h3>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">C'était un matin, le soleil se levait sur une vaste prairie de Palestine.</p>

<p style="text-align: justify;">Un jeune berger y gardait les brebis de son maître&nbsp;; il portait son maigre repas&nbsp;: du pain bis et une gourde d'eau. Son chien et sa flûte l'accompagnaient. Il aimait Dieu et souvent le priait, non pour lui-même, mais demandant que ses parents aient une vieillesse heureuse.</p>

<p style="text-align: justify;">Soudain, l'enfant aperçut un homme qui s'approchait&nbsp;; l'étranger arriva bientôt près de lui. C'était un vieillard qui paraissait souffrir de la fatigue et de la chaleur&nbsp;; l'enfant le salua.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;J'ai faim&nbsp;», dit alors le vieillard.<br />
L'enfant sortit de sa musette le pain qui devait lui suffire pour la journée&nbsp;:</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Tenez, dit-il,&nbsp;je mangerai plus tard.&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">Le voyageur prit le pain sans un mot, et se remit en route. L'enfant le regarda s'éloigner&nbsp;: ce qu'il venait de donner était tout son repas du jour, mais il ne se demanda pas si plus tard il aurait faim et ayant perdu l'étranger de vue, il prit sa flûte et se mit à en jouer.</p>

<p style="text-align: justify;">Vers midi, le soleil brûlait la plaine ; les brebis et le chien s'étaient couchés sur l'herbe&nbsp;; l'enfant jouait toujours. Puis, la gorge sèche, il dut s'arrêter de jouer car, n'ayant rien mangé de la journée, il était sans force. Au moment où il allait porter sa gourde à la bouche, une main se posa sur son épaule. Un vieillard au regard triste était à côté de lui. D'où venait-il&nbsp;? Le chien n'avait pas aboyé, l'enfant n'avait rien entendu.<br />
«&nbsp;J'ai soif&nbsp;», dit l'étranger.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Voici ma gourde, buvez&nbsp;!&nbsp;», répondit l'enfant, oubliant sa soif.</p>

<p style="text-align: justify;">Le vieillard saisit la gourde et but toute l'eau qu'elle contenait. Puis, silencieux, il reprit sa route tandis que l'enfant, épuisé, se laissait tomber au pied d'un arbre.</p>

<p style="text-align: justify;">Les heures passaient et le soir arriva. Comme l'enfant se préparait à ramener ses brebis la bergerie, il aperçut un homme qui s'avançait vers lui&nbsp;; il semblait encore plus misérable que les deux autres&nbsp;; il tremblait de fatigue et de froid.</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Je suis pauvre&nbsp;», murmura-t-il en s'approchant.<br />
«&nbsp;Hélas, répondit l'enfant, je ne possède rien moi non plus&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">-&nbsp;Ces brebis ne sont-elles pas à toi&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">-Elles sont au maître qui me les a confiées.</p>

<p style="text-align: justify;">- Qu'importe&nbsp;! reprit l'étranger, donne-moi une brebis.</p>

<p style="text-align: justify;">-Je ne peux pas vous donner ce qui ne m'appartient pas, reprit l'enfant d'une voix ferme. Mais moi, je me donne à vous, emmenez-moi, vendez-moi comme esclave et vous serez riche alors&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">- Viens&nbsp;!, dit seulement le voyageur.</p>

<p class="exergue" style="text-align: justify;">Il aimait Dieu et souvent le priait, non pour lui-même, mais demandant que ses parents aient une vieillesse heureuse.</p>

<p style="text-align: justify;">L'enfant fit un signe à son chien et la bonne bête se mit en route, guidant le troupeau vers la bergerie.</p>

<p style="text-align: justify;">Le petit berger suivit l'étranger auquel il venait de donner sa liberté&nbsp;; des larmes lui vinrent aux yeux en pensant à ses parents qu'il ne reverrait plus.</p>

<p style="text-align: justify;">Et il marcha dans la nuit derrière son maître silencieux.</p>

<p style="text-align: justify;">Déjà l'aube approchait lorsque les deux voyageurs arrivèrent à la ville sacrée, Jérusalem. Le vieillard pénétra dans une maison somptueuse et l'enfant le suivit. Son guide ouvrit une porte&nbsp;: ils se trouvaient maintenant dans une vaste chambre, dallée de marbre, aux murs ornés de magnifiques peintures&nbsp;; l'étrange voyageur avait disparu.</p>

<p style="text-align: justify;">Alors, l'enfant aperçut sur une table son pain et sa gourde&nbsp;; en face de lui les trois vieillards étaient debout entourés d'une lumière mystérieuse&nbsp;; à leur côté, un homme jeune souriait. Et celui-là, l'enfant le reconnut&nbsp;: c'était Jésus.<br />
Tandis que l'enfant, tout ému joignait les mains,&nbsp;Jésus parla&nbsp;:</p>

<p style="text-align: justify;">«&nbsp;Tu as donné ton pain à qui avait faim, tu as donné ta gourde à qui avait soif, tu as donné ta personne à qui était pauvre&nbsp;: eh bien, tout ce que tu as donné te sera rendu en centuple&nbsp;: pour ton pain, je te donne cette demeure, pour ton eau, ces richesses et pour ta personne, la liberté&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p style="text-align: justify;">L'enfant était à genoux, mais lorsqu'il redressa la tête, Jésus et les vieillards avaient disparu.&nbsp;<br />
Au même moment, les vieux parents pénétraient dans la riche demeure, fous de joie de retrouver leur enfant qu'ils croyaient perdu&nbsp;! et tous trois jurèrent de secourir les pauvres et les vieillards, de consoler les malheureux, de soigner les malades, tandis que de leurs cœurs, la reconnaissance et la prière s'élevaient vers Dieu.</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2021-07-09T08:00:25Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/ne-baissons-pas-les-bras-par-christine-decamp">
    <title>"Ne baissons pas les bras" par Christine Décamp</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/ne-baissons-pas-les-bras-par-christine-decamp</link>
    <description>
        Prédication du dimanche 20 octobre par Christine Décamp
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/ne-baissons-pas-les-bras-par-christine-decamp/image_thumb">
        <dc:title>"Ne baissons pas les bras" par Christine Décamp</dc:title>
        <url>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/autres-predications/ne-baissons-pas-les-bras-par-christine-decamp/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Samedi dernier, dans le métro, sur la ligne 6 qui me menait vers le Trocadéro, j’étais en pleine réflexion… Je commençais à préparer cette prédication. Je repensais à ce dimanche d’août dernier où je prêchais en Normandie et où, à l’issue du culte, une paroissienne vient me trouver en s’exclamant&nbsp;: c’est bien la première fois que j’assiste à un culte où l’on ne dit pas le Notre-Père&nbsp;! … Les bras m’en sont tombés... J’avais oublié d’introduire le Notre-Père après la prière d’intercession…</p>

<p>Alors donc dans le métro, samedi dernier, j’étais en train de me dire, surtout dimanche, tu n’oublies pas le Notre-Père&nbsp;! Pas deux fois&nbsp;! Et à ce moment-là, j’entends un monsieur chanter «&nbsp;Notre Père, qui, j’espère, êtes aux cieux, n’ayez cure des murmures malicieux.&nbsp;» C’était ce monsieur que vous avez peut-être déjà croisé, tout de rouge vêtu, qui reçoit quelques pièces en chantant des chansons de Georges Brassens, et particulièrement la chanson, la marguerite&nbsp;: &nbsp;&nbsp;</p>

<p>«&nbsp;Notre Père, qui, j’espère, êtes aux cieux,</p>

<p>n’ayez cure des murmures malicieux.&nbsp;»</p>

<p>Je ne sais pas si vous connaissez cette chanson, pleine d'humour, comme souvent chez Brassens. C'est l'histoire amusante d'un curé qui, en ouvrant son missel pour dire la messe, fait tomber une marguerite. Ce qui fait jaser dans l'assemblée...</p>

<p>Revenons à nos lectures du jour. Voici donc le récit de deux combats, deux luttes. Une lutte de territoire d'abord dans l'Exode, entre le peuple hébreu et ses voisins Amalécites. Puis une lutte pour la justice, chez Luc, entre cette veuve et ce juge inique. Des combats difficiles, presque perdus d'avance, c'est un peu «&nbsp;le pot de terre contre le pot de fer&nbsp;». Mais 3 dimensions essentielles ressortent : il y a pour commencer la prière, mais il y a aussi l’action, et il y a surtout l’espérance.</p>

<p>Tout d’abord la prière. C’est déjà dans le préambule de la parabole : «&nbsp;Jésus leur dit cette parabole pour leur montrer qu’ils devaient toujours prier, sans jamais se décourager&nbsp;».</p>

<p>Alors je m’arrêterai quelques instants sur la prière. La prière, c’est quoi ?</p>

<p>La prière, je dirais que c’est ce lien avec le Dieu de Jésus-Christ ; c’est ce qui nous permet d'entrer en relation avec Dieu. C’est une parole adressée à Dieu, avec nos mots, qui nous permet de ressentir sa proximité, de réveiller en nous cette fibre spirituelle qui a tendance à très vite s’endormir...</p>

<p>Prier, c’est au fond déjà croire que nous ne sommes pas dans un monde cyclique où tout se répète à l’infini, mais dans un monde linéaire, où les choses peuvent avancer, où les situations peuvent bouger, où l’impossible n’existe pas pour Dieu&nbsp;!</p>

<p>Prier, c’est aussi se décentrer de soi, de son individualisme, de ses propres préoccupations, pour remettre à Dieu des situations difficiles, et surtout puiser des forces pour devenir acteur dans le monde.</p>

<p>Avoir la force de Dieu dans son cœur, dans ses bras, dans sa tête !</p>

<p>Prier enfin, c’est parler à Dieu simplement, avec nos petits mots et nos grands silences, avec nos balbutiements et nos doutes ; mais c’est en tout cas replacer Dieu à sa place de Dieu, et non pas croire que nous sommes de puissants petits dieux...</p>

<p>Dans notre parabole, la prière de la veuve est imagée&nbsp;: sa prière à elle, c’est cette demande faite à un juge qui est... injuste. Elle demande. Elle n’a de cesse de lui demander : « rends-moi justice contre mon adversaire ». Lui, refuse. Et il refuse ; et il refuse encore. On nous dit même qu’il refuse pendant longtemps... De quoi baisser les bras…</p>

<p>Mais, nous allons le voir, cette veuve, elle ne lâchera pas le morceau.</p>

<p>Et j’en viens ensuite à l’action.</p>

<p>Cette veuve, elle se déplace. Elle va ; elle va régulièrement jusqu’au juge. Elle ne reste pas tranquillement chez elle en se disant : « maintenant que les choses sont dites, j’attends que ça se passe ». Elle sort de chez elle. Pas d’attente passive. De l’action.</p>

<p>« La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie. »</p>

<p>Pareil dans notre texte de l’Exode, Moïse dit à Josué de choisir des hommes et d’aller combattre&nbsp;les Amalécites. En hébreu, le verbe signifie littéralement «&nbsp;sortir faire la guerre&nbsp;». Nous sommes d’ailleurs seulement quelques chapitres après celui de la sortie d’Egypte.</p>

<p>Sors de chez toi, quitte ta barque, pour aller et agir dans le monde. C’est sûr qu’en restant chez soi, il ne peut rien nous arriver (ou presque) certes, mais il ne peut rien arriver d’extraordinaire non plus, pas de rencontre possible, pas de combat non plus.</p>

<p>Dans le désert du Sinaï, la ville de Refidim où a lieu le conflit entre les Amalécites et les Hébreux, porte un nom qui signifie en hébreu «&nbsp;lieu de repos&nbsp;». Etrange nom pour la scène de ce combat féroce... Peut-être que le repos n’est possible qu’à l’issue d’une lutte acharnée&nbsp;?</p>

<p>La prière ce n’est pas un défouloir vers Dieu de tout ce qu’on ne veut pas faire soi-même. La prière c'est la force de l’action encouragée, soutenue, validée par Dieu !</p>

<p>La prière sans l’action, c’est comme une parole donnée sans l’engagement qui va avec.</p>

<p>Saint Augustin écrivait&nbsp;:</p>

<p>« Prie comme si tout dépendait de Dieu. Travaille comme si tout dépendait de toi. »</p>

<p>Je ne crois pas qu'il faille opposer prière et action, d’un côté, ceux qui ont un ministère spirituel et de l’autre, ceux qui ont un engagement actif. Nous avons tous besoin des deux, prière et action, combinées pour pouvoir déplacer des montagnes !</p>

<p>Alors, cette veuve elle formule une prière de demande mais surtout elle va. Elle va à la rencontre du juge.</p>

<p>Même si le combat est tout à fait inégal, et paraît perdu d’avance.&nbsp;Car nous avons, d’un côté, une femme qui n’a plus de mari, qui demande que justice lui soit rendue. Et de l’autre, nous avons un juge injuste qui avoue lui-même qu’il ne craint même pas Dieu et n’a d’égard pour personne.</p>

<p>Eh bien, cette veuve, elle est remarquable parce qu’elle y va, elle y retourne, elle fait entendre sa voix, une petite voix qui va devenir insoutenable au bout d’un moment pour ce juge. Le texte dit littéralement qu’elle «&nbsp;lui casse la tête&nbsp;». Elle relève les manches, notre veuve, et elle y croit dur comme fer.</p>

<p>N’est-ce pas un peu ce qui nous manque parfois, la constance et la persévérance ? La constance dans nos projets, constance dans nos choix, constance dans nos combats ?</p>

<p>J’en viens alors au troisième point, qui est l’espérance.</p>

<p>Je crois qu’avec le Christ, il nous est donné, je dirais même offert, de ne jamais désespérer. JAMAIS. Même quand une situation semble sans issue, même quand la souffrance est de la partie... Y croire, même quand tout paraît mort.</p>

<p>Ne pas s’enfermer chez soi, ne pas se replier sur soi, comme les disciples l’ont fait après la crucifixion et la mort de Jésus ; mais croire, toujours croire en la résurrection, c’est-à-dire la victoire de la vie sur la mort ; la victoire de la justice sur l’injustice ; la victoire de la réconciliation sur la déchirure ; la victoire de la reconstruction sur l’échec. &nbsp;</p>

<p>Croire que le Dieu de Jésus-Christ ne nous laisse pas en plan, mais nous assure de sa présence et aussi de son action chaque jour à nos côtés.</p>

<p>Voilà l’espérance chrétienne, qui doit toujours accompagner notre prière et notre action&nbsp;! Espérer et croire que le pot de terre peut avoir raison du pot de fer.</p>

<p>Malgré ce juge injuste qui ne craint même pas Dieu et qui ne s'intéresse à personne d'autre qu'à lui-même... Ce juge qui représente le monde actuel qui se détourne de Dieu, ou bien se prend pour un dieu tout-puissant, et qui tel un rouleau compresseur, écrase tout ce qui est trop petit, trop faible, trop seul sur son passage.</p>

<p>Malgré ce pot de fer qui paraît incassable, se tient debout le pot de terre, cette veuve qui représente tous ceux qui veulent un monde plus juste ; ceux qui veulent un monde où l’humain passera avant les richesses. Ceux qui veulent un monde où l’homme, la femme, et l’enfant pourront vivre en paix, librement. Cette veuve, elle représente toutes les personnes et les organismes de bonne volonté qui croient que les gouttes d’eau font les grandes rivières et même les océans.&nbsp;Et qui puisent leur force, leur courage, leur espérance dans le Christ qui a vaincu la mort !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Mes frères et sœurs, ne baissons pas les bras ! Ne baissons pas les bras car nous ne sommes pas seuls.</p>

<p>Parce que nous pouvons nous relayer quand la fatigue se fait sentir. Quand l’un d’entre nous n’arrive plus à prier, il sait que ses frères et sœurs en Christ sont à ses côtés et prennent le relais. Comme Moïse qui est secondé par Aaron et Hour. Sans eux, il aurait baissé les bras et abandonné le combat... Au lieu de cela, il est assis sur sa pierre, et il tient ferme, un modèle de stabilité, de fidélité pour tout le peuple. C'est la racine «&nbsp;amen&nbsp;» en hébreu. «&nbsp;Amen&nbsp;» c’est ce petit mot qui dit «&nbsp;c’est bon, on peut y aller&nbsp;». C'est le chamelier, dans le désert, qui crie «&nbsp;Amen&nbsp;», OK, c’est bon tous les chameaux sont attachés, la caravane peut partir&nbsp;!</p>

<p>Quand tout est OK, quand les bras de Moïse sont fermes et fidèles, alors l’ennemi est KO&nbsp;!</p>

<p>Car Dieu est présent sous les bras. Ce n’est pas lui le juge inique qui rend justice pour se débarrasser vite fait des indésirables qui lui «&nbsp;cassent la tête&nbsp;». Dieu, lui, il est sous les bras de Moïse quand il flanche ; il est sous les bras de cette veuve quand elle essuie refus sur refus. De même, Dieu est sous nos bras quand on ne sait plus comment faire... quand la tâche est trop dure, le fardeau trop lourd à porter et que nous nous épuisons...</p>

<p>Mes frères et sœurs, ne baissons pas les bras !</p>

<p>Comme le coureur kényan qui a fini, la semaine dernière, son marathon en moins de 2 heures. Poursuivons notre course, avec foi et persévérance !</p>

<p>Tenons ferme jusqu'au bout avec cette foi en Christ ressuscité !</p>

<p>Vainqueur de la mort et de l'injustice ! Triomphant sur la peur et l'individualisme !</p>

<p>Alors, avec Moïse, avec cette veuve, prions toujours notre Dieu qui nous donne force d'agir et qui est notre raison d'espérer.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Et à la question finale&nbsp;de la parabole :</p>

<p>« Quand le Fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre&nbsp;? », je crois que nous répondrons d’un seul cœur&nbsp;: «&nbsp;oui, Seigneur&nbsp;! ».</p>

<p>Amen</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2019-10-23T09:38:28Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/parle-seigneur-moi-ton-serviteur-jecoute">
    <title>"Parle Seigneur, moi, ton serviteur, j'écoute !"</title>
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        Edito de la pasteure Sophie Ollier pour le numéro de décembre de la Lettre de Pentemont-Luxembourg
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        <dc:title>"Parle Seigneur, moi, ton serviteur, j'écoute !"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<h3 style="text-align: justify;">L’Édito : «&nbsp;Parle Seigneur, moi, ton serviteur, j’écoute&nbsp;!&nbsp;»</h3>

<p style="text-align: justify;"><em>1 Samuel 3, 9</em></p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;">Quelle phrase incroyable&nbsp;!!!! Magnifique&nbsp;! Pleine de confiance&nbsp;! Mais qui suis-je pour la prononcer&nbsp;? Et comment me mettre à l’écoute de la réponse&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Nous rentrons dans le temps de l’Avent et nous voilà dans cette attente pour célébrer, une fois encore, ce Dieu qui nous a rejoint en chair et en os pour nous faire entendre sa Parole&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Plus de 2000 ans et cette Parole anime encore nos vies&nbsp;! Elle est source d’élans, d’actions, de reconnaissance, de naissance, de mouvements, de repentance, d’intercession, de chants… Elle est ce qui nous fait entendre que notre vie compte aux yeux de Dieu, que notre vie compte dans ce monde, que la vie de mon voisin compte&nbsp;! Mais pour cela, il nous faut écouter&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Samuel prononce cette phrase lorsque le Seigneur l’appelle pour la 4ème fois&nbsp;! 4 fois pour enfin répondre ! Il nous faut du temps, parfois, pour comprendre qu’un appel nous vient de Dieu&nbsp;! Il nous faut du temps, parfois, pour entendre qu’un appel nous est adressé&nbsp;! Il nous faut du temps, parfois, pour pouvoir se mettre en posture d’écoute&nbsp;! Il nous faut du temps, parfois, pour accepter d’entendre ce que Dieu a à nous dire&nbsp;! Et oui… du temps&nbsp;! Comme ce temps de l’attente qu’est l’Avent&nbsp;! L’attente nous permet de faire de l’espace en nous pour accueillir la Parole faite chair de manière nouvelle&nbsp;! L’attente redéplace nos questions pour trouver la justesse et le sens de notre foi. L’attente ouvre un possible auquel nous ne nous attendons pas&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Cette Parole qui s’est faite chair en Jésus Christ n’est pas toujours simple à entendre pour nos vies, parce qu’elle nous bouscule, elle nous bouleverse, elle vient renverser les habitudes de rejet par des élans d’amour, elle vient déranger notre tranquillité en nous questionnant, elle vient chambouler nos vies par des appels à être, dans ce monde, des lumières et du sel&nbsp;! Et oui il nous faut du temps pour accepter d’entendre que Dieu nous invite à plus que ce que nous sommes. Et il nous faut du temps pour entendre, aussi, ce monde qui nous entoure, pour l’accompagner, et faire entendre notre espérance. Et en même temps, qui suis-je, moi, pour vivre et partager tout ça&nbsp;?</p>

<p style="text-align: justify;">Il n’est pas toujours facile d’accepter que Dieu puisse venir me parler à moi, dans mon cœur et dans ma vie. Il n’est pas toujours facile d’accepter de suivre cette Parole qui nous ébranle dans nos certitudes, qui nous fait faire un pas en avant alors que nous sommes bien dans notre confort. Cette Parole qui ose dire au monde qu’il y a de l’Espérance, de la Lumière, quand tout autour de nous semble être atteint par l’obscurité. Cette Parole qui nous missionne dans ce monde pour annoncer que la vie l’emporte sur la mort, que la lumière l’emporte sur les ténèbres, que l’amour l’emporte sur l’indifférence&nbsp;! Le monde en a tant besoin aujourd’hui de cet Évangile, de cette Bonne Nouvelle qui dépasse les frontières visibles et invisibles&nbsp;! Et c’est par notre voix, nos gestes, nos manières d’être au monde que Dieu parle encore aujourd’hui&nbsp;!</p>

<p style="text-align: justify;">Alors oui, nous avons besoin de temps pour écouter que cela nous est confié, à nous, enfants de Dieu&nbsp;! Ce temps de l’Avent peut être l’occasion de se remettre à l’écoute de ce Dieu qui se fait proche. À nous d’oser prononcer cette phrase «&nbsp;Parle, Seigneur&nbsp;! Moi, ton serviteur, je t’écoute&nbsp;».</p>

<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>

<p style="text-align: justify;"><strong>Pasteure Sophie Ollier</strong></p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2026-01-09T08:45:46Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/penser-dieu-aujourdhui">
    <title>"Penser Dieu aujourd'hui"</title>
    <link>https://www.epupl.org/actualites/penser-dieu-aujourdhui</link>
    <description>
        Un livre à paraître du pasteur Jean-Paul Morley, pasteur de Pentemont-Luxembourg de 2007 à 2016
    </description>
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        <dc:title>"Penser Dieu aujourd'hui"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans l’imaginaire collectif, fruit de l’enseignement traditionnel de l’Église, Dieu a créé le monde au commencement, il est tout-puissant, il conduit l’histoire du monde, il révèle sa volonté à travers la loi de Moïse et l’Évangile de Jésus-Christ et réclame des croyants une totale soumission.</p>

<p style="text-align: justify;">Il n’est pas étonnant qu’avec de tels a priori, une bonne partie de nos contemporains se détournent d’un Dieu qu’ils jugent étouffant, gardien d’un ordre établi, liberticide, castrateur…</p>

<p style="text-align: justify;">Jean-Paul Morley revisite l’image de Dieu que nous portons en nous, en relisant d’une manière différente les textes fondateurs de la foi chrétienne&nbsp;: le Crédo, le Décalogue, le Notre Père. Il ouvre notre regard vers un Dieu surprenant, qui a choisi de lier son destin à celui de ses créatures, un Dieu capable de changement, dans son comportement vis-à-vis des humains, mais aussi dans son être même.</p>

<p style="text-align: justify;">En lisant cet ouvrage, chacun, qu’il soit croyant ou incroyant, est invité à se demander s’il n’y aurait pas une autre manière de penser Dieu aujourd’hui, affranchie du prêt-à-penser véhiculé par les Églises au cours des siècles précédents.</p>

<p style="text-align: justify;">Cet ouvrage est proposé en souscription au prix de 16 € (au lieu de 20 €) jusqu'au 13 mai inclus.</p>

<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.editions-olivetan.com/accueil/993-penser-dieu-aujourd-hui.html" target="_blank">https://www.editions-olivetan.com/accueil/993-penser-dieu-aujourd-hui.html</a></p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-05-13T06:55:36Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/quand-jonas-etait-confine-dans-le-ventre-d2019un-poisson">
    <title>"Quand Jonas était confiné dans le ventre d’un poisson"</title>
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    <description>
        Texte du culte diffusé en vidéo le Dimanche 22 mars 2020

    </description>
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        <dc:title>"Quand Jonas était confiné dans le ventre d’un poisson"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche 22 mars 2020. Culte diffusé en vidéo. Pasteur Christian Baccuet.</p>

<h6><span class="texte1">Mot d’accueil</span></h6>

<p>Bonjour, et bienvenue pour ce temps de culte qui nous rassemble en ce premier dimanche du temps de confinement.</p>

<p>Un temps de culte différent de celui que nous vivons chaque dimanche dans nos temples de Pentemont ou de la rue Madame à Paris. Pas de musique et de chants&nbsp;: simplement des prières, une lecture biblique, une prédication plus courte, «&nbsp;Quand Jonas était confiné dans le ventre d’un poisson&nbsp;». Pas d’équipe de tournage, de réalisateur, de montage&nbsp;: une seule caméra fixe, un format simple que nous espérons être adapté à la situation… mais nous cherchons et tâtonnons&nbsp;!</p>

<p>Pas d’assemblée réunie, surtout. Ou plutôt, pas rassemblée en même temps dans un même lieu, et pourtant présente. Je me sens en communion avec vous, frères et sœurs de la paroisse de Pentemont-Luxembourg, et en disant cela vos visages, chauds à mon cœur, se bousculent en moi&nbsp;; bienvenue à vous&nbsp;! Bienvenue aussi à tous ceux qui nous regardent et que nous ne connaissons pas&nbsp;: c’est ensemble que nous vivons ce moment de prière et de méditation. C’est ensemble que le Seigneur nous accueille.</p>

<p>Sa grâce et sa paix nous sont données, en Jésus-Christ&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Prière</span></h5>

<p>Je vous invite à prier.</p>

<p>Seigneur, avant toute chose, je voudrais te dire merci.</p>

<p>Merci pour ta présence avec nous, merci pour ce temps de culte, merci pour ta Parole, merci pour les frères et sœurs que tu nous donnes. Que ton Esprit nous donne de vivre ce culte en communion avec toi, en communion les uns avec les autres, en communion avec tous les chrétiens sur toute la terre, dans la multiplicité des dénominations et l’unité de ton Eglise, en communion avec tous nos frères et sœurs les humains, en communion avec toute ta création.</p>

<p>Seigneur, je voudrais aussi déposer devant toi tout ce qui me pèse. Cet enfermement et cet isolement que nous subissons, cette crainte de la contagion, de la maladie et de la mort, cette peur des autres, cette tentation de trouver des boucs émissaires, ce manque d’espérance qui rode autour de nous, en nous parfois.</p>

<p>Seigneur, je voudrais te demander d’apaiser tous ces poids, ces manques, ces culpabilités, ces remords. Donne-nous de trouver en toi la force, l’espérance et l’amour.</p>

<p>C’est en Jésus-Christ que je te le demande car je sais qu’en lui, tu es présent et tu entends ma prière.</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Annonce du pardon</span></h5>

<p>Au cœur de l’Evangile, une bonne nouvelle&nbsp;: le Christ nous donne la paix, il nous laisse sa paix.</p>

<p>Il entend notre prière, il connaît nos poids. Il chemine avec nous, il nous accompagne sur la route de la vie.</p>

<p>Sa présence nous relève et nous envoie, nous porte et nous entraîne&nbsp;: on appelle cela le pardon, le don par-delà, l’avenir ouvert, la joie possible, l’amour offert.</p>

<p>C’est le cœur de l’Evangile et c’est bouleversant.</p>

<p>C’est la bonne nouvelle pour chacun de nous, aujourd’hui&nbsp;!</p>

<p>Loué soit le Seigneur&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Prière avant d’ouvrir la Bible</span></h5>

<p>Nous allons maintenant ouvrir la Bible et y lire un passage. Auparavant, je vous invite à prier.</p>

<p>Seigneur, nous allons lire un récit de l’Ecriture. Aide-nous à y entendre ta Parole, parole qui féconde nos jours. Que ton Esprit inspire notre écoute, comme il a inspiré ceux qui ont ce texte. Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>J’ai choisi de partager avec vous aujourd’hui le chapitre 2 du livre de Jonas.</p>

<p>C’est l’histoire de Jonas dans le ventre d’un grand poisson… j’adore ce passage, à la fois pas crédible sur le plan scientifique et très fort sur le plan existentiel&nbsp;!</p>

<p>Ecoutez...</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Lecture&nbsp;: Jonas 2 (traduction Parole de Vie)</span></h5>

<p>1Le SEIGNEUR envoie un grand poisson pour avaler Jonas. Jonas reste dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. 2Dans le ventre du poisson, il prie le SEIGNEUR son Dieu. 3Il dit :</p>

<p>« Je suis très malheureux. Alors je crie vers toi, SEIGNEUR, et tu me réponds. De la profondeur de la mort, j'appelle au secours et tu entends ma voix.</p>

<p>4Tu m'as jeté dans un trou profond au cœur de la mer, et l'eau m'entoure. Toutes tes vagues et toute ton eau tombent sur moi. 5Et moi, je dis : “Tu m'as chassé loin de tes yeux. Pourtant, je veux revoir ton temple saint.” 6L'eau m'arrive jusqu'au cou. La mer m'entoure. Des herbes s'enroulent autour de ma tête. 7Je suis descendu jusqu'au pied des montagnes. Je suis dans le monde des morts, et les portes sont fermées à clé derrière moi, pour toujours.</p>

<p>Mais toi, SEIGNEUR mon Dieu, tu me fais remonter vivant de ce trou. 8SEIGNEUR mon Dieu, je vais bientôt mourir. Alors je me souviens de toi, SEIGNEUR, et ma prière monte près de toi dans ton temple saint.</p>

<p>9Ceux qui adorent les faux dieux n'ont aucune chance d'être sauvés. 10Mais moi, je chanterai ta louange, je t'offrirai des sacrifices. Je tiendrai les promesses que je t'ai faites. Oui, c'est toi qui sauves, SEIGNEUR ! »</p>

<p>&nbsp;11Alors le SEIGNEUR donne cet ordre au poisson : « Rejette Jonas sur la terre ! ». Et aussitôt le poisson obéit.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Prédication&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></h5>

<p>Depuis que nous sommes confinés, j’ai en tête ce récit où Jonas est dans le ventre d’un grand poisson, enfermé pendant trois jours. C’est comme une image de ce qui nous arrive ces jours-ci, et qui va sans doute durer plusieurs semaines. Le prophète est confiné. Ce texte me parle aujourd’hui. Il me dit trois choses essentielles.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Mais avant de les partager avec vous, il me semble nécessaire de faire deux précisions importantes.</p>

<p>La première concerne l’image que nous avons quand nous songeons à Jonas enfermé dans le ventre d’un poisson. On dit parfois une «&nbsp;baleine&nbsp;» mais rien dans le texte biblique ne nous dit de quel type de poisson il s’agit. C’est l’imagination humaine qui l’appelle baleine, comme mon propre imaginaire me fait voir ici l’illustration, qui m’avait terrifié quand j’étais enfant, de Pinocchio tout seul dans le ventre d’une baleine, perdu dans ce qui ressemblait à une immense caverne. Ce récit ne nous est pas donné pour nous faire avaler – si je puis dire – n’importe quoi. En tout cas pas pour nous faire croire à une fable qui ne tient pas la route scientifiquement. Nous ne sommes pas obligés de croire qu’un grand poisson a, un jour, avalé un homme, l’a gardé trois jours dans son ventre sans qu’il soit digéré comme toute nourriture. Non, ce récit nous parle d’autre chose, bien plus important.</p>

<p>La deuxième précision que je voudrais faire est de rappeler que le récit de Jonas n’évoque pas une pandémie. Il importe de ne pas plaquer notre situation sur un texte qui a environ 2500 ans pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas. Ce ne serait respecter ni le texte ni ce que nous vivons. Pour autant, le récit biblique n’a pas rien à nous dire. Il fonctionne ici comme un texte qui dit des choses essentielles pour nous qui vivons dans un autre contexte. C’est comme cela que je vous propose de partager les trois échos que ce texte fait en moi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le premier écho vient de la raison pour laquelle Jonas se retrouve dans le ventre d’un grand poisson. Je vous rappelle brièvement l’histoire de Jonas. C’est un homme que Dieu a appelé pour accomplir une mission, celle d’aller dans la grande ville de Ninive pour faire une déclaration contre elle de la part du Seigneur. Jonas est appelé à aller au cœur de la ville la plus impressionnante, la plus terrifiante, la plus méchante pour un juif de son époque. Alors Jonas s’enfuit à l’opposé, vers l’ouest car Ninive est nord-est. Il veut partir à l’autre bout du monde et monte sur un bateau. On ne sait pas pourquoi Jonas fuit. Ce que l’on sait, c’est qu’une tempête se lève, que les marins, paniqués sur leur navire en péril, tirent au sort pour savoir qui est le coupable et que le sort tombe sur Jonas. Ils se débarrassent donc de lui en le jetant par-dessus bord. C’est alors que commence le chapitre 2&nbsp;: le Seigneur envoie un grand poisson qui engloutit Jonas et le garde trois jours et trois nuits dans son ventre. Si Jonas est dans le ventre du poisson, c’est pour être sauvé de la noyade, c’est pour être rattrapé quand il coulait vers le fonds des abîmes. Le confinement est pour lui le lieu du salut.</p>

<p>Là ce récit me parle. Ce temps de confinement, comment le vivons-nous, comment allons-nous continuer à le vivre&nbsp;? Comme une punition, une malédiction&nbsp;? Ou comme un temps de salut&nbsp;? Bien sûr, au plan sanitaire, il s’agit d’un temps nécessaire pour stopper la contagion. Bien sûr, au plan social c’est une grande souffrance pour les plus démunis, et au plan économique une catastrophe. La Bible ne donne pas d’explication ou de justification à ce qui nous arrive. Mais j’en reçois une invitation à en faire un temps de salut, c’est-à-dire un temps qui, même pénible et douloureux, peut être un temps de confiance, de liens, d’espérance, de solidarité, de juste relation à Dieu, à soi-même, aux autres. Un temps de foi, de présence de Dieu, d’un Dieu qui sait que nous risquons de nous noyer et qui vient nous porter, nous soutenir, nous accompagner. Comme il l'a fait quand il a envoyé le grand poisson à Jonas, dans le conte biblique.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Mais comment traverser ainsi ce temps&nbsp;? C’est le deuxième écho que ce texte fait à notre situation. Que fait Jonas dans le ventre du poisson&nbsp;? Il ne sombre pas dans la déprime, il ne bondit pas de joie non plus. Il prie. Je ne sais pas si vous priez facilement, régulièrement, ou difficilement, jamais. Je ne sais pas ce qu’évoque la prière pour vous. Dans le monde biblique, la prière, c’est être en relation à Dieu, lui parler, et c’est lui dire tout ce que l’on vit, ressent, souffre, espère. Sans limite, sans crainte. C’est ce que fait Jonas. Sa prière est comme un psaume. Il y exprime ce qu’il vit. Il commence par l’action de grâce&nbsp;: j’ai appelé au secours et tu m‘as entendu&nbsp;; expression de foi en un Dieu qui sait ce que nous vivons et en a compassion. Il poursuit en déposant l’abîme de souffrance et de détresse par laquelle il est passé&nbsp;: je coulais, je me noyais, je paniquais, j’étais perdu&nbsp;; la prière comme dépôt de ce qui nous pèse, nous plombe, nous tire vers le bas, nous entraîne dans l’abîme. Puis il dit sa reconnaissance envers le Dieu qui le sauve&nbsp;: tu m’as fait remonter vivant de la fosse, tu as entendu ma prière, tu es «&nbsp;mon Dieu&nbsp;»&nbsp;; louange pour le pardon de Dieu, sa présence, son secours, parole de foi, de confiance. Enfin, du fond du ventre du poisson, Jonas se tourne vers l’avenir&nbsp;: je t’offrirai des sacrifices – il a 2500 ans, cela voulait dire&nbsp;: je reviendrai à la relation avec toi –, je te dirai ma reconnaissance, c’est à toi qu’appartient le salut&nbsp;; la prière comme dynamique d’espérance.</p>

<p>Tout cela depuis le fond du ventre du poisson. Au cœur du confinement, savoir que l’on n’est pas seul mais que l’on peut parler à Dieu et qu’il nous écoute. On peut lui dire nos désespoirs et notre confiance, notre malheur et notre besoin de lui, notre reconnaissance et notre espérance. Tout. Et cela est essentiel. Cela permet de traverser le confinement, cela permet de traverser toute la vie&nbsp;! La prière de Jonas est comme un parcours de salut&nbsp;: grâce, cri, reconnaissance, espérance. Puissions-nous traverser le confinement ainsi, dans une prière qui nous relève, placés dans la confiance, déposant nos angoisses, conscients de la présence de Dieu, portés vers demain.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Et alors advient quelque chose de remarquable. C’est le troisième écho que ce texte fait en moi. Alors que Jonas est en train de prier – on ne sait pas s’il a fini sa prière –, le Seigneur ordonne au poisson de vomir Jonas sur la terre ferme. Jonas est littéralement rendu à la vie. Son confinement est fini. Tout confinement a une fin. Notre confinement s’arrêtera un jour. Nous ne savons pas quand, et cette incertitude est sans doute ce qui est le plus difficile à vivre, mais un jour le virus sera vaincu, nous serons rendus à l’existence, au quotidien, aux relations. Pas comme un retour en arrière, mais comme une nouvelle histoire à vivre, à inventer, à partager. L’histoire de Jonas va continuer, il va cette fois-ci aller vers Ninive la grande ville. Il va se mettre dans les pas du Seigneur, répondre à son appel, vivre sa vocation. Ce ne sera pas facile pour lui&nbsp;; il va accomplir une mission avec laquelle il n’est pas pleinement d’accord&nbsp;: annoncer la colère de Dieu sur la ville de Ninive – avec ça il est d’accord&nbsp;! – mais pour que la ville se convertisse – et avec cela il est fondamentalement en désaccord&nbsp;: la grâce de Dieu, oui, mais pour moi, pas pour mes ennemis&nbsp;!</p>

<p>A la fin du confinement, nous serons renvoyés à nos liens sociaux, à notre vie ensemble, à notre société, à notre vocation. Ce sera difficile, mais ce sera aussi le défi de construire notre monde autrement, nourri de grâce, c’est-à-dire de justice et de paix, de partage et de solidarité. Ce jour viendra, et ce jour nous porte, nous qui sommes encore au sein du confinement.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Trois échos, trois appels&nbsp;: vivre ce temps de confinement comme un temps de salut, c’est-à-dire de juste relation à Dieu, à nous même, aux autres. Le vivre comme un espace de prière, c’est-à-dire de relation à Dieu à qui nous pouvons tout dire, colère, désespoir, lassitude, confiance, espérance. Le vivre comme un temps où peut germer, déjà, notre vocation à reconstruire un monde plus juste quand viendra le temps où ce sera possible.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous sommes dans le ventre du poisson, depuis cinq jours déjà, et cela va durer. Jonas, lui, n’y est resté que trois jours. C’est moins long. Mais vous entendez derrière ces trois jours bien plus qu’un décompte de jours. Trois jours, c’est la symbolique du passage de la mort – il se noyait – à la vie – il est rendu à la terre ferme. Les Pères de l’Eglise ont souvent vu dans le poisson de Jonas l’image du tombeau qui a avalé Jésus puis l’a rendu à la vie. Comment en effet ne pas entendre là un écho du cœur de notre foi&nbsp;: la croix sur laquelle Jésus a été cloué, et sa résurrection le troisième jour&nbsp;? Trois jours qui changent le monde. Notre confinement peut se vivre comme ces trois jours symboliques du passage de la mort à la vie, quel que soit le nombre exact de jours que nous avons à endurer. Un autre est passé par là avant nous&nbsp;; je ne parle pas ici de Jonas, mais de Jésus-Christ. La croix, c’est Jésus proche de nous, de nos souffrances et de nos peurs, et la résurrection, c’est le Christ qui ouvre à la vie, à l’espérance, à la paix, à la justice. Jésus-Christ qui est passé par le ventre du poisson pour nous ouvrir le chemin de la vie.</p>

<p>Bien plus, Jésus est lui-même ce chemin de vie. Les premiers chrétiens, dans le confinement des catacombes, confessaient Jésus comme «&nbsp;poisson&nbsp;»&nbsp;: en grec, poisson se dit "ichthus" (ἰχθύς), et avec les lettes de ce mot ils confessaient «&nbsp;Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur&nbsp;», comme un acronyme, quand chaque lettre est le début d’un mot&nbsp;: I comme Iesous (Ἰησοῦς - Jésus), CH comme Christos (Χριστὸς – Christ), TH comme Theou (Θεοῦ - de Dieu), U comme Uios (υἱός – fils), S comme Soter (σωτήρ - sauveur).</p>

<p>Jésus-Christ est ce poisson qui nous porte en son sein au cœur de l’épreuve, pour nous sauver de la chute dans l’abîme et nous faire vivre en relation avec Dieu jusqu’à être rendus à une vie renouvelée.</p>

<p>Ainsi fait écho pour moi cette histoire de Jonas dans le ventre du poisson. Dieu est avec nous, il nous recueille, nous porte, nous soutient. La foi, c’est la confiance développée par sa présence, c’est se tourner vers lui. C’est vivre en sa présence, en Jésus-Christ.</p>

<p>Que sa présence vous porte, nous porte, aujourd’hui et dans les semaines qui viennent&nbsp;!</p>

<p>Amen.<br />
&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Silence</span></h5>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Prière</span></h5>

<p>Je vous invite à prier, en nous inspirant de Jonas.</p>

<p>Notre monde est troublé, un peu perdu en ce temps de confinement</p>

<p>Ses cris comme les nôtres montent vers toi, Seigneur, et tu nous réponds.</p>

<p>Du plus profond de ce temps de pandémie, nous appelons au secours pour les hommes et les femmes de cette terre et tu entends notre voix.</p>

<p>Beaucoup de personnes se sentent comme jetées dans un trou profond au cœur de l’enfermement, et le découragement les entoure.</p>

<p>Toutes ces craintes et toutes ces solitudes qui pèsent sur eux, sur nous, nous te les présentons.</p>

<p>Nous te prions pour tous ceux qui disent : «&nbsp;Je me sens loin de tout, pourtant je veux retrouver la communauté humaine&nbsp;».</p>

<p>Nous te prions pour tous ceux pour qui la lassitude arrive jusqu'au cou, que l’impatience entoure, dont les soucis s'enroulent autour de la tête.</p>

<p>Nous te prions pour tous ceux qui se sentent descendus jusqu'au pied des montagnes, dans un monde mortifère, et qui croient que les portes de l’avenir sont fermées à clé, pour toujours.</p>

<p>Nous te le demandons, Seigneur notre Dieu, toi qui, à la suite de ton fils crucifié et ressuscité, nous fais remonter vivant du trou de la mort, porte les, redonne-leur confiance et espérance.</p>

<p>Seigneur notre Dieu, dans ce temps pénible, qu’ils puissent placer leur confiance en toi, que leur prière monte près de toi et que notre Eglise soit un lieu où elle puisse s’exprimer.</p>

<p>Délivre ceux qui sont emportés dans les fausses nouvelles et dans la désespérance.</p>

<p>Et soutiens ceux qui se battent, qui travaillent à plus de justice, de soins, d’attention aux autres.</p>

<p>Donne-leur, donne-nous de tenir dans l’espérance</p>

<p>Oui, c'est toi qui sauves, Seigneur ! »</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Et nous prolongeons cette prière en disant ensemble&nbsp;la prière que Jésus nous a enseignée :</p>

<p>Notre Père, qui es aux cieux,</p>

<p>que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.</p>

<p>Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.</p>

<p>Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.</p>

<p>Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal.</p>

<p>Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles de siècles.</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Envoi</span></h5>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ce temps de culte va s’achever mais nous restons en communion de prière.</p>

<p>Si vous souhaitez réagir à ce culte, apporter des suggestions pour ceux des prochains dimanches, vous pouvez écrire à l’adresse suivante&nbsp;: contact@epupl.org</p>

<p>Vous pouvez retrouver le texte de ce culte sur le site de notre Eglise&nbsp;: www.epupl.org</p>

<p>Sur le site, vous trouverez chaque mardi et chaque vendredi des informations mises à jour, des propositions pour cheminer&nbsp;; vous pouvez les recevoir par mail sous forme de newsletter en vous inscrivant sur le site.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h5><span class="texte1">Bénédiction</span></h5>

<p>Que la paix de Dieu soit sur chacun de nous.</p>

<p>Que la paix de Dieu soit en chacun de nous</p>

<p>Que la paix de Dieu soit par chacun de nous.</p>

<p>Que Dieu nous bénisse et nous garde dans la confiance, dans le nom de Jésus-Christ et dans la communion du Saint-Esprit&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Chaque dimanche un culte vous sera ainsi proposé, jusqu’à ce que nous puissions avoir la joie de le célébrer ensemble, en présence, dans nos temples&nbsp;!</p>

<p>A bientôt&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>culte</dc:subject>
    
    <dc:date>2020-04-24T12:53:31Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/oh-que-ta-foi-est-grande">
    <title>"Que ta foi est grande !"</title>
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    <description>
        Texte de la prédication du pasteur Christian Baccuet, dimanche 20 août 2023.
    </description>
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        <dc:title>"Que ta foi est grande !"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Que ta foi est grande&nbsp;!</strong></h3>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Pentemont-Luxembourg, 20 août 2023</p>

<p>Prédication du pasteur Christian Baccuet</p>

<p>Cycle de prédications «&nbsp;Qui est-il&nbsp;?&nbsp;», 3/4</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Lecture biblique :&nbsp;Matthieu 15, 21-28</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Qui est-il&nbsp;?</p>

<p>Tout au long des cultes de ce mois d’août, nous méditons l’Ecriture autour de cette question essentielle. Qui est-il, ce Jésus qui a vécu il y a deux mille ans en Galilée et en Judée, a rencontré des hommes et des femmes, a témoigné du Royaume de Dieu, a été arrêté et crucifié à Jérusalem&nbsp;? Qui est-il, ce Christ que des hommes et des femmes ont suivi, portés par ses paroles, ses actes, sa présence, jusqu’à le rencontrer vivant après sa résurrection et s’en faire les témoins&nbsp;? Qui est-il, celui que nous confessons comme Seigneur, dans la suite de tant de générations qui ont trouvé en lui sens à leur vie&nbsp;? Qui est-il&nbsp;?</p>

<p>Il y a quinze jours, Moïse Mounkoro nous a fait traverser cette question à partir du récit de la «&nbsp;transfiguration&nbsp;» qui nous montre Jésus sur une montagne avec trois de ses disciples, Pierre, Jacques et Jean[1]. Jésus change d’apparence, il est rejoint par Moïse (l’autre&nbsp;!) et Elie, et une voix retentit du ciel&nbsp;: «&nbsp;Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je mets toute ma joie. Écoutez-le !&nbsp;». Récit chargé de symboles qui nous dit que Jésus s’inscrit dans l’histoire et l’espérance biblique (Moïse et Elie), que Dieu lui-même – une voix qui vient des cieux – dit de lui qu’il est son Fils que les disciples sont appelés à écouter. Il est celui qui est présence de Dieu parmi nous et ses paroles contiennent l’essentiel pour ses disciples comme pour nous&nbsp;: «&nbsp;Relevez-vous, n’ayez pas peur&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p>Dimanche dernier, nous sommes remontés en arrière dans l’évangile, pour méditer avec Christine Décamp-Batier un autre récit chargé de symbole, celui de Jésus qui marche sur l’eau et permet à Pierre de le faire aussi[2]. Confession de foi en Jésus plus fort que la mort – il domine l’eau symbole de mort et de peur – et confiance dans le fait que, porté par sa présence et sa parole, nous pouvons aussi dominer la peur de la mort, entendre dans notre vie la parole reçue ce jour-là par Pierre&nbsp;: «&nbsp;Viens&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p>Aujourd’hui, nous recevons un récit qui se trouve entre les deux, après la marche sur l’eau et avant la transfiguration. Alors que les deux dimanches qui précèdent nous avons été dans des récits à la symbolique cosmique, très haut – au sommet de la montagne, avec la voix qui vient du ciel – et très bas – Pierre qui s’enfonce de peur dans la mer, en pleine nuit, au cœur de la tempête –, aujourd’hui nous voici dans un autre registre, plus près de nous, sur terre, dans notre réalité. Le récit tout simple d’une rencontre entre une femme qui souffre et espère car sa fille est malade, et Jésus.</p>

<p>Qui est-il&nbsp;? Trois dimensions me touchent dans ce récit.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong><span class="texte2">1. Cris de détresse et vie allégée</span></strong></p>

<p>D’abord la guérison de la fille. On peut être dérangé par l’aspect miraculeux d’un tel récit, la guérison d’une fille possédée par un démon. Mais est-ce réellement un «&nbsp;miracle&nbsp;»&nbsp;? Le terme ne figure pas dans le texte. Rien n’est dit sur ce que Jésus fait ou non pour que la fille soit guérie. Il n’y a pas de spectaculaire dans ce texte, si ce n’est cette guérison, ce qui n’est pas rien&nbsp;! Jésus, très certainement, a eu une activité de thérapeute, dans un temps et une culture où maladies physiques ou psychiques se mêlaient de conceptions où des «&nbsp;démons&nbsp;», figures du mal, étaient parties prenantes de ce qui arrivait à quelqu’un. Ici, on ne sait pas de quoi la fille est guérie. Mais elle l’est. Et cela est important.</p>

<p>Qui est Jésus&nbsp;? Il est quelqu’un dont la rencontre bouleverse une vie. Ici, deux vies&nbsp;: celle de la fille guérie, et celle de sa mère qui est venue implorer la pitié de Jésus. Ici c’est une histoire de guérison, mais nous savons d’expérience que la foi n’est pas une recette miraculeuse qui guérit de toute maladie et enlève toute souffrance. Nous vivons dans la finitude humaine, et Jésus lui-même n’y échappera pas, cloué sur la croix, appelant lui aussi du fond de sa détresse&nbsp;: «&nbsp;Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné&nbsp;?&nbsp;»[3] Jésus connaît les cris de détresse et il y répond. Qui est-il&nbsp;? Il est celui qui entend la femme appeler «&nbsp;Seigneur, fils de David, prends pitié de moi&nbsp;! Seigneur, aide-moi&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p>La rencontre avec le Christ n’enlève pas la finitude, mais permet de la vivre plus sereinement, de la traverser sans couler comme Pierre marchant sur l’eau la semaine dernière, d’être libéré d’un poids de souffrance comme la femme du récit d’aujourd’hui, plus modestement d’être allégé d’un fardeau comme beaucoup d’entre nous ont pu le vivre, parfois. Dire cela, ce n’est pas énoncer une théorie, c’est témoigner d’une expérience de vie. La foi ici n’est pas dogmatique mais existentielle, un appel et une réponse.</p>

<p>Qui est Jésus&nbsp;? Il est celui qui vient pour que le règne de Dieu croise nos vies, fasse irruption dans notre quotidien, éclaire nos jours, les plus sombres comme les plus heureux, les temps où les démons de la peur, de la jalousie, de la souffrance nous enferment, comme les temps où nous sentons ces poids s’alléger.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong><span class="texte2">2. Des obstacles</span></strong></p>

<p>Pourtant, la rencontre avec Jésus n’arrive pas toujours. Cela n’aurait pas dû arriver, d’ailleurs, ce jour-là. Le récit est plein d’obstacles. Et là se trouve la deuxième dimension qui me touche dans ce récit.</p>

<p>D’abord, Jésus n’est pas chez lui. Il est en transit dans une région étrangère, le territoire de Tyr et de Sidon. Une région qui se situe au nord de la Galilée. Une région païenne. Un peu plus tôt dans l’évangile de Matthieu, Jésus a déjà évoqué les villes de Tyr et de Sidon comme modèles de villes païennes, c’est-à-dire, selon la conception du judaïsme du 1er siècle, éloignées de Dieu[4]. Il ne fait semble-t-il que traverser cette région impure. Là, c’est une femme qui vient à sa rencontre. Nous savons que Jésus n’a pas de problème pour rencontrer toutes sortes de gens, quels que soient leur genre, leur classe sociale ou leur piété. Mais dans la culture de son temps, cela ne se fait pas&nbsp;! Qui plus est, elle est étrangère, dans un temps où la séparation stricte entre juifs et étrangers recouvrait une séparation purs-impurs&nbsp;; juste avant cet épisode, Jésus a eu un échange vif avec des pharisiens sur cette question du pur et de l’impur[5]. Cette femme est étrangère, et pas n’importe quelle étrangère&nbsp;: une Cananéenne, ce qui est le type même de l’ennemi&nbsp;! Et puis sa fille est possédée par un démon, raison de plus de s’écarter d’elle&nbsp;! Selon les critères de l’époque, cette rencontre n’aurait pas dû avoir lieu.</p>

<p>Et puis, outre les obstacles culturels qui la rendent improbable, ou peut-être à cause d’eux, elle a failli ne pas avoir lieu à cause de Jésus lui-même&nbsp;! Il y a une réticence surprenante de Jésus vis-à-vis de l’appel de cette femme. Dans un premier temps, il ne répond pas à sa demande, il se tait, il l’ignore. On peut comprendre cela, dans la culture de son temps qui lui impose de se tenir à distance de l’impure, femme étrangère à l’enfant possédée par un démon. Cela nous choque car on pense que Jésus est doué naturellement d’un sens de l’accueil inclusif, ouvert à tous et toutes. Mais ici, non… Sans doute, dans son humanité, est-il prisonnier des schémas, habitudes et a priori de son temps. Cela est sans doute la raison pour laquelle, ensuite, il explique à ses disciples qu’il n’a été «&nbsp;envoyé que vers les moutons perdus de peuple d’Israël&nbsp;». Il est le Messie d’Israël, et le récit de la transfiguration le confirmera en mettant en scène la venue autour de lui de Moïse et d’Elie, c’est-à-dire la Loi et les prophètes, toute la religion d’Israël, la Torah, l’histoire, l’espérance messianique. Jésus, le Messie, vient dans cette culture, pour ce peuple.</p>

<p>La question de la conscience messianique de Jésus a toujours intrigué&nbsp;: comment et jusqu’où, dans son humanité, avait-il conscience de son rôle&nbsp;? Le récit d’aujourd’hui semble montrer qu’il concevait au départ cette mission comme interne à son peuple et à sa religion. Et de manière radicale puisque, quand la femme insiste, il lui répond&nbsp;cette phrase terrible&nbsp;: «&nbsp;Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens&nbsp;». Phrase terrible qui met la Cananéenne loin des enfants, du côté des chiens – et l’on sait que dans la culture de son temps, les chiens étaient considérés comme impurs, comme les cochons. Aujourd’hui encore, pour nous, traiter quelqu’un de «&nbsp;chien&nbsp;» n’est pas d’une grande amabilité&nbsp;! Jésus en est là, sans doute, de sa conscience messianique, uniquement pour son peuple. Cette femme vient le déranger&nbsp;!</p>

<p>Et elle insiste. «&nbsp;Même les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres&nbsp;», dit-elle. Elle insiste, à la fois parce que sa détresse est grande et parce qu’il n’est pas facile pour Jésus de se laisser déplacer d’une conception tournée exclusivement vers les siens vers une ouverture inclusive, pour toutes et tous. La femme insiste, et elle déplace Jésus&nbsp;!</p>

<p>C’est alors qu’il lui dit cette phrase bouleversante, au vu de la distance entre elle et lui pour toutes les raisons que nous venons de dire&nbsp;: «&nbsp;Oh&nbsp;! que ta foi est grande&nbsp;!&nbsp;» La foi de cette femme est grande. Quelle est cette foi&nbsp;? La femme s’est exprimée avec des mots corrects, quand elle a appelé par trois fois Jésus «&nbsp;Seigneur&nbsp;», formule de politesse envers quelqu’un que l’on sollicite mais titre qui résonne comme prière à Dieu. Elle l’a appelé «&nbsp;Fils de David&nbsp;», expression qui dit les racines généalogiques et juives de Jésus mais qui est aussi un titre messianique. Mots banals et forte confession de foi&nbsp;! Mais ce qui compte le plus dans ce dialogue entre elle et Jésus, c’est son insistance, du plus profond de sa souffrance et de son espérance&nbsp;: «&nbsp;Prends pitié de moi&nbsp;!&nbsp;», puis «&nbsp;aide-moi&nbsp;!&nbsp;». Elle a compris que Jésus est celui qui peut ouvrir sa vie alors elle l’appelle du cœur de son malheur. «&nbsp;Ta foi est grande&nbsp;»&nbsp;: Jésus admire son insistance et sa confiance. &nbsp;C’est cela une «&nbsp;grande foi&nbsp;»&nbsp;: pas une adhésion doctrinale parfaite, mais une confiance et une insistance, presque un combat, bref une relation.</p>

<p>Qui est Jésus&nbsp;? Il est cet homme inséré dans une culture particulière, qui accepte la rencontre, l’appel à l’aide, et qui en est lui-même bouleversé, étonné, déplacé. Cet homme qui entre en relation véritable. Cet homme qui, ainsi, dit que Dieu est un Dieu qui se laisse approcher, au-delà de toutes les barrières humaines, pour recevoir chacun dans sa particularité et l’accueillir dans l’universalité de son amour. Un Dieu qui, à chaque rencontre, élargit l’espace de son amour.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong><span class="texte2">3. Renvoie-la… ou libère-la&nbsp;?</span></strong></p>

<p>Il y a encore un obstacle dans ce texte, que je n’ai pas encore évoqué. Ce sont les disciples de Jésus. Obstacles entre la femme et Jésus, quand ils disent à Jésus «&nbsp;Renvoie-la, car elle ne cesse de crier en nous suivant&nbsp;». Phrase terrible de fermeture. Peut-être veulent-ils protéger Jésus qui est sollicité de toutes parts&nbsp;? Sans doutent sont-ils choqués que cette femme étrangère se permette d’approcher le Messie d’Israël&nbsp;? Sont-ils importunés&nbsp;? Veulent-ils bien faire&nbsp;?</p>

<p>Je nous retrouve dans ces disciples, heureux de suivre le Christ mais prompts à élever des obstacles entre lui et les autres. Dans ce récit, c’est sans doute à nous en tant que disciples que le texte s’adresse. Matthieu rapporte ici cet épisode pour annoncer Jésus qui libère, pour témoigner que Jésus s’ouvre à une messianité universelle, mais aussi pour bousculer le lecteur, le disciple qui lit, l’Eglise qui partage ce texte, qui ont besoin de s’ouvrir à leur tour, de ne plus faire obstacle mais d’être des facilitateurs de rencontre entre les gens et Jésus.</p>

<p>«&nbsp;Renvoie-la&nbsp;!&nbsp;» Quelle parole terrible, quel écho interpelant quand c’est le miroir de nos propres paroles, de nos gestes, de notre entre-soi, bref de tout ce que nous mettons volontairement ou non, consciemment ou non, parfois avec les meilleures intentions du monde, comme barrière entre Dieu et les autres.</p>

<p>«&nbsp;Renvoie-la&nbsp;!&nbsp;» Mais les disciples ont-ils vraiment dit cela&nbsp;? Dans le grec de l’évangile de Matthieu, c’est le verbe ἀπολύω (apoluo) qui est utilisé. Ce verbe revient 19 fois dans l’évangile de Matthieu. Il est utilisé pour parler de renvoi de manière négative dans les situations de répudiation où un homme renvoyait sa femme (8 fois)[6]. De manière plus neutre, il est utilisé quand il s’agit de renvoyer une foule pour que chacun rentre chez soi après avoir écouté Jésus (5 fois)[7]. Cinq autres fois, il est employé de manière positive pour dire la dette remise à un esclave qui est libéré de ce poids, ou pour un prisonnier que l’on relâche[8].</p>

<p>Et puis ici. «&nbsp;Renvoie-la&nbsp;». Mais on pourrait traduire aussi «&nbsp;Libère-la&nbsp;». J’ai regardé de nombreuses Bibles disponibles en français&nbsp;; elles traduisent toutes par «&nbsp;Renvoie-la&nbsp;», ou «&nbsp;fais-la partir&nbsp;». Pourquoi les traducteurs choisissent-ils de traduire par «&nbsp;Renvoie-la&nbsp;» plutôt que «&nbsp;Libère-la&nbsp;»&nbsp;? Je ne sais pas… Mais je me dis que c’est à nous de changer la traduction, dans la réalité de nos vies, de notre Eglise. Passer du «&nbsp;Renvoie-la&nbsp;» au «&nbsp;Libère-la&nbsp;». De la position exclusive et excluante à l’attitude inclusive, accueillante. Suivre Jésus dans son déplacement, son ouverture, sa sollicitude. Et si c’était là le signe d’une «&nbsp;grande foi&nbsp;»&nbsp;?</p>

<p>Qui est Jésus&nbsp;? Si nous croyons qu’il est celui qui accueille les cris, qui se laisse déplacer dans la relation, qui s’ouvre à l’autre et lui ouvre la vie, si nous croyons qu’il est celui qui libère, alors portons la parole essentielle, dans la prière&nbsp;: libère-la&nbsp;!</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>[1] Matthieu 17, 1-9.</p>

<p>[2] Matthieu 14, 22-33.</p>

<p>[3] Matthieu 27, 46.</p>

<p>[4] Matthieu 11, 20-24.</p>

<p>[5] Matthieu 15, 1-20.</p>

<p>[6] Matthieu 1, 19&nbsp;: «&nbsp;Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre (apoluo) secrètement avec elle.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 5, 31&nbsp;: «&nbsp;Il a été dit : Que celui qui répudie (apoluo) sa femme lui donne une lettre de divorce.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 5, 32&nbsp;: «&nbsp;Mais moi, je vous dis que celui qui répudie (apoluo) sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée (apoluo) commet un adultère.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 19, 3&nbsp;: «&nbsp;Les pharisiens l’abordèrent et dirent, pour l’éprouver : Est-il permis à un homme de répudier (apoluo) sa femme pour un motif quelconque ?&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 19, 7&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier (apoluo) ?&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 19, 8&nbsp;: «&nbsp;Il leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier (apoluo) vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 19, 9&nbsp;: «&nbsp;Mais je vous dis que celui qui répudie (apoluo) sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère.&nbsp;»</p>

<p>[7] Matthieu 14, 15&nbsp;: «&nbsp;Le soir étant venu, les disciples s’approchèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée ; renvoie (apoluo) la foule, afin qu’elle aille dans les villages, pour s’acheter des vivres.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 14, 22&nbsp;: «&nbsp;Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, pendant qu’il renverrait (apoluo) la foule.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 14, 23&nbsp;: «&nbsp;Quand il l’eut renvoyée (apoluo), il monta sur la montagne, pour prier à l’écart ; et, comme le soir était venu, il était là seul.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 15, 32&nbsp;: «&nbsp;Jésus, ayant appelé ses disciples, dit : Je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu’ils sont près de moi, et ils n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer (apoluo) à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 15, 39&nbsp;: «&nbsp;Ensuite, il renvoya (apoluo) la foule, monta dans la barque, et se rendit dans la contrée de Magadan.&nbsp;»</p>

<p>[8] Matthieu 18, 27&nbsp;: «&nbsp;Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller (apoluo), et lui remit la dette.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 27, 15&nbsp;: À chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher (apoluo) un prisonnier, celui que demandait la foule.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 27, 17&nbsp;: «&nbsp;Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche (apoluo), Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ ?&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 27, 21&nbsp;: «&nbsp;Le gouverneur prenant la parole, leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche (apoluo) ? Ils répondirent : Barabbas.&nbsp;»</p>

<p>Matthieu 27, 26&nbsp;: «&nbsp;Alors Pilate leur relâcha (apoluo) Barabbas ; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.&nbsp;»</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2023-08-28T13:33:13Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/actualites/qui-est-il">
    <title>"Qui est-il ?" </title>
    <link>https://www.epupl.org/actualites/qui-est-il</link>
    <description>
        En août, culte chaque dimanche à 10h30 (Pentemont) et à 18h30 (rue Madame), avec un cycle de prédications tout au long du mois.
    </description>
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        <dc:title>"Qui est-il ?" </dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>

<h2>«&nbsp;Qui est-il&nbsp;?&nbsp;»</h2>

<p><span class="texte2"><strong>Un cycle de prédications, au mois d’août</strong></span></p>

<p><span class="texte2"><strong>Culte à 10h30 au temple de Pentemont, 106 rue de Grenelle, PAris 7.</strong></span></p>

<p><span class="texte2"><strong>Culte à 18h30 au temple du Luxembourg, 58 rue Madame, Paris 6.</strong></span></p>

<p>&nbsp;</p>

<h3>La transfiguration</h3>

<p><strong>«&nbsp;Relevez-vous, n’ayez pas peur&nbsp;!&nbsp;»</strong> (Matthieu 17, 7)</p>

<p>Dimanche 6 août</p>

<p>Une prédication de Moïse Mounkoro</p>

<p>&nbsp;</p>

<h3>La marche sur l’eau</h3>

<p><strong>«&nbsp;Viens&nbsp;!&nbsp;»</strong> (Matthieu 14, 29)</p>

<p>Dimanche 13 août</p>

<p>Une prédication de Christine Décamp</p>

<p>&nbsp;</p>

<h3>Une femme étrangère</h3>

<p><strong>«&nbsp;Oh&nbsp;! que ta foi est grande&nbsp;!&nbsp;»</strong> (Mathieu 15, 28)</p>

<p>Dimanche 20 août</p>

<p>Une prédication de Christian Baccuet</p>

<p>&nbsp;</p>

<h3>La foi de Pierre</h3>

<p><strong>«&nbsp;Pour vous, qui suis-je&nbsp;?&nbsp;»</strong> (Matthieu 16, 15)</p>

<p>Dimanche 27 août</p>

<p>Une prédication de Christian Baccuet</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>Jésus-Christ</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Bible</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Christ</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Bonne nouvelle</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Dieu</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Prédication</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>culte</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Évangile</dc:subject>
    
    <dc:date>2023-08-21T08:39:37Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-culte-des-rameaux-dimanche-5-avril-2020">
    <title>"S’ils se taisent… les pierres crieront !" - TEXTE - CULTE DES RAMEAUX -  DIMANCHE 5 AVRIL 2020</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-culte-des-rameaux-dimanche-5-avril-2020</link>
    <description>
        Thème de la prédication : " « S’ils se taisent… les pierres crieront ! »
Par le Pasteur Christian Baccuet et Lionel Thébaud. 
Au piano : le Pasteur Andreas Lof.
    </description>
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        <dc:title>"S’ils se taisent… les pierres crieront !" - TEXTE - CULTE DES RAMEAUX -  DIMANCHE 5 AVRIL 2020</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h6><span class="texte1">S’ils se taisent… les pierres crieront&nbsp;!</span></h6>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Pentemont-Luxembourg, Rameaux, 5 avril 2020.</span></p>

<p><span class="texte1">Culte diffusé en vidéo. Pasteur Christian Baccuet et Lionel Thébaud. Au piano&nbsp;: pasteur Andreas Lof.</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<h6><span class="texte1">Paroles d’accueil</span></h6>

<p>Bonjour, et bienvenue pour ce temps de culte qui nous rassemble en ce dimanche des Rameaux. Temps de fête à l’entrée de la semaine sainte, dans la mémoire de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Mémoire qui n’est pas que souvenir mais joie pour aujourd’hui et espérance pour ce monde.</p>

<p>Bienvenue à chacun de vous, membres de notre paroisse, et à tous ceux qui nous rejoignent. Nous sommes ensemble, quelles que soient nos conditions de vie aujourd’hui, seul ou à plusieurs, dans un petit logement ou dans une vaste maison, dans le désœuvrement ou plein de travail, entouré d’enfants dont il faut s’occuper ou loin des siens, en paix spirituellement ou chargés d’inquiétudes.</p>

<p>A chacun, à chacune, que la paix de Dieu résonne dans votre vie, en Jésus-Christ&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Prière</h6>

<p>Je vous invite à prier.</p>

<p>Seigneur, aujourd’hui nous sommes en fête. Non pas à cause de nos situations de vie et de l’état de notre monde, mais grâce à ta présence. Que ton Esprit nous donne de vivre ta présence.</p>

<p>Nous nous souvenons de la venue de Jésus-Christ dans ce monde, de son entrée à Jérusalem, de la foule des disciples en joie qui l’acclamaient, et nous joignons notre prière à la leur&nbsp;: béni soit-il, lui le roi de paix qui vient, celui que tu as envoyé&nbsp;; paix dans le ciel et gloire à toi&nbsp;!</p>

<p>Nous confessons ta présence parmi nous, en ce moment, en communion avec tous les croyants rassemblés sur toute la terre, et nous joignons notre prière à la leur&nbsp;: merci pour la force que tu nous donnes, pour la paix que tu nous offres, pour les frères et sœurs que tu places à nos côtés et qui prient pour nous comme nous prions pour eux, merci pour ton Eglise ainsi vécue.</p>

<p>Nous proclamons notre espérance, toi qui nous entraînes dans une dynamique de vie, toi qui nous places dans ce monde, toi qui nous engages sur cette terre, et nous joignons notre prière à celle de tous les humains&nbsp;: merci pour demain, pour le temps qui nous attend, pour l’avenir que tu ouvres, pour ton royaume qui vient.</p>

<p>Seigneur, aujourd’hui nous sommes en fête, et nous te célébrons&nbsp;! Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Nous prolongeons cette louange par le chant&nbsp;du psaume 118 que les disciples chantaient ce jour-là.</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Chant&nbsp;: Psaume 118, 1 – Célébrez Dieu</p>

<p>1. Célébrez Dieu, rendez-lui grâce,</p>

<p>Car éternel est son amour.</p>

<p>Inclinez-vous devant sa face,</p>

<p>Car éternel est son amour.</p>

<p>Avec ardeur que tous s’accordent</p>

<p>Pour discerner de jour en jour</p>

<p>Les dons de sa miséricorde,</p>

<p>Car éternel est son amour.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Introduction à la lecture de la Bible</h6>

<p>CB - «&nbsp;Car éternel est son amour&nbsp;»… belle transition vers l’écoute de la promesse que contient l’Evangile&nbsp;!</p>

<p>Cette année, un étudiant en théologie effectue son stage de dernière année dans notre paroisse, auprès de moi. Il sera pasteur cet été. Il s’appelle Lionel Thébaud. Nous avions décidé tous les deux, il y a plusieurs semaines, de prêcher ensemble pour le culte des Rameaux. Depuis, le confinement nous empêche de nous rencontrer, mais nous avons quand même préparé ensemble cette prédication, à distance. Et aujourd’hui nous vous la proposons à deux voix, chacun depuis son lieu. Lionel, bonjour&nbsp;!</p>

<p>LT&nbsp;- Bonjour Christian&nbsp;! Et bonjour tout le monde&nbsp;!</p>

<p>CB - Nous allons lire le récit des Rameaux dans l’évangile de Luc. Une lecture un peu décalée, car nous ne commencerons pas le récit là où le commence traditionnellement, et nous le finirons un peu plus loin que d’habitude. Avant le passage que Lionel va nous lire, l’évangéliste nous présente Jésus qui, s’approchant de Jérusalem, envoie deux de ses disciples chercher un petit âne, ce qu’ils font&nbsp;; Jésus s’assied sur cet animal et s’approche de Jérusalem, entouré d’une foule de disciples et de beaucoup de gens qui l’acclament. C’est là que nous prenons la lecture. Ecoutez…</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Lecture&nbsp;: Luc 19, 36-44</h6>

<h6>Ce matin nous allons lire Luc 19, 36-44, dans la version «&nbsp;Nouvelle Français Courant&nbsp;»&nbsp;:</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>36À mesure qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.</p>

<p>37Tandis qu'il approchait de Jérusalem, par le chemin qui descend du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, pleine de joie, se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. 38Ils disaient : « Que Dieu bénisse le roi qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire à Dieu au plus haut des cieux ! »</p>

<p>39Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, fais taire tes disciples&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p>40Jésus répondit : « Je vous le déclare, s'ils se taisent, les pierres crieront ! »</p>

<p>41Quand Jésus fut près de la ville et qu'il la vit, il pleura sur elle, 42en disant : « Si seulement tu comprenais toi aussi, en ce jour, comment trouver la paix ! Mais maintenant, cela est resté caché à tes yeux ! 43Car des jours viendront pour toi où tes ennemis t'entoureront d'ouvrages fortifiés, t'assiégeront et te presseront de tous côtés. 44Ils te détruiront complétement, toi et ta population ; ils ne te laisseront pas une seule pierre posée sur une autre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où Dieu est venu te secourir ! »</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Prédication&nbsp; :&nbsp; S’ils se taisent… les pierres crieront&nbsp;!&nbsp;&nbsp;</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>CB</strong> – Ouh là… Paroles dures pour un jour de fête&nbsp;! Joie et destruction mêlées… Vous n’avez peut-être pas l’habitude d’entendre ainsi le récit des Rameaux&nbsp;! Cris de bénédiction et annonce de malheur&nbsp;: comment entendre ce texte pour nous aujourd’hui&nbsp;? Et quand Jésus dit&nbsp;: «&nbsp;S’ils se taisent, les pierres crieront&nbsp;», qu’est-ce que cela peut nous inviter à vivre en ce temps&nbsp;?</p>

<p>Petit rappel. En ce dimanche des Rameaux, nous faisons mémoire de l’entrée de Jésus à Jérusalem, aux alentours de l’an 30 de notre ère. Après des années passées à cheminer sur les routes de Galilée, à rencontrer des hommes et des femmes pour leur parler de la vie, de Dieu, de la présence de Dieu pour leur vie, Jésus entre dans la capitale, entouré de ses disciples et accueilli par une grande foule. On appelle ce récit les «&nbsp;Rameaux&nbsp;», car les évangiles – sauf celui de Luc que nous lisons aujourd’hui – disent que les gens mettent des branches d’arbre et leurs manteaux par terre, comme un tapis pour honorer Jésus, l’accueillir comme un roi. Un roi monté sur un petit âne, et c’est souvent l’image que nous associons à ce jour de fête. Un petit âne, c’est la monture du messie qui va venir, comme l’annonçait le prophète Zacharie (9, 9), un roi de paix, pas une chef de guerre. Jésus entre à Jérusalem comme celui qui vient ouvrir le temps de la paix de Dieu.</p>

<p>L’année dernière, j’ai prêché sur ce texte, en axant ma méditation sur ce petit âne dont le Seigneur avait besoin&nbsp;; aujourd’hui, c’est de nous qu’il a besoin, mais pour quoi&nbsp;? Je vous invite à aller lire ou entendre cette prédication sur notre site[1]… page de pub&nbsp;! A la fin du culte du matin à Pentemont, un membre de notre Eglise est venu me dire&nbsp;: une autre fois, j’aimerais que tu prêches sur le verset&nbsp;: «&nbsp;s’ils se taisent, les pierres crieront&nbsp;». Du coup, cette année, nous vous proposons, Lionel et moi, de méditer sur cette phrase un peu bizarre qui vient comme un cheveu sur la soupe dans ce récit…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>LT</strong> - Oui, Christian, comme un cheveu sur la soupe, d’autant plus que c’est une fête qui se prépare. L’ambiance est à son comble. Les gens sont venus préparer la fête de Pâques, on va se préparer à manger le repas pascal en souvenir de la sortie d’Égypte, en souvenir de la libération du peuple des Hébreux au temps de Moïse, il y a fort longtemps. Cette fête donne aux Juifs de l’espoir, l’espoir d’être libérés de la domination des Romains, qui occupent le pays au temps de Jésus. Il y a de la ferveur. Il y a de la joie. Il y a des chants. Il y a Jésus, il y a toute la foule des disciples de Jésus, et il y a quelques responsables religieux qu’on appelle les Pharisiens, qui sont dans la foule. Pharisiens qui disent à Jésus de faire cesser la louange des disciples. Et c’est là que Jésus répond d’une manière bizarre, en disant que les pierres vont crier si les disciples se taisent, et il poursuit en annonçant la destruction de Jérusalem. Tout ceci semble bien étrange et peut nous apparaître bien compliqué. Jésus semble transformer cette fête joyeuse en une fête dramatique&nbsp;: il n’annonce pas la délivrance, mais le malheur. Vous n’aimez pas être refroidis lorsque vous êtes dans un esprit festif&nbsp;? La foule non plus n’a pas dû aimer ça. Jésus joue les trouble-fête ici.</p>

<p>On comprend que les pharisiens veulent faire taire les disciples de Jésus. On comprend que Jésus n’est pas d’accord avec eux. Mais que veut-il dire quand il leur dit «&nbsp;s’ils se taisent, les pierres crieront&nbsp;»&nbsp;?</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>CB</strong> - Il y a deux explications possibles, deux hypothèses.</p>

<p>La première, c’est que Jésus leur dit qu’il n’est pas possible de faire taire les disciples&nbsp;; on peut en faire taire quelques-uns, mais il y en aura toujours d’autres qui surgiront, et même si on les faisait tous taire, d’autres encore surgiraient, même là où c’est improbable, même les pierres deviendraient ces disciples. Cela fait écho à Jean-Baptiste qui, plus haut dans l’évangile de Luc, disait à la foule qui venait le voir et qu’il souhaitait être plus cohérente&nbsp;: «&nbsp;Je vous déclare que Dieu peut utiliser ces pierres pour en faire des descendants d’Abraham&nbsp;!&nbsp;» (Luc 3, 8). Cela résonne dans l’histoire de chrétiens, qu’aucune persécution n’a jamais pu faire taire. Vous voulez faire taire les disciples&nbsp;? C’est impossible&nbsp;! Interprétation joyeuse.</p>

<p>Il y a une deuxième interprétation possible, plus dramatique. C’est que s’il était effectivement possible de faire taire les disciples, les conséquences seraient alors terribles. Cette interprétation fait écho à ce que dit Jésus ensuite, quand il regarde la ville et se lamente sur elle et sur son sort à venir, en lui disant&nbsp;: «&nbsp;Tes ennemis ne te laisseront pas pierre sur pierre&nbsp;» (Luc 19, 44). Historiquement, certains des premiers chrétiens ont vu dans la destruction de Jérusalem par les romains, 40 ans plus tard, en 70 de notre ère, la réalisation de cette parole. Moi j’y entends plutôt les conséquences de ce que l’on fait&nbsp;: le refus de la paix, c’est la guerre&nbsp;; le refus du secours, c’est l’abandon&nbsp;; le refus de la vie, c’est la mort.</p>

<p>Alors, «&nbsp;s’ils se taisent les pierres crieront&nbsp;», parole d’espérance ou parole de mise en garde&nbsp;? Les deux sans doute, car toute réalité est complexe, toute existence mêlée. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que les Pharisiens veulent faire taire Jésus, en pleine fête.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>LT</strong> - Eh bien justement revenons un instant sur cette question de la ferveur, de la fête et de la joie. De quoi s’agit-il ici&nbsp;? Qu’est-ce qui gêne les Pharisiens dans cette louange&nbsp;? Notre récit de Luc 19 a été écrit en s’inspirant du Psaume 118 en en citant plusieurs versets, par exemple au v. 38. Je vous invite à lire ce psaume 118 après avoir regardé cette vidéo. Les Juifs chantaient – et chantent encore – les Psaumes 113 à 118 avant de célébrer la Pâque pour faire mémoire de la sortie d’Égypte. Le peuple se rappelait aussi du retour de l’exil de Babylone au VIe siècle avant notre ère. Le psaume 118 clôture cette louange. C’est un psaume qui dit que Dieu libère son peuple de l’ennemi qui l’opprime, qu’il ne faut pas mettre sa confiance dans les personnes influentes, il parle de cris de joie et de délivrance, il parle des rameaux portés dans un cortège. C’est un psaume messianique, et quand nous lisons ce psaume, nous pensons à certains épisodes de la vie de Jésus. L’évangile de Luc fait le lien entre cette louange traditionnelle et la présence de Jésus. En fait, les Pharisiens ont bien compris que ce moment classique, traditionnel, était repris par la foule des disciples pour annoncer que Jésus était le Messie. Il faut donc les faire taire. Et puis dans ce psaume il est question d’une pierre, «&nbsp;la pierre d’angle&nbsp;» pour parler du Messie…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>CB</strong> - Oui, c’est le verset 22 du Psaume 118&nbsp;: «&nbsp;La pierre d’angle que les bâtisseurs ont rejetée est devenue la principale, celle de l’angle&nbsp;». La pierre d’angle… dans l’évangile de Luc, dans le chapitre qui suit le récit des Rameaux, Jésus cite ce verset du Psaume 118 à la fin d’une parabole qui parle du rejet du Messie – du Christ – par les gens, du refus de celui qui est rejeté comme une pierre inutile. Parabole qui amorce l’espérance d’un temps de vie, quand cette pierre rejetée – Jésus crucifié – deviendra la pierre d’angle, celle sur laquelle toute la construction trouve sa force et sa stabilité – le Christ ressuscité (Luc 20, 17). La pierre, ici, révèle l’attitude de chacun, élan de vie ou pente de mort. Jésus est cette pierre, qui nous révèle à nous-mêmes, pas pour nous enfermer, mais pour nous inviter à réagir. Une parole pour nous.</p>

<p>Nous, car cette phrase est citée dans un autre endroit du Nouveau Testament, dans la première Lettre de Pierre. L’apôtre appelle ses destinataires à s’approcher de Jésus, cette pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie par Dieu pour devenir la pierre principale sur laquelle se construit la vie. Approchez-vous d’elle, dit-il, «&nbsp;pour que vous aussi, comme des pierres vivantes, deveniez une demeure spirituelle&nbsp;» (1 Pierre 2, 5), pour que vous soyez unis à Dieu, vivant en lui comme témoins de l’amour de Dieu, témoins d’une vie appelée à passer de l’obscurité à la lumière. Nous sommes des pierres vivantes, appelés à vivre et partager notre foi&nbsp;!</p>

<p>Si on fait taire l’Evangile, c’est le désespoir qui menace. On ne peut pas faire taire les témoins du Christ, car toujours d’autres surgissent. S’ils se taisent, les pierres crieront.</p>

<p>Alors, nous, allons-nous nous taire&nbsp;? Allons-nous faire silence, nous écraser, abandonner notre espérance, déserter ce monde, nous enfermer dans la peur, devenir des pierres mortes&nbsp;? Ou nous lever comme des pierres vivantes, pleines de foi et d’espérance&nbsp;? J’entends dans cette phrase de Jésus un appel pour nous à ne pas nous taire.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>LT</strong> - Ça me fait penser au prophète Michée qui disait que le malheur est une conséquence de l’attitude des ceux qui sont corrompus et qui pratiquent l’injustice envers les plus pauvres du pays, ceux qui justifient théologiquement l’ordre social, en disant que tout va bien, que Dieu est là et qu’il bénit (Michée 3, 9-12). Michée dit que tout ceci n’est qu’une illusion, parce que la bénédiction est gâchée par les injustices commises. La conséquence, c’est la destruction. En fait, les catastrophes augmentent toujours la misère des plus pauvres&nbsp;: on le voit aujourd’hui, car les sans domicile fixe et les migrants, mais aussi les femmes battues par exemple, voient leur souffrance augmentée avec le confinement. Donc pour moi, la parole de Jésus n’est pas l’annonce d’un jugement, mais plutôt la tristesse de voir les souffrances augmenter en raison de l’injustice. C’est un appel à la conversion, qui se traduit– ou qui devrait se traduire – par une attention toujours plus grande portée aux personnes qui souffrent de l’injustice. La conversion nous engage. La conversion nous pousse à avertir les autres que Dieu veut plus de justice sociale. La conversion nous invite à être des artisans de paix, à mettre en place une société où il sera plus simple pour les gens d'être bons. Aussi, ce n'est pas Dieu qui nous envoie ces fléaux, en revanche il nous alerte - et nous sommes envoyés pour alerter, nous aussi - sur le fait que si nous continuons à pratiquer l’injustice, nous aurons à en payer les conséquences. La conversion nous pousse à être des témoins, en paroles, pour avertir, et en actes, pour rendre concret l’espérance que nous avons reçue. C’est ça pour moi, ne pas se taire, c’est avertir.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong>CB</strong> - Jésus nous appelle à ne pas nous taire. Mais attention, ne pas se taire ne veut pas dire parler tout le temps, avoir un avis sur tout, chercher à vendre ce que l’on croit, à imposer nos vues, à nous poser en juges de ce monde&nbsp;; cela, les Eglises et les chrétiens l’ont trop souvent fait, et continuent hélas à la faire. Cela ne veut pas dire «&nbsp;prendre&nbsp;» la parole, comme on prendrait le pouvoir. Cela veut dire se laisser prendre par la Parole, la laisser vivre en nous.</p>

<p>Cela veut dire continuer à être des disciples. Ces disciples qui, quand Jésus entre à Jérusalem, chantent leur foi&nbsp;: «&nbsp;Que Dieu bénisse le roi qui vient au nom du Seigneur&nbsp;» (v. 38)&nbsp;; être une pierre vivante qui prend appui sur la pierre angulaire, c’est louer le Seigneur, le confesser comme le messie de paix, espéré et qui est venu, qui est déjà venu et que nous espérons encore. Ces disciples qui, en ce jour des Rameaux, proclament leur espérance&nbsp;: «&nbsp;Paix dans le ciel et gloire à Dieu&nbsp;!&nbsp;» (v. 38), comme en écho au chœur des anges au moment de la naissance de Jésus, qui louaient le Seigneur en disant&nbsp;: «&nbsp;Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur terre aux hommes qu’il aime&nbsp;» (Luc 2, 14). Le temps inauguré à Noël, fête de l’incarnation, se développe au moment de l’entrée dans la Passion, fête de la révélation. Temps de la révélation du Christ, homme de paix venu offrir sa paix au monde et qui nous charge d’être ceux qui, déjà, la vivent pour qu’elle se répande.</p>

<p>Prier et espérer, laisser l’Evangile cheminer en nous, déborder de nous. Cela n’est pas toujours facile, dans quelques jours le vendredi saint nous rappellera que Jésus a été rejeté&nbsp;; mais c’est le chemin de vie sur lequel il nous appelle à sa suite&nbsp;: dimanche prochain, jour de Pâques, nous célébrerons la vie et bous évoquerons une autre pierre, pierre morte qui ferme le tombeau mais pierre roulée, lise sur le côté pour que s’ouvre le tombeau et que s’ouvre l’avenir, que se lève le Vivant.</p>

<p>S’ils se taisent les pierres crieront. J’entends dans cette phrase l’appel, dans ce monde et pour ceux qui l’habitent, à chanter notre louange et crier notre espérance&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Piano&nbsp;: Aria de la 3ème suite de G.F. Haendel</h6>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Prière</h6>

<p>Je vous invite à prier</p>

<p>Seigneur, en ce dimanche des Rameaux, nous voulons te prier pour tous ceux qui, dans ce monde, aujourd’hui, ont besoin de ta présence.</p>

<p>Que ta paix leur soit donnée.</p>

<p>Que ton amour rayonne en eux.</p>

<p>Que ta foi les illumine.</p>

<p>Que ta joie les inonde.</p>

<p>Que ton espérance les relève.</p>

<p>Et que ton Esprit nous donne d’être pour eux des témoins de ta paix, de ton amour, de ta foi, de ta joie, de ton espérance.</p>

<p>Donne-nous, Seigneur, de ne pas nous taire, mais de te louer et de nous engager pour un monde plus solidaire, plus juste, un monde où devienne réalité notre chant&nbsp;: gloire à toi dans les cieux très hauts, et paix sur cette terre parmi les hommes que tu aimes.</p>

<p>Nous prolongeons cette prière en te disant ensemble&nbsp;la prière que Jésus nous a enseignée :</p>

<p>Notre Père, qui es aux cieux,</p>

<p>que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.</p>

<p>Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.</p>

<p>Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.</p>

<p>Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal.</p>

<p>Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles de siècles.</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Envoi</h6>

<p>Ce temps de culte va s’achever mais nous restons en communion de prière.</p>

<p>Si vous souhaitez réagir à ce culte, apporter des suggestions pour ceux des prochains dimanches, vous pouvez écrire à l’adresse suivante&nbsp;: contact@epupl.org</p>

<p>Vous pouvez retrouver le texte de ce culte sur le site de notre Eglise&nbsp;: www.epupl.org.</p>

<p>Sur notre site, vous trouverez d’autres prédications, des prières, des propositions d’animation pour vos enfants, des informations sur notre vie d’Eglise.</p>

<p>Chaque mardi et chaque vendredi nous envoyons une newsletter, que vous pouvez recevoir en vous inscrivant sur le site.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Avant la bénédiction, nous chantons les strophes 5 et 6 du Psaume 118, ce Psaume que les disciples ont chanté en entourant le Christ lors de son entrée à Jérusalem le jour des Rameaux.</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Cantique&nbsp;: Psaume 118, 5-6 – Célébrez Dieu</p>

<p>5. Pour moi tu as ouvert la porte</p>

<p>Et jusqu’à toi j’avancerai.</p>

<p>Vois le seul don que je t’apporte :</p>

<p>L’amour d’un cœur purifié.</p>

<p>La pierre autrefois méprisée</p>

<p>Par la folie des bâtisseurs,</p>

<p>A l’angle est maintenant posée :</p>

<p>C’est un miracle du Seigneur.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>6. La voici l’heureuse journée</p>

<p>Qui répond à son grand désir.</p>

<p>Louons Dieu qui nous l’a donnée</p>

<p>Et qu’elle soit notre plaisir.</p>

<p>Béni soit celui qui s’avance</p>

<p>Au nom du Seigneur en ce jour ;</p>

<p>Il vient pour notre délivrance</p>

<p>Car éternel est son amour.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Bénédiction</h6>

<p>Que Dieu nous bénisse et nous garde dans sa paix, dans le nom de Jésus-Christ et dans la communion du Saint-Esprit&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>A dimanche prochain pour le culte de Pâques&nbsp;!</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>[1] https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/le-seigneur-a-besoin-de-moi-mais-pour-quoi.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:45:19Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-culte-du-dimanche-10-mai-2020">
    <title>"Trouver sa juste place" - Texte - Culte du Dimanche 10 mai 2020</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-culte-du-dimanche-10-mai-2020</link>
    <description>
        Culte célébré par les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof, et Lionel Thébaud, Cécile, Charlotte, Peter et Claire.


    </description>
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        <dc:title>"Trouver sa juste place" - Texte - Culte du Dimanche 10 mai 2020</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span class="texte1">Trouver sa juste place</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Pentemont-Luxembourg, 10 mai 2020. Culte vidéo.</span></p>

<p>Avec les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof, et Lionel Thébaud, Cécile, Charlotte, Peter et Claire.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Accueil et salutation (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Bienvenue etc…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>La Bible nous dit qu’il y a un temps pour tout.</p>

<p>Un temps pour s’agiter et un temps pour s’arrêter.</p>

<p>Un temps pour s’inquiéter et un temps pour s’apaiser.</p>

<p>Un temps pour travailler et un temps pour écouter.</p>

<p>Aujourd’hui, nous voulons déposer notre agitation, nos inquiétudes et notre labeur</p>

<p>et prendre le temps de la halte, de la paix et de l’écoute.</p>

<p>Que le Seigneur nous fasse la grâce de nous asseoir tranquillement,</p>

<p>de rester en sa présence, et de nous mettre à l’écoute de la Parole de Jésus-Christ.[1]</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Louange (Charlotte)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Notre Dieu, nous venons à toi avec nos inattentions.</p>

<p>Donne-nous de nous concentrer et de cesser de voltiger comme l’oiseau, qui se heurte et se blesse aux barreaux de sa cage.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous venons à toi avec nos soucis.</p>

<p>Donne-nous de nous alléger et de cesser de trotter, le cœur et le corps courbés sur les cailloux de la route.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous venons à toi avec nos envies.</p>

<p>Donne-nous de nous discipliner et de cesser de convoiter ce que les autres auraient et que nous n’aurions pas.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous venons à toi avec nos dégoûts.</p>

<p>Donne-nous d’apprendre à sourire et de cesser de promener nos visages fermés.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous venons à toi avec nos haines.</p>

<p>Donne-nous de réapprendre à aimer et de cesser de mettre du bois au foyer de nos rancœurs.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous venons aussi à toi avec nos bonheurs.</p>

<p>Donne-nous de moins craindre de les perdre, afin de les laisser venir à nous, quand ta grâce les dispose et les dispense.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Notre Dieu, nous venons à toi, tels que nous sommes,</p>

<p>et nous souhaitons que tu viennes à nous, tel que tu es.</p>

<p>Amen.[2]</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Chant – AEC 151, 1-3-4&nbsp;: Je louerai l’Eternel (Andreas Lof)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1. Je louerai l’Eternel de tout mon cœur,</p>

<p>Je raconterai toutes tes merveilles,</p>

<p>Je chanterai ton nom.</p>

<p>Je louerai l’Eternel de tout mon cœur,</p>

<p>Je ferai de toi le sujet de ma joie.</p>

<p>Alléluia !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>3. Dieu voit les opprimés, il est leur abri,</p>

<p>Leur refuge au temps des grandes détresses,</p>

<p>Son nom est leur salut.</p>

<p>Dieu voit les opprimés, il est leur abri.</p>

<p>Il sauve les siens, car il est le Dieu saint.</p>

<p>Alléluia !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>4. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,</p>

<p>Au commencement, aujourd’hui, toujours,</p>

<p>Et aux siècles des siècles.</p>

<p>Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,</p>

<p>D’une éternité à l’autre éternité.</p>

<p>Alléluia !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prière avant d’ouvrir la Bible (Lionel Thébaud)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Lecture de l’Evangile&nbsp;: Luc 10, 38-42 (Lionel Thébaud). Traduction «&nbsp;Nouvelle Français courant&nbsp;».</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>38Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle. 39Elle avait une sœur, appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. 40Marthe était très affairée à tout préparer pour le repas.</p>

<p>Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour faire le service ? Dis-lui donc de m'aider. »</p>

<p>41Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses, 42mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. »</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Alléluia</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Composé et interprété par Peter Vizard</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prédication&nbsp;: «&nbsp;Trouver sa juste place&nbsp;» (Lionel Thébaud)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>J’ai choisi de vous parler de Marthe et de Marie ce matin. Dans le passage de la Bible que je vous ai lu, nous avons Marthe, celle qui fait les tâches ménagères, et Marie, celle qui écoute les paroles de Jésus, assise à ses pieds. Très tôt dans l’histoire de l’Église, ce récit a été interprété symboliquement. On a dit que Marthe était la figure de la synagogue, et Marie la figure de l’Église. Marthe représentait la vie active et Marie la vie contemplative. Marthe nous parlait de la vie présente et Marie la vie dans le Royaume. Plus tard, au XVIe siècle, Martin Luther voit en Marthe la justification par les œuvres, et en Marie la justification par la foi. Jean Calvin, lui, valorise l’énergie de Marthe, mais il critique son refus d’écouter la parole du maître. Cette scène, qui est très brève, se prête au jeu des contraires. Mais l’évangile selon Luc ici me parle d’autre chose ce matin : il me parle du rôle attribué aux femmes dans la société juive de l’époque de Jésus, et de la manière dont Jésus relativise la pression sociale afin de permettre à ces femmes de trouver leur juste place.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>D’abord, dans cette société antique, une femme doit être une mère. Tout est fait pour que la femme se sente obligée d’avoir de nombreux enfants. Et lorsqu’un homme n’a pas d’enfants, on dit que c’est la femme qui est stérile. La pression est très forte. Ensuite, les femmes sont désignées pour effectuer les tâches ménagères. Vous voyez que certaines choses ne bougent pas facilement, même si la situation évolue un petit peu ces dernières années. Et bien sûr les femmes ne sont pas les bienvenues dans les lieux de décision, politiques ou religieuses. Nous avons quelques exceptions, quand-même, dans la Bible, il faut le rappeler. Nous y voyons des prophétesses, des guerrières, des sages, des juges, etc. Cependant, sauf exception, une femme doit rester dans le rôle qu’on lui a assigné.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Marthe fait les tâches ménagères. Il faut dire qu’elle reçoit Jésus dans sa maison. Elle veille à ce que Jésus, qui n’est pas seulement un personnage important, mais qui est aussi son ami, se sente bien accueilli. Mais savez-vous pourquoi Marthe fait tout ça ? Elle fait tout ça parce qu’elle aime Jésus. Elle veut l’honorer. Vous savez, si vous avez déjà reçu quelqu’un chez vous, que c’est important de bien accueillir notre invité·e. Il n’est pas toujours nécessaire de faire des chichis, mais il faut que la personne se sente à l’aise. Il faut lui montrer qu’on l’apprécie. C’est important. Donc on ne peut pas donner tort à Marthe. Et contrairement à ce qu’on dit souvent, Jésus ne lui donne pas tort. En tout cas, il ne critique pas son service. Il ne critique pas le fait qu’elle prépare tout ce qu’elle prépare. Il ne dit pas que ce qu’elle fait est inutile. Ce qu’il critique, à mon avis, c’est son attitude envers Marie. Parce que Marie, elle, ne fait rien. Mais vous savez pourquoi elle ne fait rien, Marie ? Parce qu’elle est occupée à écouter Jésus. Et Marie écoute Jésus parce qu’elle l’aime. Ce que fait Marie, c’est par amour. Elle a exactement la même motivation que Marthe. Et là nous voyons que quand nous aimons quelqu’un, nous l’aimons tel·le·s que nous sommes. Avec ce que nous sommes. Vous comprenez ? Marthe était sans doute un peu jalouse de sa sœur, elle a senti que Marie avait une place privilégiée auprès de Jésus, mais je crois surtout qu’elle voulait que sa sœur fasse comme elle fait. Ça m’arrive parfois, de vouloir que les autres fassent comme moi. Ça m’arrive d’essayer d’imposer aux autres ma manière de faire. Parce que des fois j’ai l’impression que tout seul, c’est trop dur à porter. Ou parce que j’estime que l’autre ne sait pas bien faire ce qu’il fait. Bref. Jésus ne critique pas Marthe. Il prend la défense de Marie. C’est pas pareil. Devant l’accusation, Jésus se place toujours du côté des accusés. Jésus ne condamne pas les tâches ménagères ! Mais il rappelle à Marthe que les tâches ménagères sont un choix. Pas un destin. Marthe est en train de comparer son service à celui de Marie. Dans la vie quotidienne, nous nous comparons aux autres. Et nous jugeons les autres. Sans cesse. Marthe critique sa sœur parce qu’elle n’est pas à sa place. Elle n’est pas dans le rôle qu’elle devrait tenir.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le Talmud, livre très important pour les juifs, dit : « que ta maison soit une maison pour les sages, agrippe-toi à la poussière de leurs pieds et bois leurs paroles dans la soif ». Il est recommandé ici de ne pas avoir d’autre activité que d’écouter le sage parler. Et c’est ce que fait Marie : elle s’assoit aux pieds de Jésus et elle reste là, à ne rien faire d’autre qu’à l’écouter. Elle fait ce que dit le Talmud. Elle est dans une position de disciple. Elle étudie aux pieds du maître. Mais le Talmud dit aussi : « apprendre la Torah à sa fille est comme lui apprendre la débauche ». Qu’une femme soit disciple, ça ne se fait pas. Si un rabbin enseigne à des femmes, c’est que le rabbin n’est pas très sérieux. Il chamboule l’ordre des sociétés traditionnelles. Mais vous savez, Jésus se fiche pas mal de l’ordre social. Jésus, lui, accepte des femmes dans son entourage proche. Il leur donne accès au savoir sur Dieu, qui est – dans cette société – le privilège des mâles. Ça ne le dérange pas de bousculer les conventions. Ce qui compte, pour Jésus, c’est la personne. C’est le cœur. Et Jésus aime Marthe comme il aime Marie.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Quand Marthe vient se plaindre de sa sœur auprès de Jésus, il lui répond : « Une seule chose est nécessaire ». Quelle est donc cette chose qui est nécessaire ? Ce que j’entends, c’est que Jésus dit à Marthe : « laisse Marie me servir à sa manière. Elle a la bonne part, ou la bonne place, elle ne lui sera pas enlevée ». Ce n’est pas un problème que Marie soit sa disciple. Ce n’est pas inconvenant. Ce qui est nécessaire, c’est que Marthe se concentre sur le service qui est le sien. C’est que Marie se concentre sur le service qui est le sien. Ce qui est nécessaire, c’est que nous fassions ce que nous avons à faire avec amour, et alors là seulement nous choisissons la meilleure part, la meilleure place, parce que nous choisissons de donner le meilleur de nous-même dans ce que nous faisons. Si tu aimes, cela suffit. Cela ne te sera pas enlevé. Que ce soit dans l’action, ou que ce soit dans la contemplation, la seule chose à faire, c’est d’aimer. Et de ne pas comparer.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ce qui semble compter ici pour Jésus, c’est l’adéquation entre le cœur de ces femmes et leurs actions. Marthe n’avait pas les mêmes aspirations que Marie. Ces considérations peuvent paraître incroyablement actuelles. C’était il y a 2000 ans, et nous avons encore des efforts à faire pour intégrer les droits des femmes. Après tout, « en Jésus-Christ, il n’y a plus ni hommes, ni femmes », dit l’apôtre Paul, c’est-à-dire qu’une femme n’a pas plus de compétences qu’un homme pour tenir un balai. Nous sommes tous et toutes des enfants de Dieu. A égalité devant Dieu. Héritiers et héritières de sa promesse.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le déconfinement approche. Beaucoup de voix appellent à ne pas reprendre notre vie d’avant comme si rien ne s’était passé. Nous voulons que quelque chose de profond change. Nous voulons que l’être humain soit au centre de nos décisions. Et tout cela, je l’appelle moi aussi de mes vœux. Je voudrais que les structures de nos sociétés changent de manière à nous rendre la vie meilleure, de manière à ce qu’il y ait plus de justice sociale et que les logiques économiques ne soient pas maîtresses de nos vies. Je souhaite que l’on fasse systématiquement attention aux personnes les plus fragiles, au nom de l’amour. Les difficultés des personnes les plus fragiles étaient perceptibles avant la crise sanitaire que nous traversons, mais le confinement a rendu ces difficultés beaucoup plus vives. Je pense aux personnes seules, aux personnes malades, aux personnes sans abri, mais je pense aussi aux femmes seules, avec ou sans enfants, et aux femmes qui subissent des violences dans leur foyer. Je me demande si ces choses peuvent vraiment changer, si nous ne changeons pas le regard que nous avons sur les autres. Nous agissons comme si nous savions mieux que les autres ce qui est bon pour eux. Comme si nous savions ce qu’ils devraient faire. Nous les regardons comme si nous étions un dieu-juge. Un peu comme ces experts qui en savent tellement qu’ils sont incapables de reconnaître quand quelque chose leur échappe. Jésus, lui, n’agit pas comme ça. Je me demande si notre société peut évoluer dans l’amour si les femmes ne sont pas à égalité avec les hommes. Je vois que Jésus ne fait pas une place à Marie. Il ne l’autorise pas à être disciple. Il n’a pas ce côté condescendant, de celui qui a le pouvoir et qui fait une œuvre charitable. Non, elle vient, il l’accueille, considérant qu’elle est disciple au même titre que les Douze. Il n’y a plus ni homme, ni femme. Il n’y a pas de discrimination dans cet épisode. Pouvons-nous percevoir l’autre comme étant vraiment notre égal·e ? L’homme comme la femme ? La personne riche comme la personne pauvre ? Que dire des personnes étrangères, non-chrétiennes, de l’autre bord politique ou théologique ? Pour moi, cette question de Marthe et Marie s’étend jusque-là ! Si nous voulons former un monde nouveau, il faut s’en prendre à la racine de nos cœurs et nous soumettre à l’action de l’amour de Dieu en nous. La place des femmes est un chantier très important dans la construction du monde qui s’ouvre à nous. Puissions-nous avancer ensemble sur le chemin que Dieu nous ouvre pour que chacun, chacune, trouve sa juste place.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Violon&nbsp;: Psaume de la création (Musique&nbsp;: Patrick Richard. Au violon&nbsp;: Claire Oberkampf)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Prière (Charlotte)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, donne-nous de voir les choses à faire sans oublier les personnes à aimer,</p>

<p>et de voir les personnes à aimer sans oublier les choses à faire.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Donne-nous de voir les vrais besoins des autres.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>C’est si difficile de ne pas vouloir la place des autres,</p>

<p>de ne pas répondre à la place des autres,</p>

<p>de ne pas décider à la place des autres.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>C’est si difficile, Seigneur,</p>

<p>de ne pas prendre ses désirs pour les désirs des autres,</p>

<p>et de comprendre les désirs des autres quand ils sont si différents des nôtres.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, donne-nous de voir ce que tu attends de nous parmi les autres.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Enracine au plus profond de nous cette certitude</p>

<p>qu’on ne fait pas le bonheur des autres sans eux…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, apprends-nous à faire les choses en aimant les personnes.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Apprends-nous à aimer les personnes pour ne trouver notre joie</p>

<p>qu’en faisant quelque chose pour elles,</p>

<p>et pour qu’un jour elles sachent que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.[3]</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Notre Père (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Unis en Christ, nous prions ensemble&nbsp;avec les mots qu’il nous a enseignés&nbsp;:</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Notre Père, qui es aux cieux,</p>

<p>que ton nom soit sanctifié,</p>

<p>que ton règne vienne,</p>

<p>que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.</p>

<p>Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.</p>

<p>Pardonne-nous nos offenses,</p>

<p>comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.</p>

<p>Et ne nous laisse pas entrer en tentation</p>

<p>mais délivre-nous du Mal.</p>

<p>Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,</p>

<p>pour les siècles de siècles.</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Informations (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Chant – AEC 174, 1-2&nbsp;: Magnifique est le Seigneur (Andreas Lof)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1. Magnifique est le Seigneur.</p>

<p>Tout mon cœur pour chanter Dieu.</p>

<p>Magnifique est le Seigneur.</p>

<p>Alléluia, Alléluia !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>2. Que puissance, honneur et gloire</p>

<p>Reviennent au Dieu trois fois saint,</p>

<p>Aujourd’hui et à jamais.</p>

<p>Alléluia, Alléluia !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Envoi (Andreas Lof)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le Seigneur nous a donné, pendant ce temps de culte,</p>

<p>de cesser pour un temps de nous affairer comme Marthe ;</p>

<p>il nous a donné de nous asseoir comme Marie.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Qu’il nous donne,</p>

<p>de continuer à contempler sa grâce</p>

<p>dans notre vie de tous les jours.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Qu’il nous donne de toujours choisir la meilleure part,</p>

<p>celle qui permet de s'ouvrir à la présence des autres</p>

<p>et de reconnaître la sienne.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Dans l’action ou dans la contemplation,</p>

<p>qu’il nous donne d’aimer</p>

<p>et qu’ainsi chacun, chacune, trouve sa juste place !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte1">Bénédiction (Christian Baccuet)</span></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Que la paix de Dieu soit sur nous.</p>

<p>Que la paix de Dieu soit en nous.</p>

<p>Que la paix de Dieu soit par nous.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Que nous soyons aux pieds du Seigneur ou affairés pour l’accueillir,</p>

<p>que nous soyons dans l’action ou dans la contemplation,</p>

<p>que Dieu nous bénisse et nous garde en Jésus-Christ&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>[1] Antoine Nouis, La galette et la cruche.</p>

<p>[2] André Dumas, Cent prières possibles.</p>

<p>[3] Prière du Défap, service protestant de mission.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:38:44Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-audio-texte-du-culte-du-dimanche-10-mai-2020">
    <title>"Trouver sa juste place" - Vidéo - Audio - Texte -  du culte du Dimanche  10 mai 2020</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-audio-texte-du-culte-du-dimanche-10-mai-2020</link>
    <description>
        Culte célébré par les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof, et Lionel Thébaud, Cécile, Charlotte, Peter et Claire.


    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-audio-texte-du-culte-du-dimanche-10-mai-2020/image_thumb">
        <dc:title>"Trouver sa juste place" - Vidéo - Audio - Texte -  du culte du Dimanche  10 mai 2020</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p class="encadre" style="text-align: center;">Vidéo du culte&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/video-culte-du-dimanche-10-mai-2020">Cliquez&nbsp;ici</a>&nbsp;pour regarder la vidéo du culte</span></p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Audio du culte&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/audio-culte-du-dimanche-10-mai-2020">Cliquez&nbsp;ici</a>&nbsp;pour écouter l'audio du culte</span></p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Texte du culte</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/texte-culte-du-dimanche-10-mai-2020">Cliquez ici</a>&nbsp;pour lire le texte du culte</span></p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:38:05Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-andreas-lof/un-chant-de-grace-et-de-gratitude-le-magnificat-de-marie">
    <title>"Un chant de grâce et de gratitude : le magnificat de Marie"</title>
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    <description>
        Texte de la prédication du dimanche 29 novembre, par le Pasteur Andreas Lof
    </description>
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        <dc:title>"Un chant de grâce et de gratitude : le magnificat de Marie"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Prédication du Pasteur Andreas Lof&nbsp;pour le dimanche 29 novembre 2020 - Premier Dimanche de l'Avent</p>

<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Luc 1, 39-56,</p>

<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;Un Chant de grâce et de gratitude: le Magnificat de Marie</p>

<p>Nous venons d'entendre ce qu'on appelle le magnificat de Marie. Magnificat. Ce mot latin veut dire «&nbsp;rendre grand&nbsp;». C’est le premier mot, traduit du grec en latin, &nbsp;du chant&nbsp; que l’évangéliste Luc a mis dans la bouche de Marie. Chant de louange envers l'Eternel, le Dieu d'Israël. &nbsp;Chant qui jaillit de ses entrailles au moment qu’elle rencontre Elisabeth, sa cousine. Elisabeth , salue en elle, inspiré par l'Esprit Saint, dit le texte, la &nbsp;mère du Messie. L’enfant qu’elle porte dans son ventre sera le Messie tant attendu du peuple d'Israël.</p>

<p>&nbsp;Une joie éclate dans le cœur de Marie. Une joie qui la déborde et devient spontanément une véritable louange envers Dieu. Louange d'une fille d’Israël, habitée, inspirée, par la foi et l'espérance de son peuple. Espérance qu’un jour Dieu, le Dieu d’Israël fait et fera selon ses promesses, pour que naisse un monde nouveau, un monde plus juste, un monde plus fraternel, un monde selon le cœur de Dieu. Pour que naisse ce monde messianique ou enfin paix et justice s’embrasseront, ou les petits et les grands vivront ensemble, ou les pauvres et les humbles ne seront pas oubliés mais honorés et respecté, ou Israël sera restauré, libéré de ses ennemis.</p>

<p>Magnificat anima mea Dominum « Mon âme rend grand, exalte, le Seigneur&nbsp;»</p>

<p>Voilà les premiers mots, l’intention première, le désir spontané de Marie&nbsp;: donner toute la gloire à Dieu. &nbsp;Certes Marie exprime tout son étonnement&nbsp; sur ce que Dieu a fait pour elle et ce qu’Il fait à travers elle. &nbsp;Elle, jeune femme juive d'un village ordinaire en Israël! Elle mesure le don et la grâce de Dieu à son égard : «&nbsp;Dieu mon Sauveur a abaissé son regard sur moi son humble servante&nbsp;! Dès maintenant les humains de tous les temps me dirons bien heureuse&nbsp;».</p>

<p>&nbsp;Marie exprime avec ses paroles à la fois son humilité devant Dieu et sa fière conscience d’avoir été choisi pour être la mère du Messie. 'Tous me diront bien heureuse! &nbsp;Dans l’histoire du salut Marie aura une place unique: celle d'être la mère du Sauveur &nbsp;tant attendu. Mais Marie se réjouit d'abord et surtout de l'œuvre de Dieu en elle et à travers elle. «&nbsp;Oui, les humains me diront bien heureuse car Dieu le Tout Puissant a fait pour moi des choses magnifiques&nbsp;! Son Nom est saint&nbsp;».</p>

<p>Déjà, et j’y reviens tout à l’heure, nous comprenons pourquoi Luther a tellement admiré Marie. Il a écrit sur elle un petit traité tout au début de la Réforme. &nbsp;Luther a vu en Marie une figure de la grâce, qui illustre magnifiquement sa propre théologie de la grâce. Loin de Marie de se glorifier elle-même. Marie glorifie de tout son cœur la grandeur et la sainteté de Dieu: «&nbsp;Dieu le Tout Puissant a fait pour moi des merveilles&nbsp;! Saint est Son Nom&nbsp;»&nbsp;!</p>

<p>Le vrai sujet du chant magnifique de Marie est bien le Dieu d’Israël: &nbsp;c'est vers lui que Marie se tourne de toute son âme et de tout son être. C'est Dieu qui nous aime le premier, et c'est son amour avant tout autre chose qui nous permet de nous tourner vers lui, dans la joie et la gratitude. Dans le magnificat de Marie , Luther a vu cette dimension première de la foi comme gratitude et joie, devant le don de Dieu. L'acte de croire en Dieu est d'abord l'acte d'entrer dans la gratitude.</p>

<p>Cette gratitude Marie l'exprime dans le Magnificat avec les paroles de son peuple, celles des psaumes et des prophètes. &nbsp;Parce que son âme et son cœur respire la foi et l'espérance d'Israël.</p>

<p>Dans le magnificat résonnent les psaumes chantés et priés en Israël; Le magnificat vibre à l'unisson avec le rêve messianique des prophètes. Il chante en écho aux femmes d’Israël qui ont précédé Marie dans leur chant de louange envers l'Eternel, intervenu victorieusement pour le peuple.</p>

<p>Un des textes le plus anciens de la bible, est un tel chant, un cri de victoire, attribué à Myriam, la sœur de Moïse. Myriam, Marie c’est le même nom. Myriam avait chanté au moment de la libération d’Egypte, après la traversé de la mer rouge. Un peuple d’esclaves retrouve enfin sa liberté grâce à l’intervention miraculeuse de Dieu. Ce longue chant de victoire de Myriam sur le bord de la mer rouge commence ainsi&nbsp;: Je louerai mon Dieu, ce Dieu de mes pères, je l’exalterai&nbsp;! Marie chante en écho à Myriam et leurs deux chants se rejoignent comme deux sœurs à travers les siècles&nbsp;!</p>

<p>Mais Marie chant en écho à d’autres femmes d’Israël. Anne la mère de Samuel avait déjà chanté ce Dieu de la vie qui l’avait visité dans sa stérilité&nbsp;: «&nbsp;Seigneur tout puissant, tu as jeté tes yeux sur ton humble servante&nbsp;». Marie reprend presque littéralement ses paroles d’Anne la mère de Samuel.</p>

<p>Marie fait encore écho à Léa la femme de Jacob qui s’écrie, quand sa servante suscite pour elle une descendance au patriarche: «&nbsp;Je suis bienheureuse car toutes les femmes me diront heureuse&nbsp;».</p>

<p>Et quand Marie chante et prophétise&nbsp;: «&nbsp;Dieu jettera de leur trône les puissants et les orgueilleux et il élèvera les humbles&nbsp;» elle reprend à nouveau le cantique d’Anne louant Dieu parce qu’Il se soucie des humbles pour les élever tandis qu’Il abaissera les puissants et les oppresseurs.</p>

<p>Oui, le magnificat nous montre Marie avant tout comme une fille d’Israël. Marie est profondément enracinée dans l’histoire de son peuple, habitée par sa foi, portée par son espérance, nourrie par sa louange.</p>

<p>J'en suis sûr : Marie a dû marquer son enfant Jésus de cette foi fervente, de cette foi nourrie des Ecritures, des psaumes,&nbsp; de cette &nbsp;confiance forte et belle envers un Dieu qui a toujours agi en faveur de son peuple, un Dieu fidèle à ses promesses, un Dieu de justice et de miséricorde……..</p>

<p>Voilà la foi de Marie qu’elle a transmise à son enfant Jésus. Elle l'a marqué par sa foi fervente et fière en Dieu, par son humilité devant Dieu, son amour de l'Ecriture et de l'histoire de son peuple, par sa soif profonde et forte que la justice de Dieu se réalise enfin pour les humbles et les pauvres d'Israël. Comparer les béatitudes du Christ avec le Magnificat de Marie: c'est le même souffle, la même espérance, la même confiance en Dieu qui les animent. Jésus a beaucoup reçu de sa mère, aussi dans sa relation à Dieu le Père, je le pense!</p>

<p>En disant cela , je ne veux pas ignorer les moments de fortes tensions qui ont existé entre Jésus et sa mère et le clan familial, surtout quand Jésus a commencé à se dire et présenter aussi à Nazareth, comme l'élu, l'envoyé de Dieu. &nbsp;Marc nous n’a pas caché ses tensions dans le chapître 6 de son Evangile. La visite de Jésus à Nazareth qui tourne mal et qui a suscité cette parole de Jésus «&nbsp;un prophète est respecté partout sauf dans son propre village et dans sa propre famille&nbsp;».</p>

<p>&nbsp;Ces textes de Marc nous empêchent une fois pour toute de croire à une sainte famille qui a accueilli le mystère et la mission de Jésus avec foi et dévotion.! Marc nous suggère que la réalité historique a été plus compliquée et bien plus humaine que la dévotion de l'église a fait croire au cours des siècles!</p>

<p>Mais rappelons aussi ceci: la famille de Jésus et Marie évolueront, comme les autres disciples, &nbsp;en suivant Jésus jusqu’au bout de son chemin&nbsp;: &nbsp;une des dernières paroles avant de mourir, agonisant sur la croix, a été pour sa mère, nous dit l’Evangile de Jean. Et, nous le savons&nbsp;: Marie a pris une place importante dans la première communauté chrétienne à Jérusalem.</p>

<p>Un mot sur le Marie de Luther. Luther a écrit des choses très fortes et belles sur Marie. Notamment dans son commentaire sur le Magnificat. Marie illustre à merveille, selon Luther, ce qui est la grâce. Marie , qui accueille avec humilité la Parole et La Promesse de Dieu pour elle. Marie qui rend toute la Gloire à Dieu. Marie, bouleversée par la grâce de Dieu et qui exprime toute sa joie et gratitude pour ce que Dieu accomplit à travers elle. Luther s'est reconnu lui-même en Marie.</p>

<p>&nbsp;Sans doute en commentant les paroles de Marie qui parlent d'un Dieu qui renvoie les orgueilleux et les puissants et élève les humbles, Luther s’est là encore reconnu. Luther avait fait face au Diète de Worms aux puissants de ce monde, l’empereur Charles Quint mais aussi au pape, &nbsp;cardinaux et théologiens de Rome. Lui le petit moine allemand, humble serviteur de la Parole de Dieu. Comme Marie, Dieu l'avait choisi comme un instrument de sa grâce, cette grâce qui porte pour Luther un seul nom celui du Christ. Faire naître à nouveau le Christ parmi les hommes par l'Ecriture, par la prédication fidèle à l'Evangile, voilà le désir profond de Luther. Comme Marie Luther veut enfanter le Christ au monde, mais cette fois par La Parole et la Prédication.</p>

<p>&nbsp;Mais pour Lui c'est la Marie des Ecritures, la fille d'Israël, la Marie du magnificat, qui l'intéresse. Loin de Luther de donner un rôle médiateur à Marie dans le ciel entre Dieu et l'homme, qui invite le croyant à s'adresser à Dieu à travers Marie. Seul le Christ, est l'unique médiateur entre Dieu et les hommes Notre prière s'adresse à Dieu, trois fois saint : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Voilà les convictions de Luther et du protestantisme à sa suite.</p>

<p>Luther gardera trois fêtes mariales pour être célébrées dans les églises luthériennes. Trois fêtes inspirées par trois épisodes bibliques de la vie de Marie&nbsp;: l’annonciation, la visitation et la purification au Temple. De cette place importante de Marie dans la tradition luthérienne, la musique de JS Bach en est une illustration éclatante. Une des plus belles œuvres de SJ Bach sera justement le Magnificat, sur le texte de Marie, en latin, œuvre plein de joie et de jubilation.</p>

<p>Il est temps de conclure: &nbsp;Marie nous renvoie avant tout au mystère de Dieu devenu homme. Marie nous renvoie au mystère du Christ: né d'une femme, pleinement homme et pleinement Dieu venu parmi les hommes. Un Dieu qui se lie définitivement à l'homme. Un Dieu qui prend visage d'homme pour éclairer, habiter, transformer et transfigurer notre condition humaine par le mystère même de Dieu, le mystère de son amour. Ce que cela signifie nous l'avons vu dans la vie du Christ.</p>

<p>Ce mystère de Dieu devenu homme est au cœur de la fête de Noël que nous allons fêter en quelques semaines.</p>

<p>Oui, Marie est une femme unique parmi les femmes, bienheureuse parmi toutes les femmes, humble fille d’Israël, choisi gracieusement par Dieu, pour devenir la mère du Messie et c’est pour cela que tout chrétien, aussi les protestants que nous sommes, peuvent l’aimer et rendre grâce à Dieu pour Marie, mère de notre Sauveur.</p>

<p>&nbsp;AMEN</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-12-07T09:09:12Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/culte-du-dimanche-26-avril-2020-3">
    <title>"Un temps qui nous engage" - Vidéo - Audio - Texte  du culte du Dimanche  26 Avril 2020</title>
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        Prédication : « Un temps qui nous engage », par le pasteur Christian Baccuet

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        <dc:title>"Un temps qui nous engage" - Vidéo - Audio - Texte  du culte du Dimanche  26 Avril 2020</dc:title>
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    <content:encoded><![CDATA[<p class="encadre" style="text-align: center;">Vidéo du culte&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/culte-du-dimanche-26-avril-2020/">Cliquez&nbsp;ici</a>&nbsp;pour regarder la vidéo du culte</span></p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Audio du culte&nbsp;</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/audio-culte-du-dimanche-26-avril-2020/">Cliquez&nbsp;ici</a>&nbsp;pour écouter l'audio du culte</span></p>

<p class="encadre" style="text-align: center;">Texte du culte</p>

<p class="encadre" style="text-align: center;"><span class="texte1"><a href="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/culte-du-dimanche-26-avril-2020-1">Cliquez ici </a>pour lire le texte du culte</span></p>
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    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:40:03Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/culte-du-dimanche-26-avril-2020-1">
    <title>"Un temps qui nous engage" - TEXTE - CULTE DU DIMANCHE 26 AVRIL 2020</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/culte-du-dimanche-26-avril-2020-1</link>
    <description>
        Prédication : « Un temps qui nous engage », par le pasteur Christian Baccuet
    </description>
    
    <content:encoded><![CDATA[<h5 style="text-align: center;">Un temps qui nous engage</h5>

<p>&nbsp;</p>

<p>Pentemont-Luxembourg, 26 avril 2020. Culte en vidéo.</p>

<p>Avec les pasteurs Christian Baccuet et Andreas Lof, et la participation de Nathalie, Nkoussou et Elise.</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Accueil et salutation (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Bonjour&nbsp;et bienvenue à chacun de vous pour ce culte&nbsp;!</p>

<p>Ce temps de confinement est long et l’avenir incertain mais, plus forte que notre impatience, notre fatigue ou notre découragement, la fidélité du Seigneur est grande&nbsp;! La fidélité du Seigneur, c’est-à-dire sa présence aimante, la foi qu’il a en nous, la confiance qu’il irrigue en nous, l’espérance dans laquelle il oriente notre existence. Sa paix, paisible et apaisante. Sa grâce, généreuse et bienfaisante. Sa paix et sa grâce nous sont données, en Jésus-Christ et par le Saint-Esprit&nbsp;!</p>

<p>Aujourd’hui, au cours de ce culte, nous aurons la joie de voir et d’entendre Elise, 11 ans, nous jouer un morceau de violon, Nathalie nous lire le texte biblique, Nkoussou nous accompagner dans la prière, et Andreas nous aider à chanter et à prier. Nous prions avec lui, à partir d’une prière d’Edith Wild.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6><span class="texte1">Louange (Andreas Lof)</span></h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Reste avec nous, Seigneur, dans nos nuits de solitude, de découragement et d’espoirs ensevelis.</p>

<p>Reste avec nous, Seigneur, dans nos jours de joie, de confiance et de paix partagée</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Insaisissable compagnon de nos sentiers obscurs et de nos routes ensoleillées, &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>

<p>déchire le voile de nos yeux appesantis,</p>

<p>surprends-nous par ta parole, brûlure en notre cœur,</p>

<p>rejoins-nous dans les gestes de partage.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Alors nous te reconnaîtrons, toi le vivant, visiteur déroutant,</p>

<p>passager fugace te dérobant sans cesse, et ami tendrement présent[1].</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Introduction au chant (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ami tendrement présent…</p>

<p>Source de vie, de paix, d’amour, il entend notre prière, il calme notre crainte.</p>

<p>Nous poursuivons cette louange en chantant ensemble «&nbsp;Oh prends mon âme&nbsp;».</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Chant – 602, 1-2&nbsp;: Oh prends mon âme (Andreas Lof)</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1. Oh ! prends mon âme,</p>

<p>Prends-la, Seigneur,</p>

<p>Et que ta flamme</p>

<p>Brûle en mon cœur.</p>

<p>Que tout mon être</p>

<p>Vibre pour toi.</p>

<p>Sois seul mon maître,</p>

<p>O divin roi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>R. Source de vie,</p>

<p>De paix, d’amour,</p>

<p>Vers toi je crie</p>

<p>La nuit, le jour.</p>

<p>Entends ma plainte,</p>

<p>Sois mon soutien.</p>

<p>Calme ma crainte,</p>

<p>Toi, mon seul bien.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>2. Du mal perfide,</p>

<p>Oh ! garde-moi.</p>

<p>Viens, sois mon guide,</p>

<p>Chef de ma foi.</p>

<p>Quand la nuit voile</p>

<p>Tout à mes yeux,</p>

<p>Sois mon étoile,</p>

<p>Brille des cieux.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Introduction à l’écoute de l’Evangile (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>La présence du Seigneur est notre force. Son Evangile est notre vie.</p>

<p>Nous allons ouvrir l’Ecriture et y lire le récit qui est proposé à notre méditation aujourd’hui, l’histoire de deux disciples en route vers un village appelé Emmaüs et rejoints en chemin par un inconnu.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, que dans ce texte que nous connaissons déjà, ce soit ta Parole qui nous parle aujourd’hui.</p>

<p>Que ton Esprit nous aide à y entendre ce que tu veux nous dire. Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ce récit se situe le jour où Jésus est ressuscité. Ecoutez…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Lecture de l’Evangile&nbsp;: Luc 24, 13-35 (Nathalie). Traduction «&nbsp;Français courant&nbsp;».</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>13Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ deux heures de marche de Jérusalem. 14Ils parlaient de tout ce qui s'était passé. 15Pendant qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha et fit route avec eux. 16Ils le voyaient, mais quelque chose les empêchait de le reconnaître. 17Jésus leur demanda : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Et ils s'arrêtèrent, tout attristés. 18L'un d'eux, appelé Cléopas, lui dit : « Es-tu le seul habitant de Jérusalem qui ne connaisse pas ce qui s'est passé ces derniers jours ? » — 19« Quoi donc ? » leur demanda-t-il. Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth ! C'était un prophète puissant ; il l'a montré par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. 20Les chefs de nos prêtres et nos dirigeants l'ont livré pour le faire condamner à mort et l'ont cloué sur une croix. 21Nous avions l'espoir qu'il était celui qui devait délivrer Israël. Mais en plus de tout cela, c'est aujourd'hui le troisième jour depuis que ces faits se sont passés. 22Quelques femmes de notre groupe nous ont étonnés, il est vrai. Elles se sont rendues tôt ce matin au tombeau 23mais n'ont pas trouvé son corps. Elles sont revenues nous raconter que des anges leur sont apparus et leur ont déclaré qu'il est vivant. 24Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau et ont trouvé tout comme les femmes l'avaient dit, mais lui, ils ne l'ont pas vu. »</p>

<p>25Alors Jésus leur dit : « Gens sans intelligence, que vous êtes lents à croire tout ce qu'ont annoncé les prophètes ! 26Ne fallait-il pas que le Messie souffre ainsi avant d'entrer dans sa gloire ? » 27Puis il leur expliqua ce qui était dit à son sujet dans l'ensemble des Écritures, en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des Prophètes.</p>

<p>28Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s'il voulait poursuivre sa route. 29Mais ils le retinrent en disant : « Reste avec nous ; le jour baisse déjà et la nuit approche. » Il entra donc pour rester avec eux. 30Il se mit à table avec eux, prit le pain et remercia Dieu ; puis il rompit le pain et le leur donna. 31Alors, leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. 32Ils se dirent l'un à l'autre : « N'y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »</p>

<p>33Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze disciples réunis avec leurs compagnons, 34qui disaient : « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Simon l'a vu ! » 35Et eux-mêmes leur racontèrent ce qui s'était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il rompait le pain.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Prédication&nbsp;: «&nbsp;Un temps qui nous engage&nbsp;» (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>J’aime beaucoup ce texte. Récit simple et beau d’une rencontre qui bouleverse une vie, récit riche et profond dont nous n’avons jamais fini de faire le tour, auquel on peut venir puiser sans cesse du sens pour notre existence. Nous en avons fait l’expérience hier avec les adolescents de notre paroisse, lors d’une rencontre en «&nbsp;visio-catéchisme&nbsp;»&nbsp;: chaque verset de ce texte, chaque mot, est porteur de sens. Je ne me lasse pas de ce récit.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Aujourd’hui, c’est un verset qui me parle particulièrement, le verset 33&nbsp;: «&nbsp;Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem&nbsp;». Ce verset me parle dans la période que nous vivons, cette période bizarre où notre rapport au temps a été complètement et soudainement bouleversé. Qui parmi nous imaginait il y a sept semaines ce que nous allions vivre&nbsp;? Et qui parmi nous sait ce que nous allons vivre dans deux semaines, après ce 11 mai à la fois attendu, espéré, redouté, fantasmé&nbsp;?</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Jacques Brel chantait&nbsp;: «&nbsp;Il y a deux sortes de temps, y a le temps qui attend et le temps qui espère&nbsp;».</p>

<p>Vous, vous êtes dans lequel de ces temps&nbsp;? Vous qui êtes peut-être désœuvrés ou peut-être débordés d’occupation, entre la scolarité à des enfants à accompagner et le télétravail envahissant. Vous qui êtes peut-être vidés, dans l’ennui, la déprime, le manque de lien, ou bien angoissés à l’idée de ce qui nous attend, la longueur inconnue du confinement et du déconfinement, les conséquences sociales et économiques, l’avenir qui ne sera pas le même que le temps d’avant. Etes-vous dans le temps qui attend ou dans le temps qui espère&nbsp;?</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Brel chantait ces deux temps dans une chanson magnifique, L’Ostendaise, chanson poignante car elle évoque une réalité triste, pathétique, où l’absence est vive, l’attente vide, l’espérance sans fin&nbsp;: «&nbsp;Il y a deux sortes de temps, y a le temps qui attend et le temps qui espère. Il y a deux sortes de gens, il y a les vivants et ceux qui sont en mer&nbsp;».</p>

<p>Le temps qui attend est un temps qui peut vite devenir passif, résigné, qui attend sans plus trop savoir quoi ni quand, qui se transforme vite en une manière de cacher qu’au fond on n’attend plus vraiment quelque chose. Le temps qui espère est un temps qui peut vite basculer dans le rêve, se projetant dans un au-delà où tout redeviendra bien ou se changera en quelque chose de bien mieux, un temps qui se transforme en une fuite dans l’illusion pour cacher la dureté du présent et, finalement, le manque d’espérance.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Vous la vivez comment, vous, l’attente, l’espérance&nbsp;? Une attente vide ou une espérance en crise&nbsp;?</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Pas très encourageant comme début de prédication… Mais c’est une bonne nouvelle que je voudrais partager avec vous. L’Evangile nous rejoint là où nous sommes et, dans nos attentes déçues et nos espérances refroidies, il résonne comme un appel joyeux qui nous engage sur un nouveau chemin.</p>

<p>La Bible toute entière nous parle d’attente et d’espérance. Le peuple biblique vit dans l’attente de la libération, dans l’attente du retour chez soi, dans l’attente du Messie. Cette attente est parfois désespérance quand tout semble se liguer pour démentir qu’un avenir est possible&nbsp;; cette attente est souvent espérance, quand elle est portée par une confiance en la fidélité de Dieu. Mais la Bible, plus que l’attente ou l’espérance, nous propose une troisième sorte de temps.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Rappelez-vous ce qui est dit dans le récit des deux disciples sur la route d’Emmaüs. Un récit en quatre moments. Comme quatre moments de vie. Comme un chemin d’existence. Comme notre route humaine.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Premier moment&nbsp;: sur la route. Le récit commence avec ces deux personnes, deux disciples, qui, le jour même de la résurrection de Jésus, quittent Jérusalem pour se rendre au village d’Emmaüs, à onze kilomètres de là. On ne sait pas pourquoi ils partent mais ils s’éloignent de la communauté des autres disciples, et en chemin ils discutent de tout ce qui s’est passé&nbsp;: leur vie avec Jésus, l’effondrement de tout à la croix, l’annonce étonnante de la résurrection, leur perplexité. Ils parlent du passé, ils parlent au passé&nbsp;: Jésus était, nous espérions… Une espérance qui n’est plus la leur. Ils sont en train de quitter toute attente, toute espérance. Comme nous leur ressemblons&nbsp;! Ce premier moment, c’est celui de l’attente déçue.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Deuxième moment&nbsp;: sur la route, encore. Là, au creux de leur attente vidée de toute espérance, Jésus les rejoint. Il marche à leur côté. Ils ne le reconnaissent pas, et bien souvent c’est ainsi&nbsp;: quand le Christ chemine avec nous, nous ne le voyons pas, parfois nous ne le ressentons pas, souvent nous ne réalisons pas que c’est lui. Jésus s’approche d’eux là où ils en sont, il se fait proche de nous, il nous rejoint. Et ce chemin partagé avec lui est fait de dialogue&nbsp;: il interroge les deux disciples, il les laisse déposer leurs questions, exprimer leur détresse, crier leur attente déçue. Et il leur parle à son tour, après les avoir écoutés, dans une vraie relation&nbsp;; il traverse avec eux l’Ecriture, le texte biblique, la longue histoire d’attente et de promesse, de fidélité de Dieu, d’épreuves traversées et surmontées, d’espérance transmise. Ce deuxième moment, c’est celui de la promesse annoncée, de l’espérance renouvelée. Les disciples ne le savent pas encore, mais déjà l’Evangile germe en eux.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Puis vient le troisième moment&nbsp;: dans la maison. C’est le soir qui est tombé, la route qu’il n’est plus possible de poursuivre, la halte, l’invitation faite à Jésus de rester avec nous (magnifique prière&nbsp;!), le repas, le pain partagé qui est à la fois repas quotidien et première sainte cène, le moment cultuel où les deux disciples reconnaissent enfin Jésus, et où, en même temps, il disparaît à leurs yeux. Moment tellement fort que celui de la foi, vivifiée dans le culte comme rencontre fraternelle, comme communion partagée, où le regard de la foi remplace le regard matériel, où la présence se fait vive parce que vécue dans la confiance. Foi qui réalise que c’est le Christ qui chemine, foi qui fait remonter à la conscience les moments partagés&nbsp;: n’y avait-il pas un feu qui brûlait au fond de nous quand il nous parlait en chemin&nbsp;? Ce troisième moment, c’est celui de la foi, de la reconnaissance, quand tout s’éclaire, que le passé prend sens, que l’avenir s’ouvre et que le présent en est tout bouleversé. Ce moment, qu’on pourrait penser point d’aboutissement d’une vie accomplie, n’est pas le dernier moment. Il y en a encore un.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Quatrième moment&nbsp;: sur la route, de nouveau. Aussitôt, dit le récit, les deux disciples se lèvent et repartent vers Jérusalem. «&nbsp;Aussitôt&nbsp;»&nbsp;: cette rencontre de foi a un impact sur eux et les mobilise entièrement. Ils se lèvent bien que ce soit le soir et que la route, normalement, est impossible. Ce verbe, «&nbsp;se lever&nbsp;», est celui qui, dans les versets précédents, a dit la résurrection de Jésus&nbsp;; comme Jésus s’est levé au matin de Pâques, les disciples se lèvent&nbsp;; ressuscités à leur tour, la nuit ne les retient pas. Et ils retournent à Jérusalem, ils reviennent sur leurs pas&nbsp;; mais ce n’est pas un retour en arrière, c’est un mouvement de conversion, de retournement, c’est le départ vers la communauté de témoignage, les autres disciples qui leurs annoncent la résurrection et eux qui leur rapportent cette rencontre, Jérusalem qui va devenir le départ de l’Evangile offert au monde entier. Quatrième moment, celui d’une vie entraînée dans la dynamique de l’espérance, du partage, du témoignage, de la vie nouvelle, du Royaume de Dieu qui vient.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Aussitôt, ils se lèvent et repartent. C’est ce verset 33 qui me parle aujourd’hui, car je crois qu’il est celui du moment où nous sommes. Il se tient à la charnière entre l’éloignement triste des autres et la rencontre joyeuse d’une communauté transformée, entre le passé révolu et l’avenir qui s’ouvre, entre la vie de foi personnelle et la rencontre communautaire, entre la rencontre avec le Christ et l’Evangile partagé, entre le pain rompu et les festin du Royaume, entre la nuit qui retient et la résurrection qui fait se lever, entre la promesse comprise et la bonne nouvelle répandue, entre une attente vide, une espérance déçue, et un temps qui engage toute une vie. Aussitôt ils se lèvent&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Et là, ils ne sont plus dans le temps qui attend, ou dans le temps qui espère. Ou, plutôt, ils se remettent à attendre et à espérer, mais vraiment, pleinement, d’une attente vive, d’une espérance revigorée. Et pour eux, la réalité du présent en est transformée. Ils sont entrés dans une troisième dimension du temps, le temps qui engage. Il y a trois sortes de temps&nbsp;: il y a le temps qui attend, le temps qui espère et le temps qui engage. C’est ainsi que se présente toute l’histoire biblique&nbsp;: un temps qui engage.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Toute l’Ecriture nous rapporte une histoire de cheminement, depuis Abraham qui trouve vie et avenir en quittant son passé, ses repères, son horizon bouché, pour répondre à l’appel de Dieu qui ouvre son avenir&nbsp;: «&nbsp;va&nbsp;!&nbsp;». Peuple nomade, toujours en route, porté par la promesse et la fidélité de Dieu. Peuple en exode en route vers la terre promise. Peuple libéré en retour de l’exil à Babylone. Disciples suivant leur maître sur les routes de Galilée et de Judée. Premiers chrétiens envoyés pour partager l’Evangile de villes en villages pour tous les êtres humains. Et dans la Bible, chaque fois que le chemin s’arrête, que l’attente se fige, que l’espérance se vide, c’est une catastrophe&nbsp;: esclaves en Egypte, pouvoir des rois qui désobéissent les uns après les autres, institutionnalisation de la religion comme un pouvoir qui enferme Dieu, captivité à Babylone, nuit dans le tombeau. Mais, toujours, la promesse de Dieu est plus forte que toutes les forces de mort, la fidélité de Dieu plus forte que toutes les attentes déçues et les espérances désespérées, les chemins ouverts et l’histoire engagée à nouveau vers l’avenir.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Toute l’histoire biblique est ainsi un appel à cheminer. A ne pas rester enfermé, prisonnier de sa subjectivité, de son groupe de semblables, de sa place dans la société. A ne pas vivre replié sur soi-même, mais à s’élargir aux dimensions de Dieu et de l’humanité. A avancer vers le Royaume, à s’engager pour que la réalité soit éclairée par lui. A suivre activement le Christ, dans un temps qui nous appelle à construire un monde à l’image de ce Royaume, où paix et justice s’embrassent, ou pourront être heureux ceux qui aujourd’hui sont dans le manque. Ce n’est pas rester repliés sur nous, nos problèmes, notre Eglise, mais œuvrer dans le monde, pour les hommes et les femmes de notre terre&nbsp;; c’est le sens du «&nbsp;Plaidoyer de la Fédération protestante de France en faveur d’une transformation écologique, solidaire et démocratique&nbsp;» qui a été remis mardi dernier, 21 avril, au chef de l’Etat par le président de la Fédération protestante de France&nbsp;; ce texte dit que «&nbsp;c’est aujourd’hui […] qu’il nous faut […] co-construire demain afin que ‘le jour d’après’ ne soit effectivement pas un retour au ‘jour d’avant’ ». Vous trouverez ce texte sur le site de notre paroisse[2]. Il est à lire, méditer, travailler, mettre en œuvre, car il nous oriente, déjà, vers le temps d’après, temps à construire dès aujourd’hui.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Croire en Christ ressuscité, c’est se lever de nos tombeaux pour, anticipant la réalité du Royaume de Dieu, en être déjà des instruments, des signes, un avant-goût. Non pas pour reconstituer un monde comme celui d’avant, mais pour le construire à l’image du Dieu qui vient, pas un monde de chacun pour soi, de communautarisme replié, de pouvoir à partager, mais un monde où un feu brûle au-dedans de nous au point que nous sommes portés par la Parole vivante du Christ. Dieu s’est approché de nous en Jésus-Christ, il chemine avec nous, il travaille dans ce monde, il nous invite à nous joindre à lui, dans une dimension spirituelle mais aussi dans ses conséquences sociales, économiques, politiques. Vivre la foi de manière extérieure, c’est-à-dire qui sort de nous. Sortir de notre confinement pour vivre et partager l’Evangile. Derrière nous, la déception et le vide. Devant nous, la terre nouvelle. Et déjà, ici et maintenant, aussitôt, l’Evangile qui nous engage dans la construction d’un monde plus juste.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Aussitôt ils se lèvent et retournent à Jérusalem.</p>

<p>Alors ce que je retiens pour aujourd’hui, c’est que sur notre chemin de misère, de vide ou de trop plein, de confinement long et douloureux, le Christ nous rejoint et chemine avec nous. Sur ce chemin, dans notre quotidien, il nous invite à le rejoindre dans le dialogue – la prière – et dans l’Ecriture – la méditation quotidienne de la Bible&nbsp;; et par cela il transforme nos attentes vides en attente joyeuse, notre espérance vide en espérance vivante. La rencontre de foi avec lui, toute simple, un repas ensemble, un pain partagé, se transforme en résurrection qui nous relève et nous fait rejoindre les autres. Avec les autres, témoins eux aussi du ressuscité, nous sommes appelés à être témoins de l’Evangile de vie pour les hommes et les femmes de ce monde, témoins de la terre nouvelle promise par Jésus, construisant un monde qui permet de vivre l’Evangile qui répare, console, justifie, fait place à chacun.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Nous sommes encore dans le temps du confinement mais déjà vient celui du déconfinement. Il sera sans doute long et difficile aussi. Un chemin dans la nuit. Mais au bout de celui-ci, une terre à reconstruire, par nous.&nbsp;Et pendant ce chemin, au cœur de la nuit, déjà, la mémoire vivante de la présence du Christ, comme un feu qui réchauffe et qui engage.</p>

<p>Notre attente et notre espérance nous engagent. Nous sommes dans ce temps où, portés par la foi et dans l’attente, l’espérance, l’engagement du Royaume, nous nous levons, aussitôt, déjà, maintenant, pour préparer ensemble ce monde nouveau. Dans l’Esprit saint qui agit en nous, et par nous. N'est-ce pas comme un feu qui brûle au fond de nous&nbsp;?</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Piano&nbsp;: Aria et variations de Johann Pachelbel (Andreas Lof)</p>

<p>Nkoussou va nous conduire dans la prière. Cette prière se poursuivra en écoutant Elise nous jouer une Gavotte de Lully au violon.</p>

<p>Nous prions…</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Prière (Nkoussou)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, dans notre voyage, aujourd’hui, nous nous sommes arrêtés pour ce temps de culte, ce temps de louange, de prière, de méditation.</p>

<p>Aujourd’hui, nous sommes à Emmaüs.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Si souvent nous avons été aveugles devant les signes de ta présence.</p>

<p>Ce n’est qu’après que nous réalisons que cette main tendue, cette parole juste, ce geste généreux, ce pardon offert, cette communion vécue, ce sourire d’un étranger… c’était donc toi !</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, pardonne notre lenteur à te reconnaître et notre peur à te répondre.</p>

<p>Que ton Esprit éveille notre esprit à ta présence.</p>

<p>Que ta présence convertisse notre regard, qu’elle parle à notre cœur et qu’elle nourrisse notre foi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur, nous te louons pour ton cheminement à nos côtés, tout au long de nos sentiers.</p>

<p>Nous te louons pour ta Parole dans l’Ecriture qui devient notre nourriture.</p>

<p>Nous te louons pour la grâce du partage qui renouvelle notre foi.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Apprends-nous maintenant à partager avec nos frères et sœurs cette intelligence de l’Ecriture et cette présence de ta Parole.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Aide-nous à être tes témoins, en actes, en gestes et en présence, auprès de tous ceux qui souffrent et pleurent autour de nous.</p>

<p>Que nous leur donnions de ce feu qui brûle en nous[3]&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Violon&nbsp;: Gavotte de Lully (Elise)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Notre Père (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Unis en Christ, nous prions ensemble&nbsp;avec les mots qu’il nous a enseignés&nbsp;:</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Notre Père, qui es aux cieux,</p>

<p>que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.</p>

<p>Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.</p>

<p>Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.</p>

<p>Et ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal.</p>

<p>Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles de siècles.</p>

<p>Amen</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Informations (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>Ce culte va se terminer et j’espère qu’il y a en chacun de nous comme un feu qui brûle&nbsp;!</p>

<p>Nous restons en lien les uns avec les autres.</p>

<p>Notre vie d’Eglise continue. Le site de notre paroisse donne tous les éléments sur notre Eglise en temps ordinaire comme en ce temps de confinement&nbsp;; vous pouvez y retrouver les textes de ce culte, ainsi que des informations, des prédications, la manière de nous soutenir matériellement&nbsp;: www.epupl.org.</p>

<p>Vous pouvez nous écrire à l’adresse contact@epupl.org.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Avant de recevoir la bénédiction, nous chantons un chant qui évoque les deux disciples en chemin avec Jésus&nbsp;; quand le soir descend, ils lui demandent de rester avec eux. Ils attendent, ils espèrent, ils ne savent pas encore que la rencontre va être bouleversante. Quand le soir descend…</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Chant – 609, 1-3&nbsp;: Quand le soir descend (Andreas Lof)</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>1. Quand le soir descend</p>

<p>Sur ma peur,</p>

<p>Montre-toi vivant</p>

<p>A mon cœur.</p>

<p>Quand le soir descend</p>

<p>Sur ma peur,</p>

<p>Réveille ma foi, Seigneur.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>3. Viens chez moi t’asseoir,</p>

<p>Prends le pain !</p>

<p>Tu rejoins si tard</p>

<p>Mon chemin.</p>

<p>Viens chez moi t’asseoir,</p>

<p>Prends le pain !</p>

<p>Mes yeux s’ouvriront enfin.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h6>Bénédiction (Christian Baccuet)</h6>

<p>&nbsp;</p>

<p>C’est comme un feu qui brûle au-dedans de nous quand le Seigneur nous parle en chemin et nous explique les Écritures.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Que sa parole soit sur ton chemin.</p>

<p>Que son appel soit la réalité de ta vie.</p>

<p>Que son amour te donne la force de prendre le risque de le suivre.</p>

<p>Par lui le chemin t’est ouvert, il te donne de le suivre avec lui.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Tu es béni, en Jésus-Christ&nbsp;!</p>

<p>Amen.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Bonne journée&nbsp;!</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>[1] Prière d’Edith Wild, légèrement adaptée.</p>

<p>[2] https://www.epupl.org/actualites/plaidoyer-de-la-federation-protestante-de-france</p>

<p>[3] Prière d’Antoine Nouis, La galette et la cruche, vol. 1, p. 41-42 (légèrement adaptée).</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Moïse Mounkoro</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2020-06-17T13:40:35Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/une-femme-mise-a-ecart">
    <title>"Une femme mise à l'écart"</title>
    <link>https://www.epupl.org/spiritualite/la-parole/predications-du-pasteur-christian-baccuet/une-femme-mise-a-ecart</link>
    <description>
        Texte de la prédication du pasteur Christian Baccuet, 4 août 2024
    </description>
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        <dc:title>"Une femme mise à l'écart"</dc:title>
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    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h2>Une femme mise à l’écart</h2>

<p>&nbsp;</p>

<p><em>Lecture : Marc 5, 25-34</em></p>

<p>&nbsp;</p>

<p><em>Prédication du pasteur Christian Baccuet.</em></p>

<p><em>Cycle «&nbsp;Femmes d’Evangile&nbsp;», 1/4</em></p>

<p><em>Pentemont-Luxembourg, 4 août 2024</em></p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Voici l’histoire d’une femme qui contient l’histoire de beaucoup de femmes. Une histoire de violence et de souffrance, l’histoire d’une rencontre et d’une guérison, l’histoire d’une transformation de la violence en tendresse.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><strong><span class="texte2">1. Violence et souffrance</span></strong></p>

<p>C’est d’abord une histoire de violence et de souffrance. On pense souvent que la violence est avant tout une histoire de coups, d’agression et de destruction physique. Mais la violence est bien plus profonde. Ce qui peut détruire des vies est multiforme. Ainsi est la situation de la femme qui est au cœur de notre récit, dans l’évangile de Marc. Peu de mots, mais qui disent beaucoup sur la violence qui l’écrase.</p>

<p>Violence de le souffrance physique, d’abord, puisqu’elle est atteinte d’une maladie&nbsp;; elle a «&nbsp;des pertes de sang&nbsp;» (v. 25). On ne sait pas exactement de quelle maladie il s’agit, mais le texte précise que cela fait douze ans qu’elle souffre de ce mal. Ce n’est pas une maladie ponctuelle, c’est un mal qui la ronge dans la durée. Douze ans de souffrance, c’est une éternité.</p>

<p>Cette souffrance est doublée par la violence des soins qu’elle a subis en vain, de la part de nombreux médecins (v. 26). Violence de l’espoir et de la déception, peut-être aussi des multiples traitements&nbsp;; le texte ne précise pas s’ils sont l’affaire de médecins incompétents ou dépassés, mais toujours est-il qu’après l’intervention de tous ces spécialistes, elle va encore plus mal.</p>

<p>Et comme si cela ne suffisait pas, elle se trouve ruinée d’avoir tant consulté (v. 26). Violence de la pauvreté qui frappe cette femme qui était sans doute riche au départ, puisque dans l’antiquité le recours aux médecins était onéreux, et n’était pas remboursé par une solidarité collective. Seules les personnes de classes aisées pouvaient se payer le luxe de consulter un médecin.</p>

<p>Violence de la souffrance physique, violence des traitements impuissants, violence du dénuement matériel. Ce n’est pas tout. Une violence plus sournoise et peut-être plus grande l’écrase. C’est celle de l’isolement social. Cette femme souffre d’une maladie de sang, ce qui la rend impure, ainsi qu’il est écrit dans la Loi de Moïse&nbsp;: quand une femme a des pertes de sang, elle est impure et un homme ne doit pas s’approcher d’elle sinon il devient impur à son tour, et tout ce que touche cette femme est impur et toute personne qui touche un objet devenu impur à cause d’elle est également impur (Lévitique 15, 19-27). Cette règle religieuse interdit à toute personne de s’approcher d’une femme qui a une perte de sang.<br />
Les normes prescrites au nom de Dieu l’isolent. Violence de la condamnation, de la ségrégation, de la mise hors de la société. Pour nous qui sommes des êtres relationnels, l’isolement est sans doute la plus forte des violences. La société non seulement ne sait pas l’aider pour qu’elle soit correctement soignée, non seulement la ruine sur le plan économique, mais encore la stigmatise et l’isole.</p>

<p>Et comme pour signifier cela, on ne sait pas comment elle s’appelle ni d’où elle vient. Dans une culture où le nom et le lieu d’origine sont fondamentaux, elle n’a pas d’existence.</p>

<p>Tant de violence subie ne peut qu’écraser. Cette femme est fragilisée psychologiquement. Elle «&nbsp;tremble de peur&nbsp;» (v. 33), littéralement elle est «&nbsp;effrayée&nbsp;» et «&nbsp;tremblante&nbsp;».</p>

<p>Voilà cette femme, dans laquelle beaucoup de personnes peuvent se retrouver entièrement ou en partie. Cette femme qui représente tant de victimes à travers le monde, malades, stigmatisées, rejetées.</p>

<p>Dans une telle situation de souffrance physique et de rejet social et religieux, ce qui est attendu en général c’est que la victime se soumette, prenne sur soi, garde le silence. Protester contre une situation d’injustice est mal vu, parler plutôt que se taire est incongru. Combien longtemps dans l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans de nombreux pays, les femmes victimes des hommes ou de la société ne devaient rien dire sous peine de passer pour celles qui, hystériques, perturbent l’équilibre du monde&nbsp;? On voit encore cela trop souvent de nos jours, ici même. Tu souffres, mais sois belle et tais-toi. Reste à ta place. Ne nous dérange pas. La violence est là, certes, mais garde la pour toi, disent ceux à qui cette violence convient, soit parce qu’elle comble leur désir de puissance soit parce qu’ils ont peur d’être dérangés. &nbsp;Et la victime intègre cela, elle endure en silence.</p>

<p>Cela m’interpelle, en tant qu’homme. Aussi en tant que chrétien&nbsp;puisqu’ici c’est un système religieux qui enferme cette femme dans sa souffrance. Comment aujourd’hui nos systèmes religieux ou culturels, nos conceptions du monde et de Dieu, nos repères de «&nbsp;bien-pensants&nbsp;» nous poussent à dire ce qui est pur ou impur, autorisé ou non, scandaleux ou non, qui est digne d’être accepté et qui est condamné à être rejeté&nbsp;? Comment nos doctrines, notre éthique, nos paroles, ou nos comportements enferment au lieu de libérer, écrasent au lieu de soutenir, rejettent au lieu d’accueillir, stigmatisent au lieu d’aimer&nbsp;? Et la violence encore s’accroit et isole.</p>

<p>Ce récit est plein de violence et il n’est pas le seul dans la Bible. On critique parfois ce livre à cause des récits de violence qu’il contient. Mais s’il en contient tant, c’est que notre humanité est plongée dans la violence. La Bible est un livre qui nous parle parce qu’il parle de nous. Parlant de l’humanité, il parle nécessairement de la violence. Mais un récit comme celui-ci n’en parle pas pour la justifier. Il en parle pour la dire, la révéler, et ainsi pouvoir en sortir.</p>

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<p><strong><span class="texte2">2. Rencontre et guérison</span></strong></p>

<p>Une histoire de violence et de souffrance… mais aussi l’histoire d’une rencontre et d’une guérison. On pourrait penser que la vie, pour cette femme, est finie. Mais voilà que, dans un sursaut d’espoir, elle va prendre une initiative folle. Elle n’a plus rien à perdre, alors elle fait ce que toute personne malade et sans le sou fait au temps de Jésus&nbsp;: tenter de s’approcher d’un guérisseur. Elle a entendu parler de Jésus alors elle vient tenter sa chance.</p>

<p>Mais son geste est risqué&nbsp;: elle est impure, elle n’a rien à faire dans une foule où elle risque de contaminer les autres, elle n’a pas à toucher le vêtement de Jésus sauf à le rendre lui aussi impur. Elle franchit un interdit. C’est pour cela qu’elle est effrayée et tremblante quand elle est découverte (v. 33).</p>

<p>Elle a fait ce que son élan de vie l’a poussée à faire, toucher le vêtement de Jésus. On dit d’elle que son impureté est contagieuse, mais peut-être que la grâce qu’apporte Jésus est elle aussi contagieuse&nbsp;? Toucher son vêtement, c’est le toucher lui, c’est recevoir de lui sa force de vie. «&nbsp;Si je touche au moins ses vêtements, je serai sauvée&nbsp;!&nbsp;», se dit-elle (v. 28), dans la double résonnance du verbe grec σῴζω (sozo) qui signifie aussi bien «&nbsp;guérir&nbsp;» que «&nbsp;sauver&nbsp;».</p>

<p>Il se joue dans ce contact avec Jésus quelque chose pour elle de la guérison&nbsp;: sa perte de sang s’arrête aussitôt, elle sent dans son corps qu’elle est guérie de son mal (v. 29). Il se joue aussi quelque chose du salut. C’est-à-dire de la relation juste avec Dieu, en Jésus-Christ, qui permet une relation juste avec soi-même, et par conséquent avec les autres. C’est la force vitale de Jésus qui sort de lui pour habiter celui ou celle qui la reçoit, force de vie plus forte que la force de mort.</p>

<p>Et ce salut se joue dans ce récit autour de la réaction de Jésus. Cette réaction est centrale dans le texte. C’est elle qui fait tout basculer. Dans le contexte de rejet religieux absolu de cette femme impure, c’est le contre-pied que prend Jésus. Il sent la force vitale qu’il partage, et il s’intéresse à celle qui en est bénéficiaire. On pourrait penser qu’au milieu de la foule, il est touché par d’innombrables personnes. C’est d’ailleurs ce que lui disent ses disciples, qui sont surpris par la question que pose Jésus&nbsp;: qui m’a touché, question redoublée comme pour dire toute son importance (v. 30 et 31).</p>

<p>Qui m’a touché&nbsp;? Quelle belle question&nbsp;! On sent qu’elle n’est pas une question de curiosité mais d’intérêt porté à quelqu’un. Elle n’est pas la question de quelqu’un qui a peur d’avoir été contaminé. Elle n’est pas une question d’inquisiteur fondamentaliste préoccupé de faire respecter les règles religieuses en débusquant et punissant le coupable – ce qui aurait dû se passer, d’où la peur de la femme de s’être fait prendre en flagrant-délit. Elle est une question de relation. Que son vêtement ait été touché touche personnellement Jésus. Alors il veut entrer dans une relation de personne à personne avec cette femme. Il demande, et il cherche&nbsp;: il se retourne (v. 30), il&nbsp;regarde autour de lui pour voir celle qui a fait cela (v. 32).</p>

<p>Et cet intérêt pour cette femme inconnue et rejetée crée la relation&nbsp;: elle se jette à ses pieds. Pour elle, c’est pour implorer grâce d’avoir désobéi à la loi religieuse impitoyable. Pour lui, c’est l’offre d’une parole qui libère. Elle lui dit alors toute la vérité (v. 33). Elle peut lui dire toute la vérité. On sent là qu’il ne s’agit pas seulement de l’aveu de sa transgression, mais de la décharge de tout le poids qui l’écrase, de toutes ces violences qui pèsent sur elle, de toute cette négation de son existence, de toute sa vie meurtrie. Elle peut le dire. Elle le dit. Elle n’est plus condamnée au silence, elle reçoit le don de la parole. Elle existe, enfin.</p>

<p>Les récits bibliques où il est question de violence nous permettent de dire la violence. De la déposer. D’en prendre conscience. De la dénoncer. Et de nous en libérer. D’en être guéri. D’en être sauvé. Ils sont salutaires, car la parole est le fondement de notre vie.</p>

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<p><strong><span class="texte2">3. De la violence à la tendresse</span></strong></p>

<p>Une histoire de violence et de souffrance qui devient l’histoire d’une rencontre et d’une guérison. En cela, c’st l’histoire de la transformation de la violence en tendresse.</p>

<p>A la fin du récit, Jésus parle à la femme (v. 34). Elle, dont l’existence était niée, reçoit une parole. Une parole qui la met en lien, qui le remet en relation, qui lui redonne une place d’être humain. Car la parole, c’est ce qui est dit mais c’est aussi la relation qui s’établit entre deux personnes. Il lui parle. Il ne craint pas d’être souillé par l’impureté de cette femme. Et ce qu’il lui dit est essentiel.</p>

<p>«&nbsp;Ma fille&nbsp;»&nbsp;: c’est en grec un vocatif, une interpellation, une parole directement adressée à quelqu’un. Parole d’affection, de lien, de tendresse. «&nbsp;Ta foi t’a sauvée&nbsp;»&nbsp;: ta foi, c’est-à-dire la confiance que tu as puisée en toi, malgré tout, malgré ta souffrance, malgré ta pauvreté, malgré le rejet de la société&nbsp;: t’a sauvée&nbsp;: t’a guérie, t’a remise en relation avec toi-même. «&nbsp;Va en paix&nbsp;»&nbsp;: sois libérée de ce qui t’écrase et te tourmente&nbsp;; va, relève-toi, marche, entre dans la vie, prend le chemin qui s’ouvre devant toi, redeviens vivante&nbsp;! «&nbsp;Et sois guérie de ton mal&nbsp;»&nbsp;: elle a déjà senti que son mal la quittait (v. 29), mais cela ouvre l’avenir à la guérison de ce qui lui pèse au-delà de la maladie&nbsp;: son rejet, son isolement.</p>

<p>«&nbsp;Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix, et sois guérie de ton mal&nbsp;». En une phrase, l’Evangile est donné à cette femme. Tu vivais écrasée par la violence, sois désormais portée dans la tendresse.</p>

<p>Sans condition. La loi du Lévitique imposait à la femme, après la fin de la période de perte de sang, de rester encore sept jours isolée, puis d’être purifiée selon un rite religieux précis&nbsp;: apporter à un prêtre deus tourterelles ou deux colombes pour qu’elles soient sacrifiées afin que soit expié le péché de cette femme (Lévitique 15, 28-30). Des rites pour expier le péché&nbsp;! Encore de la violence. Ici rien de cela. La rencontre avec Jésus, le regard de Jésus, la parole de Jésus suffisent&nbsp;: la femme est guérie est peut aller, sans délai, sans rites. Libre et aimée.</p>

<p>De la violence à la tendresse.</p>

<p>Cette histoire peut être la nôtre, quand nous nous sentons, comme cette femme, perdus dans la souffrance, la douleur, la violence, le rejet. Le Christ nous invite à vivre de la force de sa tendresse, qui fait de chacun, de chacune de nous une personne qui a du prix à ses yeux.</p>

<p>Cette histoire peut aussi être la nôtre, si nous y entendons la violence des règles religieuses qui, à travers le temps et dans toutes les religions, enferment ceux qui sont différents dans des rôles secondaires, effacés, silenciés&nbsp;; nous le voyons facilement chez les autres, prenons garde à ne pas le vivre chez nous. L’impureté à combattre n’est pas celle que nous croyons voir dans des personnes atteintes de maladie ou dont les réalités de vie sont différentes, dans ceux qui transgressent les règles de bien-pensance que nous aimons édicter. L’impureté n’est pas dans des personnes mais dans le regard que l’on porte sur elles. Elle est dans le rejet de ces personnes, dans le non-accueil, dans le jugement et l’exclusion. Cette impureté-là, il nous faut avec le Christ la combattre de toutes nos forces. Permettre de le toucher, d’être guéri par lui. Vivre et partager sa tendresse.</p>

<p>Comme l’écrit à propos de ce passage la théologienne Priscille Djomhoué, dans un beau texte qui m’a inspiré pour cette prédication&nbsp;: «&nbsp;Jésus invite toute personne qui se réclame de lui ou sympathise avec lui, à entrer dans ce merveilleux programme qui consiste à transformer la violence en tendresse&nbsp;»[1].</p>

<p>Amen.</p>

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<p>[1] Priscille Djomhoué, «&nbsp;Jésus dit à la femme mise à l’écart&nbsp;: “Fille&nbsp;!”&nbsp;», dans Elisabeth Parmentier, Pierrette Daviau et Lauriane Savoy (dir.), <em>Une bible des femmes</em>, Genève, Labor et Fides, 2018, p. 159-174.</p>
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    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2024-08-29T08:10:37Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
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    <title>"Viens !"</title>
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        Texte de la prédication du dimanche 13 août 2023, par Christine Décamp
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    <content:encoded><![CDATA[<h3>Viens !</h3>

<p>&nbsp;</p>

<p>Texte de la prédication de Christine Décamp, dimanche 13 août 2023.</p>

<p>Série "Qui est-il ?", 2/4.</p>

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<p>Lectures bibliques :&nbsp; 1 Rois 19, versets 9 à 13 et Matthieu 14, versets 22 à 33</p>

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<p><strong><span class="texte1">Marcher sur l’eau avec Jésus&nbsp;: un témoignage exclusif de Pierre</span></strong></p>

<p><em>Mes amis, il m’est arrivé quelque chose d’incroyable&nbsp;! Il faut absolument que je vous raconte...</em></p>

<p><em>La semaine dernière, j’étais avec mes compagnons sur les bords du lac de Galilée. Notre ami Jésus (dont je vous ai déjà parlé), a encore accompli un miracle. Après nous avoir parlé du Royaume de son Père, il a nourri une foule immense, des milliers de personnes, avec seulement 5 pains et 2 poissons&nbsp;! Comme ça, tout simplement, en les partageant et, il y avait même des restes…</em></p>

<p><em>Mais, attendez, il y a encore plus incroyable&nbsp;: Jésus, après cela, a marché sur l’eau&nbsp;! Et moi aussi, figurez-vous&nbsp;! Enfin presque…&nbsp;</em></p>

<p><em>Il commençait à faire nuit, les gens rentraient chez eux, et puis, Jésus nous a demandé d’embarquer, sans lui, pour le trajet du retour. Il nous rejoindrait plus tard, après son temps de prière. Le vent commençait à souffler fort et la visibilité se réduisait. Je vous avoue qu’avec mes camarades, nous n’avions pas franchement envie d’y aller mais personne n’a osé contredire Jésus...</em></p>

<p><em>Alors, nous voilà partis, nous éloignant peu à peu du bord. Certains s’étaient endormis, d’autres discutaient au clair de lune. Quand tout à coup, Jésus apparût marchant sur l’eau, glissant sur les vagues, entouré d’une lumière éclatante en pleine nuit. Nous avons d’abord cru que c’était un fantôme, nous avons eu la trouille de notre vie… Mais je vous assure que c’était bien lui. Il nous a dit&nbsp;: «&nbsp;Courage les amis ! C'est moi, Jésus, n'ayez pas peur !&nbsp;»</em></p>

<p><em>C’était tellement improbable que j’ai voulu vérifier par moi-même. Vous me connaissez, j’aime bien le titiller Jésus. Je suis toujours le premier disciple à lui poser la question qui fâche, celle que personne n’ose poser... C’est à ce moment-là qu’il m’a appelé&nbsp;: «&nbsp;Viens, Pierre, rejoins-moi sur l’eau&nbsp;!&nbsp;» J’ai donc mis un pied en dehors de la barque, je n’en menais pas large. Puis un deuxième, et là je commençais à m’enfoncer dans l’eau, jusqu’aux genoux, jusqu’à la taille, jusqu’au cou… alors j’ai crié au secours et là Jésus m’a tendu la main. Il m’a attrapé par le bras avec une telle force, une puissance qui semblait venir d’ailleurs et m’a ramené sain et sauf au bateau puis sur la rive. J’étais tout mouillé… et au retour, il m’a passé un de ces savons, je peux vous dire que c’était un mauvais quart-d’heure à passer...</em></p>

<p><em>Je grelottais, mes jambes tremblaient, je n’en revenais pas de ce qui venait de se passer. Pourtant, oui, Jésus avait bel et bien survolé le lac et m’avait sauvé de la noyade, de la tempête de mes angoisses et de mes faiblesses. Je n’étais pas tout seul car il se tenait à mes côtés, même aux portes du désespoir et de la mort. J’en suis sorti mouillé, tout mouillé de cette expérience, je sens que je ne suis plus le même désormais depuis que Jésus, le Fils de Dieu, m’a sauvé.</em></p>

<p><em>Alors, mes amis, je vous le dis&nbsp;:</em></p>

<p><em>Si vous voulez marcher sur l’eau, il faut d’abord sortir du bateau&nbsp;!</em></p>

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<p><span class="texte1"><strong>Prédication</strong></span></p>

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<p>Mes frères et sœurs,</p>

<p>Je crois que Pierre, à l’instant, vous a témoigné de ce qu’il avait vécu d’extraordinaire sur le Lac de Galilée. Il vous a dit à quel point il avait été étonné de voir Jésus marcher sur l’eau et comment sa vie avait été transformée après cet épisode. Celui qu’il prenait d’abord pour un fantôme était en réalité son maître Jésus, son ami qui l’a encouragé à sortir de sa barque et son sauveur qui l’a arraché in extrémis des vagues du doute et du désespoir.</p>

<p>Le regard de Pierre et des disciples présents a changé après cet épisode. Celui qui les accompagne depuis des mois à travers les différents villages de Galilée n’est vraiment pas un homme comme les autres… Il surprend à chaque fois par ses gestes et ses paroles dévoilant peu à peu son identité.</p>

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<p><span class="texte2">Mais qui est-il&nbsp;?</span></p>

<p>En voilà une bonne question&nbsp;! Une question qui travaille les hommes depuis longtemps et qui n’a pas fini de faire couler de l’encre… Peut-être que certains ont déjà trouvé la réponse tandis que d’autres cherchent encore. Je vous rassure&nbsp;: cette question nous travaille tous et il n’existe pas une seule bonne réponse. Notre réponse peut être différente de celle de notre voisin car elle est nous est toute personnelle et surtout parce qu’elle révèle la relation personnelle que nous avons avec Jésus.</p>

<p>Voilà pourquoi nous avons choisi, avec le pasteur Christian Baccuet et Moïse Mounkoro, de nous poser la question, en ce mois d’août&nbsp;: «&nbsp;Jésus, qui est-il&nbsp;?&nbsp;» Au fil de nos lectures de l’Évangile de Matthieu, nous allons trouver des indices, des témoignages vivants de ceux qui l’ont côtoyé. Nous allons ainsi cheminer ensemble avec Jésus-Christ qui nous appelle à le rejoindre pour découvrir un peu plus qui est-il mais aussi, par la même occasion, qui sommes-nous.</p>

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<p><span class="texte2">Qui est-il cet homme qui marche sur l’eau&nbsp;?</span></p>

<p>Dans la faible lueur de l’aube qui s’annonce, nos disciples embarqués malgré eux sur le lac de Galilée, voient s’approcher une apparition étrange, comme un fantôme. De quoi être bien effrayé… Surtout qu’il a les traits d’un homme qu’ils connaissent bien et qu’ils ont quitté bel et bien vivant, le soir même, sur le rivage.</p>

<p>Si nous remontons un peu le fil de l’histoire, nous retrouvons déjà nos disciples dans une situation critique, quelques heures auparavant, face à une foule immense affamée avec seulement 5 pains et 2 poissons en poche. De quoi être là encore dans la tourmente…</p>

<p>Sauf que cela n’a pas l’air de poser de véritable problème à Jésus qui arrive à gérer les stocks disponibles de manière très efficace puisqu’il y a même des restes après le repas&nbsp;! Il se montre lui-même ainsi comme le vrai pain de vie pour tous. «&nbsp;Je suis le pain de vie qui est descendu du Ciel&nbsp;» comme il dira à travers les mots de l’évangéliste Jean.</p>

<p>Parler à une foule immense, donner à manger à des milliers de personnes, guérir de nombreux malades, voilà le programme d’une journée bien remplie dans l’agenda de Jésus. Il semble tout accomplir avec une déconcertante facilité mais voilà, le soir venu, il ressent tout de même le besoin de s’isoler et de prier. C’est là tout le côté humain de Jésus qui nous parle car nous connaissons bien ce besoin de calme et de silence après avoir pris un bain de foule. C’est notamment ce que nous venons chercher ici, dans ce moment de culte, une pause sereine au milieu de nos vies agitées. Une halte qui nous recharge et nous reconnecte directement à notre essentiel, Dieu. Jésus avait bien le droit, lui aussi, de recharger ses batteries.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p><span class="texte2">Des disciples seuls en pleine galère…</span></p>

<p>Voilà comment les disciples se retrouvent seuls, au large, en pleine tempête, sans Jésus… Ils ont dû, à ce moment-là, regretter d’être partis sans lui… Nous connaissons tous cela&nbsp;: les moments de tempêtes, les vagues d’émotions qui nous submergent, les flots de doute qui nous secouent. Des instants de souffrance, d’angoisse où nous sommes bien seuls…&nbsp;</p>

<p>Et pourtant c’est là, au creux de la tempête, que Jésus apparaît. Qu’il se manifeste là où nous ne l’attendions pas, où nous ne l’attendions plus. C’est là qu’il nous dit&nbsp;: «&nbsp;Prends courage, mon frère, car c’est moi.&nbsp;Je suis là et je ne te laisserai pas couler. »</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>«&nbsp;Courage&nbsp;! C’est moi.&nbsp;» Ah enfin Jésus répondrait-il à notre question&nbsp;? Se dévoilerait-il un peu plus&nbsp;? Cette phrase nous fait penser au dialogue de Moïse avec Dieu, dans le livre de l’Exode, au cœur du buisson ardent, lorsque ce dernier se révèle ainsi&nbsp;au prophète : «&nbsp;Je suis qui je suis&nbsp;» ou «&nbsp;je suis qui je serai&nbsp;». Cela reste très mystérieux comme réponse… Un peu comme quand on veut se débarrasser d’une question gênante d’un enfant&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi ci&nbsp;? Et pourquoi ça&nbsp;?&nbsp;» et qu’on lui répond&nbsp;: «&nbsp;C’est comme ça et puis c’est tout&nbsp;!&nbsp;»</p>

<p>C’est une réponse un peu tranchée mais qui affirme la présence du Christ et qui invite à la confiance. Oui c’est moi, je suis là aujourd’hui et je serai encore là demain, nous dit-il. Tu ne peux pas me voir, ni me palper, ou me concevoir de manière rationnelle, mais je suis bien là. Jésus se laisse voir comme l’Emmanuel, c’est-à-dire «&nbsp;Dieu avec nous&nbsp;», «&nbsp;Dieu parmi nous&nbsp;».</p>

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<p><span class="texte2">Un Dieu inattendu</span></p>

<p>Combien de fois ne sommes-nous pas surpris de la façon dont Dieu se révèle à nous&nbsp;?</p>

<p>Nous voyons Jésus débarquer au cœur de la tempête, en pleine galère, à tel point que les disciples ne le reconnaissent pas tant qu’il ne leur a pas parlé.</p>

<p>Dans le livre des Rois, le prophète Élie se laisse également surprendre par un Dieu qui se révèle dans un silence, une faible brise. Le prophète le cherchait au mauvais endroit. Dieu n’est pas présent dans l’orage, ni dans le tremblement de terre ou dans le grand feu. Pas d’effet spécial de cinéma pour Dieu mais tout simplement un léger souffle, presque imperceptible.</p>

<p>Lorsque l’on vit un temps de crise et de tempête intérieure, il suffit parfois de quelques mots d’un voisin, le regard bienveillant d’un collègue, le sourire lumineux d’un enfant pour tout changer. C’est là discrètement que Dieu nous parle et se rend présent à nos côtés. Même quand on est aux abonnés absents, Dieu trouve toujours le moyen de nous joindre&nbsp;! Grâce à son amour immense et à son espérance vivifiante, il maîtrise nos tempêtes, domine nos peurs et glisse dessus finalement comme s’il marchait sur l’eau&nbsp;!</p>

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<p><span class="texte2">Un Dieu de relation</span></p>

<p>Ce que cherche Dieu, avant tout, c’est entrer en relation avec nous. Il ne vient pas juste une fois nous sauver de notre crise d’angoisse et, pouf, repart aussitôt vers les cieux. Au contraire, il vient pour entamer une relation à longue durée. Dieu nous propose un CDI&nbsp;: un Compagnon à Durée Infinie&nbsp;! Voilà une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui&nbsp;!</p>

<p>Toi, mon enfant, «&nbsp;tu as du prix à mes yeux et je t’aime&nbsp;». Voilà ce que Dieu veut nous dire et ce qu’il essaye de nous faire comprendre chaque jour. Seulement, nous avons la tête dure et nous avons tendance à faire notre vie, de notre côté, en l’oubliant…</p>

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<p><span class="texte2">Un Dieu qui appelle</span></p>

<p>Alors c’est là que Dieu nous appelle à le rejoindre. «&nbsp;Viens, Pierre&nbsp;! Rejoins-moi sur l’eau, sors de ta barque et ose faire confiance&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;</p>

<p>C’est ainsi qu’il entre en relation avec nous, par cet appel, cet encouragement à sortir. C’est alors que nos pas sont encore vacillants, que nos pieds s’enfoncent et que, comme Pierre, nous pensons couler. Car ce n’est pas si facile de sortir de notre bateau. Quitter notre confort et nos habitudes rassurantes, aller au dehors, faire le saut dans l’inconnu. Pour cela, il faut sacrément de confiance. Et faire confiance, c’est prendre un risque car on n’est jamais sûr de soi, ni de l’autre. La confiance elle est à double sens c’est croire en l’autre mais aussi en soi-même.</p>

<p>Mais si Jésus appelle Pierre à le rejoindre sur l’eau c’est qu’il sait qu’il en est capable et qu’il croit en lui. Et ensuite, lorsque le doute commence à envahir le disciple et manque de le faire couler, son cri d’appel «&nbsp;Seigneur&nbsp;! Sauve-moi&nbsp;!&nbsp;» est plein de confiance. C’est une réelle confession de foi&nbsp;en Jésus ! Confiance et foi sont voisines car elles ont les mêmes racines. Pierre a une foi encore fébrile, vacillante mais qui ne demande qu’à croître et, ce qui est le plus important, qui est entrée en relation avec le Christ.</p>

<p>Ensuite, lorsque Pierre et Jésus rejoignent la barque, aussitôt la tempête s’arrête. C’est le temps de la rencontre parfaite entre les deux hommes. Un moment de véritable communion où toutes les peurs disparaissent et laissent place à une relation de confiance. Pierre a trouvé son CDI, son Compagnon à Durée Infinie&nbsp;!</p>

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<p><span class="texte2">Un Dieu avec nous</span></p>

<p>Au final, au-delà des noms que l’on peut lui donner, des étiquettes ou des catégories dans lesquelles le ranger. Qu’il soit, pour nous, le Christ, le Sauveur ou encore le Fils de Dieu, Jésus est, avant tout, celui qui est présent pour chacun d’entre nous. Jésus Emmanuel, «&nbsp;Dieu avec nous&nbsp;», est celui qui partage nos angoisses, se révèle au creux de nos tempêtes et ne nous laisse pas sombrer. À chacun de reconnaître la présence discrète et inattendue de Jésus qui nous dit&nbsp;: confiance, n’ayez pas peur car je suis avec vous, hier déjà, et demain encore.&nbsp;</p>

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<p>«&nbsp;Je ne vous promets pas que la traversée sera facile</p>

<p>Mais je vous assure une arrivée à bon port.&nbsp;»</p>

<p>Amen.</p>

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    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Loup Cornut</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    <dc:date>2023-08-28T10:00:11Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
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