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Le matin de Pâques : le verdict de Dieu - Eglise protestante unie de Pentemont-Luxembourg
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Le matin de Pâques : le verdict de Dieu

Le matin de Pâques : le verdict de Dieu

Cultes de Pâques, dimanche 27 mars 2016

Lectures :

  • Mathieu 28 : 1 -10
  • Actes 10 : 34 -43
  • Colossiens 3 : 1-4

Ecouter la prédication :

Chers sœurs et frères en Jésus Christ,

Imaginons un instant :
L’Eglise aurait eu les 4 évangiles, mais sans les récits de la résurrection…….
L’Eglise aurait eu des textes sur la vie de Jésus mais sa mort et son ensevelissement aurait été la fin de son histoire.

Qu’est ce qu’aurait été notre foi et notre espérance…. ?

Il nous resterait, selon les évangiles, la vie et le message extraordinaire d’un homme, d’un rabbi juif, qui avait impressionné ses contemporains, surtout par ses miracles de guérison.

Il resterait le souvenir d’un messager de Dieu, un parmi d’autres.
Un prophète qui avait dit des paroles extrêmement profondes sur Dieu, qui a réuni autour de lui des adeptes, des disciples, qui a invité les hommes à vivre selon la loi de l’amour.

Il resterait le souvenir d’un rabbi juif charismatique et populaire qui voulait un monde meilleur mais qui a été trahi par un de ses amis, arrêté et condamné à mort par ses adversaires, les responsables religieux de son peuple, et exécuté par les romains, l’ennemi occupant le pays.

Il nous resterait le récit d’un rabbi juif avec des prétentions audacieuses et provocatrices : celle d’être le Messie, le roi, attendu d’Israël,
mais rendue in crédible, presque ridicule, par sa fin dramatique et brutale : humilié et exécuté par le pouvoir romain, l’ennemi juré d’Israël.
Au point que le mouvement suscité par lui, a éclaté totalement ; laissant des hommes et femmes dont les rêves, suscités par sa parole et son action, sont définitivement brisés.

Ces disciples auraient certainement gardé longtemps des souvenirs de leur Maître aimé et admiré, mais d’une manière extrêmement triste, nostalgique et pénible.
Le peuple aurait gardé le souvenir du rabbi du Galilée quelques mois, peut être quelques années, avant d’accrocher leur espoir à d’autres personnes et à d’autres rêves.

Une chose est sûre : sans les récits de la résurrection à la fin des évangiles nous n’aurions pas eu trace de la vie de Jésus ! Ni les évangiles.
Pourquoi les écrire ? Pourquoi ce récit d’un prophète échoué ? Pourquoi ce récit d’un rêve brisé ?

Disons le clairement : sans la résurrection il n’y aurait pas eu la foi chrétienne.
Ni l’église. Ni les évangiles. Ajoutons : nous n’aurions pas été là aujourd’hui !

C’est bien la résurrection et la foi dans Le Ressuscité qui est à la base du christianisme.
Qui est le point de départ, le socle, le fondement sur lequel tout a été construit :
Le message chrétien et sa Bonne Nouvelle autour du Christ, les évangiles, l’église, la foi en Jésus comme Fils de Dieu, le message de la réconciliation définitive de Dieu avec nous.
Paul a exprimé une parole profondément vraie en écrivant un jour « sans la résurrection notre foi est vide et vaine » !

C’est bien la résurrection de Jésus qui a tout changé.
Entre Dieu et les hommes. Entre les hommes et leur compréhension de Jésus.

D’abord tout a changé pour ses disciples, pour ses plus proches.
Ceux à qui il s’est manifesté après sa mort.
Il s’est manifesté à eux non pas comme un fantôme ou dans une vision seulement : le Christ a mangé avec eux, il s’est laissé touché, il leur a parlé…..
Ces rencontres ont été très limités dans le temps. Les récits sont par moment assez confus, c’est vrai. L’évènement dépassait complètement l’expérience humaine, l’horizon humain. Mais une chose est sûre : ses hommes et femmes n’étaient plus comme avant.
Ils étaient totalement abattus et dépassés par la mort précipité de leur maître. A partir de ces rencontres ils manifestent une force et une espérance de vivre et d’agir qui a déjà complètement transformé leur vie.

Cette espérance ils l’ont très vite partagé à des centaines d’autres, ensuite des milliers d’autres, comme un feu qui s’est propagé, jusqu’aux coins les plus reculés de l’empire romain.

Tout cela a commencé le matin de Pâques,
quand le Christ s’est montré vivant à ses disciples.
Le regard des hommes sur Jésus ne pouvait plus être comme avant. Inévitablement.
C’était bien Dieu qui l’avait ramené à la vie. Et cet acte étonnant de Dieu pouvait impliquer qu’une chose : Dieu lui même avait pris position dans cette histoire ; Dieu lui même avait donné Sa vision des choses, Son opinion sur la vie et la personne de Jésus, rejetée et éliminée par les hommes.

La résurrection du Christ était et EST une déclaration divine, une Parole définitive de Dieu sur Jésus, sur sa vie, sa mission, ses paroles et sa mort.

C’est bien l’attestation de Dieu que Jésus est bien plus qu’un prophète, bien plus qu’un rabbi , bien plus qu’un homme extraordinaire qui finalement a échoué malgré toutes ses bonnes intentions.

Si l’église confesse Jésus comme le Fils unique de Dieu c’est tout simplement en écho, en cohérence, en fidélité avec ce que Dieu a prononcé sur Jésus le crucifié en le ressuscitant.

Jésus avait glorifié Dieu, le Père, tout au long de sa vie : par sa paroles, par ses actes, par son amour vraie et sans compromis pour les hommes, par sa mort donnée en offrande pour le salut des hommes.
Maintenant…. Dieu l’a glorifié. Dieu l’a glorifié ……par la résurrection.
En lui donnant, comme dira l’apôtre Paul, un nom au dessus de tout nom sur terre et dans le ciel.

La résurrection ce n’est pas un miracle d’un mort revenu à la vie.
C’est bien plus que cela : c’est Dieu qui a prononcé sa parole définitive sur la vie, la parole, la personne de Jésus.
Et cela, contre la parole que les hommes avait prononcé sur lui : celle d’une condamnation à mort, d’un rejet de son message et de sa personne.

C’est le Oui de Dieu envers Jésus qui a le dernier mot et non pas le Non des hommes envers Jésus.

C’est le Oui de Dieu sur le chemin d’amour tel que Jésus est venu le vivre parmi les hommes.

C’est le Oui de Dieu sur toutes les paroles de Jésus, qui nous révèle notre vie et le visage de son Père qui est aussi notre Père.

C’est le Oui de Dieu sur la prétention de Jésus d’être le Messie attendu.

C’est le Oui de Dieu au choix du Christ de faire de sa mort une offrande pour les hommes, pour notre salut.

C’est aussi la victoire de la Vie. De la vie en Christ. Une vie plus grande que la mort. Désormais la mort n’a plus le dernier mot sur nos vies.

C’est la victoire de son amour plus grand que la haine des hommes. Désormais la haine et la violence n’ont plus le dernier mot dans l’histoire humaine.

C’est la victoire du pardon de Dieu prononcé sur le péché des hommes. Ni les erreurs du passé, ni de notre présent, ni de notre avenir peuvent désormais nous séparer de l’amour de Dieu nous manifesté en Jésus Christ.
L’homme peut désormais toujours se relever, rebondir, recommencer, re-choisir de vivre, choisir de revenir vers Dieu, choisir de se réconcilier avec les autres, avec soi même, avec Dieu, quelque soient nos trahisons, nos erreurs, nos bêtises.

Nous ne sommes pas condamnés aux ténèbres, ni aujourd’hui ni demain.
Nos vies sont placées à tout jamais dans la lumière de Dieu, dans la lumière de Son Pardon et de son Amour.
C’est cela aussi la lumière du matin de Pâques sur nos vies.

Oui, la Résurrection est bien le socle, le fondement et la clé de la foi chrétienne.

Sans la résurrection du Christ nous ne pouvons pas comprendre,
pourquoi nous avons les évangiles,
pourquoi l’Eglise est née,
pourquoi l’église confesse que le rabbi de Nazareth, rejeté par les hommes, est celui que Dieu a donné une place au dessus de toute place sur terre et dans le ciel.
Pourquoi l’Eglise confesse Jésus comme Fils de Dieu.

Le chrétien fonde sa foi sur la résurrection du Christ.
C’est à cause d’elle qu il peut dire :
Je crois que je suis dans les mains de Dieu, quoiqu’il arrive
Même la mort sera un passage vers Dieu et sa Lumière.

A cause de la résurrection le chrétien peut dire :
Le Oui de Dieu envers nous sera toujours plus fort que notre rejet de Dieu.
Son pardon toujours plus grand que les erreurs de notre vie.

A cause de la résurrection du Christ nous pouvons dire :
L’amour, la compassion que Jésus a manifesté aux hommes durant sa vie,
Il le manifeste encore aujourd’hui envers chacun de nous.
Il n’est pas un souvenir, une figure du passé, IL EST VIVANT
pour nous aujourd’hui,
par notre foi en lui,
par la rencontre avec lui dans le secret de nos cœurs,
Par Sa Parole, dans ses paroles,
Par sa présence mystérieuse dans nos vies et dans la vie d’église.
Il a dit : « Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps » et aussi « là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

A cause de la résurrection nous pouvons dire, croire et vivre :
Le chemin de l’amour, le chemin d’un amour humble et serviable, d’un amour solidaire avec tous ceux qui souffrent, avec les petits et les humiliés,
tel que Jésus nous l’a montré,
C’ EST le chemin qui mène vers la vie, celui qui mène vers Dieu,
celui qui donne le sens le plus profond à notre vie,
celui ou Dieu rejoint nos vies le plus profondément.

Ce chemin là n’est ni une illusion, ni un cul de sac.
Après vendredi saint il y a eu le matin de Pâques !

Et enfin la résurrection signifie pour le chrétien que l’avenir du monde n’aura pas comme issue le néant, une destruction définitive de la vie.
Au bout de l’histoire Dieu fera toute chose nouvelle sur terre et dans le ciel.
Le chrétien croit dans la victoire finale
du bien sur le mal,
de la justice de Dieu sur les injustices des hommes,
de la Vie de Dieu sur les forces de destruction, celles des hommes ou celles de l’univers.

Cette espérance nous invite, nous permet, nous pousse et nous engage à nous engager résolument sur le chemin de la construction d’une vie meilleure entre les hommes, sur les pas et dans l’esprit de Jésus.

C’est bien à cela que Dieu nous appelle. Vous et moi.
Pour paraphraser la parole de l’apôtre Paul citée au début : ’notre foi dans la résurrection du Christ serait vaine et vide si nous ressusciterons à sa suite pour être des hommes et femmes debout dans la vie, debout et responsables, pour aider ceux qui sont autour de nous découragées, fragilisés ou désespérés, pour les aider à retrouver la confiance et le courage, l’estime de soi et l’espoir, bref, pour se mettre ou remettre debout.
Pour pouvoir vivre une vie digne de ce nom,
Pour pouvoir croire à l’avenir et à son propre dignité.

C’est cela aussi croire à la résurrection du Christ. C’est cela vivre comme des hommes et femmes ressuscités, appelés à partager aux hommes l’espérance de la résurrection.

AMEN